VE, CÉSAR ENS
Est entré dans le service de M. Durand le 29 octobre 1920, pour des phénomènes d’arthrite douloureuse de la hanche droite.
Antécédents héréditaires : Mère morte à 86 ans. Père mort à 72 ans d'affection cérébrale. Frères bien portants (50 et 7I1 ans).
Antécédents personnels : Très bonne santé ordinaire. Marié. Pas d'enfants. Sa femme n'a pas eu de fausse-couche. Pas de maladies infectieuses dans l’enfance. Pas de maladie vénérienne.
Histoire de la maladie : C’est au moment du service militaire que se seraient manifestés Îes premiers symptômes : légère fatigue de l'articulation et surtout gros craquements dans la hanche droite. En janvier-février 1919, les phénomènes jusque-là très torpides et presque latents s’accentuèrent. Douleurs à la hanche droite dans la station debout et dans la marche. Au repos, les douleurs s’atténuent. Elles sont absentes la nuit ; le malade les localise au niveau des vaisseaux fémoraux et en arrière du grand trochanter. En même temps, craquements.
Le 8 juillet 1919, le malade est hospitalisé à la salle Sainte- Marthe. A l'entrée, membre inférieur droit totalement atrophié, mais renflé au gigot à sa racine, ce gonflement portant sur la face antérieure de l’article. La palpation est peu douloureuse, la pression sur le genou indolore.
Mouvements de rotation du fémur possibles, mais limités ; : tous les autres mouvements (flexion, extension, abduction, adduction) sont impossible. Dès le début on entraine le bassin.
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Le malade est soumis dans le service au repos et à un traitement salicylé. Peu d'amélioration. Le malade est renvoyé chez lui.
Le 29 octobre 1920, il rentre dans le service ; il a toujours souffert de la hanche, mais a continué à travailler. Depuis deux mois, nouvelle aggravation ; la claudication est devenue plus prononcée, le malade n'a pu marcher qu'avec une canne. Le membre s’est atrophié, s’est raccourci de dix centimètres et s’est placé dans une position d’adduction et de légère rotation externe.
Le 1* mars 1921. — Intervention. — Incision en tabatière d'Ollier. On luxe la tête après rugination du col. Elle apparaît avec les caractères qu’on pourrait supposer, c’est-à-dire déformation, champignon ostéo-cartilagineux au pourtour des limites cervico-céphaliques. Cartilage dépoli et irrégulier avec saillies et dépressions.
On la pèle délicatement au ciseau en dénudant Î'os dans toute sa périphérie. Ecartant la tête, on aborde la cavité cotyloïide qu’on avive avec une longue et solide curette.
Mise en place de la tête. Suture à trois plans de la partie antérieure de l’incision ; on laisse bâiller la partie postérieure, on y met un drain. Grand plâtre en abduction ; extension parfaite.
Ce plâtre est laissé vingt-trois jours. Au bout de ce temps, on constate déjà une ankylose presque totale de la hanche.
Deuxième plâtre encore très en abduction, laissé quarantecinq jours. |
Puis le malade reste huit jours sans plâtre, marchant avec des béquilles.
Enfin troisième plâtre non plus en abduction, mais en position verticale, avec lequel le malade peut marcher.
Les douleurs disparurent subitement dans les jours qui suivirent l'intervention et n’ont plus jamais reparu. Actuellement, le malade se sent tout à fait guéri ; il ne souffre pas et exerce un métier particulièrement fatigant puisqu'il est charbonnier |! marche toute la journée et porte de lcurds sacs de charbon à domicile.
Revu il y a quelques jours, on a constaté une ankylose complète de la hanche ; tous les mouvements (flexion, abduction, adduction, rotation) entraînent le bassin.
Malgré l’immobilisation longue en grande abduction, il s’est reproduit un peu d’attitude vicieuse en adduction, compensée par
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une élévation de l’épine iliaque droite amenant un raccourcissement apparent de cinq centimètres environ.
Un peu d’hydarthrose du genou droit.