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6 novembre 1920 : Bonne position. Très peu de mouvements, indolence complète. - Culotte plâtrée au genou.
Les gros traits indiquent les contours nets et de premier plan. Les iraits légers, les contours plus flous.
La malade est ramenée chez elle sans être encore autorisée à marcher ; la marche n’est permise que quinze jours après.
IO janvier 1921 : La malade va très bien, marche sans trop de difficultés.
La position est correcte, mais il subsiste des mouvements ; on a même l'impression qu'ils sont plus considérables qu'au dernier examen.
13 février : Va très bien. Marche à petits pas. Ne souffre plus. Elle se plaint plutôt du genou et des épaules ; détache facilement le talon du lit.
30° environ de flexion indolente. Mouvements d’abduction de 5 à 10° d'amplitude. Pas de mouvements de rotation.
Après une semaine de surveillance et de marche sans plâtre, il n’y a aucune tendance à des attitudes vicieuses. On autorise la reprise de la marche sans plâtre.
PT (re
Actuellement, la malade, à qui nous avons écrit, nous a répondu le 5 novembre qu'elle n’a plus jamais souffert de sa hanche. Elle marche sans souffrance, s'occupe de son ménage, et, si elle n'ose pas faire de grande promenades sans le secours de sa canne, du moins circule-t-elle dans sa maison très librement.
Son ankylose semble être restée ce quelle était au dernier examen.
Ces deux observations sont intéressantes à rapporter, à cause de leurs points communs et de leurs légères diver-
gences. Nous les envisagerons à trois points de vue :
symptômes ; technique opératoire ; résultats.
La malade n° II se présente essentiellement comme une douloureuse ; elle souffre beaucoup, elle souffre depuis sept ans; ce sont surtout les douleurs qui la font boiter, qui l’empêchent de marcher et la retiennent au lit.
On ne constate à l'examen qu'un peu de raideur, de limitation des mouvements, mais sans attitude vicieuse, sans tendance nette à l’ankylose.
La radiographie faite avant l’opération et l'intervention même, montrent peu de proliférations ostéo-phytiques. Donc pas ou peu de tendances plastiques.
La méthode employée est celle de Delanglade ; c’est cette observation qui nous a fourni la critique du procédé, ainsi que nous l'avons fait précédemment. Nous n'y reviendrons pas.
Les résultats sont fort intéressants au double point de vue : 1° des douleurs ; 2° de l’ankylose.
Nous avons dit que la malade était une douloureuse ;
EMAOIOS
or il faut remarquer la disparition rapide, subite des douleurs articulaires aussitôt après l'opération ; elles ne se sont jamais reproduites. C'est là un fait capital, sur lequel on n'avait pas beaucoup insisté jusqu'alors, puisque l’arthrodèse de la hanche avait été faite surtout dans des cas d'articulations saines, insuffisantes seulement, à cause des paralysies musculaires environnantes.
Alors même que l’ankylose obtenue ne serait pas parfaite — c'est le cas de notre malade — l'évolution d2 l'arthrite parait être arrêtée, où du ‘moins l'élément douleur a disparu.
La malade écrit : (« Depuis l'opération, je n'ai ressenti aucune douleur de ma hanche et je puis dire que le mieux s'est accentué de sorte qu'aujourd'hui je marche facilement, sans souffrance et sans grande boiterie. »
Donc, grande amélioration subjective et impotence fonctionnelle de beaucoup diminuée quoique l'ankylose ne soit pas complète. Cet.exemple vient confirmer l'observation générale sur la difficulté d'obtenir des résultats parfaits après arthrodèse de la hanche, au moins par le procédé choisi. Peut-être aussi, une immobilisation beaucoup plus prolongée aurait-elle amené une ankylose plus complète ? : (et cependant Delanglade: indique une immobilisation de quinze jours à trois semaines, comme étant suffisante).
Mais puisque la malade ne souffre plus et puisqu'elle peut mener une vie assez active tandis qu’elle bougeait à peine du lit auparavant, on a le droit de penser qu'on fait œuvre utile.
Le malade n° I présentait des symptômes un peu différents ; 1l souffrait beaucoup, mais de plus, on peut dire
(€ qu'il bâtissait ». Les radiographies montraient de nom- .
breuses et volumineuses productions ostéophytiques entourant tout le cotyle et même hérissant le col fémoral. De plus, il semblait évoluer vers l’ankylose progressive, en attitude vicieuse.
La technique opératoire a été la plus simple.
Les résultats ont été aussi satisfaisants que possible.
La douleur a disparu tout à fait, comme dans l’autre cas, dès les premiers jours qui ont suivi l'opération; elle n'avait pas reparu neuf mois après l'intervention et malgré la pression étrangement fatigante choisie par le malade. s
L'ankylose, nous l'avons dit, est totale, et là on est réduit à faire des hypothèses pour expliquer un pareil résultat avec la technique la plus simple et ordinairement la moins employée. L'élément inflammatoire de l’arthrite favorise-t-il la soudure des deux surfaces ainsi que l'avait remarqué Mencière ? On pourrait dire aussi que l'opération n'a fait qu'ankyloser en position meilleure une articulation qui, déjà, avait des tendances spontanées à l’ankylose. Du moins, là encore la cessation complète des douleurs et la marche devenue facile et normale, sans aucun soutien, tout ceci donne pleinement raison à l’opérateur.
En résumé, l’arthrodèse dans les arthrites déformantes de la hanche supprime à coup sûr (autant qu'on peut l'affirmer après deux cas seulement) la douleur souvent intolérable ; elle permet la marche, sans qu'on puisse cependant, avec les procédés actuels, répondre absolument du
degré de l’ankylose obtenue.