‹ Contribution à l'étude du traitement opératoire de l'arthrite chronique déformante de la hancheChapitre 12 sur 19 · PRO AUS · texte numérisé non relu

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du cotyle offre de très grandes difficultés, en particulier pour réussir à sculpter trois faces qui s'adaptent rigoureusement aux faces de la tête. En effet, la tête fémorale est mobile, peut être luxée et tournée selon la direction voulue; le cotyle est immobile et profond. Si bien que les faces ne peuvent pas commodément être tout à fait perpendiculaires les unes sur les autres comme l'exige le procédé.

En second lieu, les tailles une fois exécutées, on s’aperçoit, selon la remarque de M. Tavernier, que la tête du fémur est devenue plus petite, tandis que le cotyle s’est encore agrandi. On a donc l'impression qu'on a exagéré cette disproportion entre les deux surfaces articulaires, cause, selon Dollinger, des mauvais résultats de l’arthrodèse simple.

Enfin, l’ankylose osseuse n’est pas toujours obtenue par ce procédé, comme le montre notre observation IT.

Doit-on considérer comme un procédé spécial d’arthrodèse, l'opération de DE BEULE qui consiste, dans les hanches ballantes, après résection, à souder par une vis l'extrémité supérieure du fémur à la tubérosité ischiatique ? Ce serait étendre beaucoup la signification du mot arthrodèse, nous l'avons dit.

En juin 1920, M. Dionis du Séjour rapportait trois observations de hanches ballantes après résection et consolidées par : l'avivement de l'extrémité supérieure du fémur ; l’avivement de la cavité cotyloïde ; la reposition de l'extrémité fémorale dans la cavité cotyloïde en la maintenant dans cette position par une longue vis de Lambotte destinée à être enlevée quelques jours après.

Ces deux derniers procédés s'appliquent, nous l'avons

dit, uniquement aux hanches ballantes, donc pas du tout

CRE Ce ME au cas qui nous occupe ; néanmoins les procédés de fixation peuvent être retenus.

Actuellement, il semble que, si l'on admet la nécessité d’une fixation artificielle pour maintenir en contact la tête fémorale et le cotyle, dépourvus de leur cartilage, il semble, disons-nous, que la meilleure soit réalisée par un greffon osseux péronier fixant — un peu à la façon des vis de Dollinger — l'extrémité supérieure du fémur au cotyle, ou plus précisément au sourcil cotyloïdien.

C'est, en somme, un dérivé du procédé de Delbet pour les fractures du col, mais appliqué à l’arthrodèse, la tige osseuse réunissant le fémur ‘au bassin et non deux portions du fémur. Le procédé s'inspire aussi de l’idée de Daraignez : Enfoncer la tige, non dans le fond du cotyle, mais dans la partie plus épaisse constituée par le sourcil cotyloïdien. Le greffon osseux est mieux toléré que les différentes chevilles ou les fils métalliques proposés antérieurement ; 1l fait corps avec l'os environnant.

Enfin, si la consolidation à la hanche est difficile, c’est probablement parce que l'insuffisance de contact entre ies surfaces n’est pas compensée par les jetées osseuses qui peuvent se faire — dans les fractures avec gros déplacement, par exemple — grâce aux lambeaux périostiques, ici inexistants. Il faut se rappeler l'importance du « pont périostique » signalé par Ollier, facteur de cal provisoire en attendant que se forme le cal définitif. Dans aucune arthrodèse cet agent de formation osseuse n'intervient. Ne pourrait-on pas l'apporter artificiellement par des greffes ostéo-périostiques prélevées selon la méthode de Delagénière, et enroulées autour de la surface de contact entre le

cotyle et le fémur, ou jetées comme des ponts réumssant

Rs

le sourcil cotyloïdien à la tête fémorale ? Cette idée, suggérée par M. Tavernier, est encore à l'essai.

En résumé, il existe de nombreux procédés d’arthrodèse de la hanche, ce qui indique, malheureusement, l’inconstance des résultats.

Aucun de ces procédés n’est parfait et n’est applicable dans tous les cas. Mais la question, un moment délaissée, nous semble mériter d’être reprise, étudiée à nouveau, parce qu'elle est applicable, avec des résultats très satisfaisants, nous allons le voir, aux cas graves d’arthrite chro-

nique déformante de la hanche.

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