‹ Contribution à l'étude du traitement opératoire de l'arthrite chronique déformante de la hancheChapitre 11 sur 19 · PEN · texte numérisé non relu

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du cotyle; de plus, les muscles périarticulaires tendent à luxer la tête hors du cotyle devenu trop large.

Sans méconnaître la valeur'de ces objections — confirmées souvent par les faits — il nous paraît intéressant de faire connaître au moins un cas traité par cette méthode simple, et suivi de résultats aussi satisfaisants que possible.

Pourquoi l'ankylose, habituellement si rebelle, a-t-elle été obtenue ? 11 y a là matière à quelques hypothèses que nous envisagerons après avoir relaté l'observation détaillée.

Puisque l'observation anatomique et les conséquences cliniques montraient une mauvaise coaptation habituelleentre les deux’ surfaces articulaires, on a cherché à les maintenir au contact par différents procédés.

DoLLINGER préconisa successivement deux moyens de fixer l’un à l’autre le cotyle ét la tête fémorale.

Dans une première opération, après incision des parties molles, désinsertion des muscles trochantériens, ouverture: de l’articulation et pelage des deux surfaces cartilagineuses, il traversa par une vis métallique le trochanter et la tête du fémur dans la direction du col. Puis, après avoir placé le membre en position convenable, il fit traverser à la vis le fond du cotyle. Par une incision inguinale, et par voie extra-péritonéale, il alla fixer un écrou à la face interne du cotyle. Un deuxième écrou maïntenait la vis. à la face externe du trochanter et permettait d'assurer un contact aussi serré que possible entre les deux faces articulaires.

Ultérieurement il se servit, au lieu d’une vis et de ses deux écrous, d’un fil d'argent placé de la même façon et

maintenu entre deux plaques métalliques.

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Citons encore les procédés analogues de Lagrange qui se sert, comme-moyen de fixation, de deux broches métalliques; celui de Ræœrch qui utilise deux chevilles d'ivoire résorbables ; celui de DARAIGNEZ qui propose d’enfoncer la cheville, non pas dans le fond du cotyle, trop peu résistant et qui se fracture aisément, mais dans le sourcil cotyloidien, plus épais.

Malgré le contact assuré par ces différents procédés, l'ankylose complète n’a presque jamais été obtenue.

C'est alors que MENCIÈRE, de Reims, eut l’idée de provoquer une suppuration aseptique dans l'intérieur de larticle, partant du principe que, à l’origine de toutes les ankyloses, on trouve généralement un élément inflammatoire. C'est ce qu'il a appelé & l’ankylose par voie de suppuration aseptique ».

Au point de vue technique, dans un premier temps, il aborde l'articulation en conservant autant que possible la capsule articulaire et les ligaments, qui sont des moyens utiles de contention. Après avoir soigneusement ruginé les cartilages articulaires, il touche les surfaces dénudées

avec des tampons imbibés de la solution suivante :

|neuf parties d'acide phénique neigeux,

| une partie d'alcool.

Cette application, qui ne dure pas plus de une à deux minutes, est suivie d'abondants lavages à l'alcool, pour enlever les moindres traces d'acide phénique.

Il referme partiellement la plaie en laissant une mèche: au centre, au besoin une deuxième mèche à la partie déclive de la plaie pour assurer le drainage.

Le membre est immobilisé en plâtre. Ordinairement il

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ny a pas de complications consécutives : peu de température (jamais plus de 39°), pas de signes d'intoxication.

Les malades traités par cette méthode nommée encore «C phénarthrodèse » et présentés au XVI° congrèS de chirurgie présentaient une ankylose osseuse solide.

Ce procédé paraît un peu choquant à notre époque d'asepsie et de tendance aux fermetures des plaies par prenuère intention. [l apparaît à E. Weïll dans sa thèse sur l’arthrodèse de la hanche, comme un pis aller, bon à utiliser seulement si les autres procédés sont inapplicables. « S'il est matériellement impossible, dit-il, d'obtenir une ankylose sans l'intermédiaire d’une suppuration quelconque, le procédé de M. Mencière ne produisant qu'une inflammation d'ordre aseptique est évidemment la méthode de choix ; mais s’il y a moyen par une modification. à la technique couramment employée d'obtenir une ankylose osseuse solide et définitive, il nous semble tout à fait inutile de la compliquer d'un temps supplémentaire et qui peut devenir une menace par suite de la plus minime erreur de technique. »

Cette modification à la technique, DELANGLADE crut l'avoir trouvée ; elle est rapportée en détail dans la thèse de Weill à qui nous faisons ces larges emprunts. Nous insisterons un peu sur cette technique de Delanglade parce qu'elle a été utilisée dans notre observation IT, et qu’elle ne nous paraît pas avoir donné les résultats espérés par

le créateur de la méthode.

L'intervention comporte sept temps :

Premier temps : Incision des parties molles, à peu près

selon le tracé latéral que donne Ollier pour la résection

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de la hanche. C'est une incision en arc de cercle entourant la base du grand trochanter, se terminant en avant près de l’épine iliaque antéro-supérieure, en arrière à deux travers de doigt derrière le trochanter.

On incise l’aponévrose superficielle sur le bord antérieur du moyeu fessier et on sectionne l'insertion de ce

muscle sur le trochanter.

Deuxième temps : Section du grand trochanter. Là encore c’est le procédé d’Ollier dit & de la tabatière » qui permet, en réclinant le trochanter en haut, d'entraîner avec lui la masse des muscles pelvi-trochantériens. La capsule articulaire est largement incisée en T, pour permettre d'aborder commodément la tête fémorale et le rebord cotyloidien.

Les cinq derniers temps consistent dans la taille au ciseau et au maillet, de la tête fémorale en forme de cube régulier, et de la cavité cotyloïde en forme d'angle trièdre,

de façon à emboîter exactement ce cube.

Troisième temps : Section des deux surfaces principales formant l'appui coxo-fémoral.

La partie supéro-externe de la tête est détachée au ciseau, réalisant une face plane et horizontale.

Le sourcil cotyloïdien est entaillé selon une direction

parallèle, mais à sept ou huit millimètres plus haut.

Quatrième temps : On sectionne la partie antérieure de la tête fémorale pour former une deuxième surface exacte-

ment perpendiculaire à la première.

Cinquième temps : La tête est luxée hors de la cavité

cotyloide, le ligament rond est coupé. C’est alors qu’on

taille la troisième face du cube fémoral sur la partie interne de la tête et perpendiculairement au deux autres surfaces.

On met le membre en rotation externe complète pour tailler la dernière face utile, celle qui correspond à la partie postérieure de la tête.

Sixième temps : L'opérateur sculpte au ciseau dans le sourcil cotyloïdien, deux autres faces : l'une antéro-supérieure, l'autre postéro-supérieure, réalisant ainsi le moule d'une pyramide quadrangulaire dans lequel viendra s’enchàsser sur la tête. C'est le septième temps.

Le trochanter est fixé à sa place ; la plaie est suturée et draînée par une mèche au point déclive. La hanche est ensuite immobilisée dans un grand appareil plâtré pendant quinze jours à trois semaines.

Voici maintenant l'opinion de Weill au sujet de cette opération : « Cette technique qui paraît peut-être un peu compliquée à la lecture est excessivement simple en réalité dès qu'on l’a comprise L'intervention est très facile à exécuter sur un membre en position correcte, elle est au contraire hérissée de difficultés si l’on est obligé de corriger en même temps une attitude vicieuse ».

Les deux observations rapportées par E. Weiïll montrent que l’ankylose est parfaite, en bonne position, das le premier cas. Dans le deuxième, la consolidation n’était pas faite encore au moment de l'impression de la thèse.

Notre observation II (Opération de M. Tavernier) a fait faire des remarques différentes.

Au point de vue des difficultés techniques d'abord : la

taille de la tête paraît relativement facile ; par contre celle

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