‹ Contribution à l'étude du traitement opératoire du pied talusChapitre 7 sur 21 · ANTON TE · texte numérisé non relu

ANTON TE

Il nous semble donc que si la première condition du traitement du pied talus consiste à redresser en arrière le calcanéum, la deuxième est d'empêcher celui-ci de verser à droite ou à gauche ce que l’on ne peut obtenir que par l’arthrodèse sous-astragalienne.

Parmi ces opérations, arthrodèses où ostéotomies arthrodésantes, celle de Robert Jones remplit ces deux conditions, mais d’une façon détournée puisque le redressement du calcanéum est obtenu pas l’ostéotomie arthrodésante postérieure tibio-tarsienne alors que l'articulation sous-astragaliene n’est pas touchée ; or il est évident, qu'à choisir, l’ankylose de l'articulation sous-astragalienne est préférable à celle de la tibio-tarsienne. Si done par l’arthrodè-" se sous-astragalienne, et nous le croyons, on peut obtenir le même résultat que par l’arthrodèse tibio-tarsienne, il vaut mieux ne pas s'adresser à cette opération. | |

Quand au procédé de Davis il nous paraît bien aveugle, bien mutilant et bien incertain ; il semble presque impossible quels que soient les dégats occasionnés par la gouge que l’on puisse arriver à modeler un pied talus au point de faire réascensionner le calcanéum en arrière. Du reste la plupart des auteurs rejettent cette opération.

L'intervention de Michael Hoke faite de façon modelanle est très intéressante et doit donner une bonne correction du pied creux, mais son action sur le principal élément de la déformation, le calcanéum, est insuffisante à moins de transformer l’arthrodèse sous-astragalienne en une ostéotomie arthrodésante cunéiforme ; il vaut mieux alors c’adresser à l'opération de Naugthon Dunn.

Avant d'envisager celle-ei finissons d'examiner les opérations purement osseuses sans transplantation tendineuse,

Sn 1 PP

La triple arthrodèse de Rverson et Dueroquet faite de facon très modelante, c’est-à-dire en transformant l'arthrodèse sous-astragalienne en une tarsectomie cunéiforme à base postérieure remplirait également les indications surtout si, comme le préconisent les Américains, on repousse fortement le pied en arrière avant de faire le plâtre. Mais dans la plupart des cas l’arthrodèse tibio-tarsienne est inutile, aussi n'est-ce pas l'opération que nous croyons indiquée.

De même pensons nous que l'opération proposée par Ombredanne dans son rapport sur les arthrodèses du pied au congrès de la Société d’Orthopédie (Strasbourg 1921). u'est pas suffisante pour réduire un pied ialus, car si la tarseclomie médio-tarsienne cunéiforme remédie bien au jied creux, la transplantation musculaire intra-caleanéen- :& bien qu'associée à la première arthrodèse ne peut maintenir et rejeter suffisamment en arrière le levier calcanéen.

Aussi c’est l'opération de Naughton Dunn, décrite dans The Jeurnal of orthopædic Surgery, décembre 1919, qui se rapproche le plus de celle que nous croyons nécessaire pour cérriger convenablement un pied talus. On peut objecter cependant que l’ostéotomie dorsale médio-tarsienne n'est pas loujours indiquée et que la transplantation, en outre des deux péroniers et du jambier postérieur, du fléchisseur commun des orteils et du fléchisseur propre du pouce sains dans le calcanéum nous semble dangereuse ou pour le moins inutile. Mais comme elle remplit les principales indications qui sont : le redressement du ealcanéum, l’arthrodèse sous-astragalienne et accessoirement la transplantation tendineuse , c’est celle à laquelle nous donnons nos préférences. |

Che Tone

lerminons en disant que l’astragalectomie de Royal whitman avec déplacement du pied en arrière doit évidemment donner de bons résultats, mais il nous semble qu'à moins de frais, on peut obtenir la correction du pied talus et qu'il n’est pas indifférent de conserver une bonne articulation tibio-tarsienne sans raccourcissement appréciable du pied comme en donne forcément l’astragalecto-

mie.

Page 1