I. — Les appareils orthopédiques
Dans le pied talus le but de tout appareil est de remplaer fonctionnellement les museles paralysés, et surtout d’opposer aux fléchisseurs dorsaux la résistance qui devrait incomber au triceps.
Celui qui, d’après Vulpius, agit le mieux et de la maniere la plus certaine est l’appareil à gouttières et à attelles qui embrasse le pied et la jambe et dont les charnières sortent des dispositifs d'arrêt pour empêcher une flexion dorsale qui dépasserait trop l'angle droit, tandis que la flexion plantaire est libre. Une traction élastique passe à la manière d’un pont sur la face postérieure de l’articulation tibio-tarsienne, en qualité de triceps artificiel qui comprime Contre le sol le pied appuyé pour la marche,
Pendant la nuit, on porte une attelle interne avec semelle d'acier adaptée à angle obtus pour rendre impossible l'allongement exagéré nuisible de la musculature du mollet. À cela viennent s'ajouter le massage et la gymnastique pour favoriser la restitution du triceps, résultat visé, mais, hélas ! rarement obtenu.
En présence de l’insucces définitif devons-nous nous borner à le constater et nous contenter de condamner Île malade au port constant d’un appareil où à une difformité inéluctable ? |
Non, il faut procéder à une intervention,
IT. — Les procédés opératoires.
Dans tout pied talus, l'indication opératoire est de corri-
ger la déformation du pied en en rétablissant la statique fonctionnelle et de suppléer si possible la déficience du tri-" eeps sural par une autre force musculaire.
De nombreuses techniques s'offrent à notre choix.
40 LA GREFFE TENDINEUSE.
Cette opération pratiquée pour la première fois en 1881 par Nicoladoni qui implanta les muscles péroniers latéraux sains dans le tendon d'Achille pour combattre le talus paralytique et que Franck déclara être « le plus grand progrès de la chirurgie orthopédique depuis la ténotomie de Stromeyer » donna de bons résultats à Vul-
pius, mais dans des cas bénins.
En effet, ayant pour but de remplacer un musele para- Iysé par un muscle ou un groupe museulaire sain, la greffe tendineuse nécessite pour son exéculion une paralysie circonserite et dans un voisinage accessible à l'opération des museles assez puissants. Cette condition remplie dans certains eas de paralysie infantile exige en plus qu'aucune difformité n'existe ou qu’elle soit corrigée, et que le malade puisse imprimer à son membre les mouvements qui lui faisaient défaut, et que doivent exécuter les muscles transplantés.
Tubby fait remarquer, à cet égard, qu'il est bien difficile en cas de talus paralytique d'espérer un bon résullat, vu lPimpossibilité où Von est de remplacer l'action
qun muscle aussi puissant que le triceps sural,
RER Sun
Le Dentu (1) obtint un résultat heureux et définitif dans un pied talus paralytique traité par la résection du tendon d'Achille et l’anastomose du tendon du jambier antérieur avee celui de l’extenseur propre du gros orteil. Mais, dit-il, peut-on de ce cas lirer des çonelusions générales relativement à l'efficacité des anastomoses tendineu- | ses ? IT prouve que la combinaison de ces anastomoses avee le raccourcissement du tendon d'Achille, en cas de talus paralytique est capable de fournir des résultats salisfaisants et durables. Mais cette méthode comporte une grande variété dans les modes de réalisation de l’indica- Lion, qui est d'emprunter leur puissanceaux museles forts en faveur des muscles faibles.
N'est-il pas évident que l'indication elle-même variera beaucoup selon la répartition de la paralysie et son degré ? En tout cas il ne faut pas placer toute sa confiance dans les anastomoses museulo-tendineuses ; les opérations mixtes doivent mieux assurer le succès ; il faut se méfier des anastomoses par dédoublement de tendons trop grêles : il vaut mieux s'adresser à l’arthrodèse, si les muscles effaiblis le sont à un degré inquiétant pour l'avenir fone-
tionnel du membre.
Souza (2) conclue dans un rapport fait au XV° congrès international de médecine (Lisbonne 1906) que l’arthrodèse est plus souvent indiquée dans les affections paraly-
: qu'au contraire dans les affections spasmodiques,
uques ; les ténotomies, les allongements de tendons. les transplanlations tendineuses sont à préférer.
(1) In Revue d’Orthopédie (Mai 1901).
(2) In Revue d’Orthopédie (Septembre 1906).
CPASUER PIRE
Enfin si l’on veut que l'articulation atteinte soil capale de supporier une forte charge et soit apte à des tra- “aux il faut préférer l'ankylose solide. S'il existe une déformalion osseuse ou articulaire, la greffe tendineuse ne peut plus remédier au dommage, et on à indiqué dans ce but diverses opérations osseuses.
Mais, d'ores et déja, les appareils orthopédiques, les ‘ U'ansplantalions tendineuses, les fixations par corps étrangers,lestendons de soie, les greffes osseuses, les ténodèses, ele. nous paraissent constituer des moyens accessoires et de valeur très inégale en ce qui concerne la stabilisation d’un pied paralytique, fut-il talus, équin, valgus ou varus.
. C’est aussi Ià la conciusion de la Commission instituée par 1 Association orthopédique américaine dans son rapport paru il v a deux mois sur «Les meilleurs procédés pour stabiliser un pied paralytique.» (The Journal of crthopædic Surgery, septembre 1921).
2° LA GREFFE TENDINEUSE ï