‹ Contribution à l'étude du traitement saignant dans les fractures fermées et récentes de l'extrémité inférieure de l'humérus chez l'adulteChapitre 7 sur 15 · NÉE A · texte numérisé non relu

NÉE A

dans ce mouvement, est un fait courant. Le déplacement antérieur du condyle externe forme aussi butoir pour la tête radiale.

Si nous envisageons l’épitrochlée dont la fracture paraît dans l’ensemble bénéficier d’un pronostic favorable, nous lisons (1?) que Destot, Vignard et Barlatier, sur 13 fractures anciennes de cette apophyse, comptent 7 guérisons parfaites, 5 qui sont seulement satisfaisantes et r très mauvaise ayant nécessité secondairement une intervention sanglante. Müller a observé trois fractures de l’épitrochlée, suivies d’ankylose du coude à peu près complète.

Quant aux fractures en T qui sont plus ou moins comminutives, nous n’insisterons pas sur les résultats qu’elles donnent. C’est une dislocation irréductible du coude qui, la première, a légitimé l'intervention sanglante, seule sauvegarde contre l’ankylose.

En dehors de cette dernière et de la limitationdes mouvements par suite du déplacement antéro-postérieur des fragments, il peut survenir plus ou moins tardivement un désaxement suivant l’axe longitudinal du membre, désaxement qui peut, dans certains cas, avoir pour conséquence des névrites tardives. Dans les fractures transversales on voit assez fréquemment une déformation en cubitus varus qui se révèle au fur et à mesure que le malade récupère l’extension (?°). Ce cubitus varus est lui-même sous la dépendance d’une déformation du coude «en crosse de fusil », due à une consolidation anguleuse du fragment à sommet externe, l’épicondyle demeurant abaissé par rapport à l'épitrochlée. En effet, au moment où on est obligé d'enlever le plâtre pour mobiliser, le cal n’est pas tellement

pen 22 D

solide qu’il n'empêche la tendance fâcheuse de l'avantbras à se dévier en dedans par son propre poids.

Ce même cubitus varus intervient dans les fractures du condyle externe (2). La région épicondylienne fait saillie en dehors et en arrière ; c’est aussi la déformation «en crosse de fusil». Il s’est produit une translation en masse du cubitus en dedans ; l’olécrane se rapprochant de l’épitrochlée, rétrécit la gouttière épitrochléoolécranienne et le cubital est lésé.

La déformation en cubitus valgus (2?) s’observe aussi après la consolidation vicieuse du condyle externe, consécutivement à son ascension qui déforme également l’interligne articulaire ; le même phénomène a lieu pour le condyle interne et par le même processus de rétrécissement de la gouttière épitrochléo olécranienne, on retrouve la lésion cubitale. En effet, comme l’a soutenu Destot (#), cette névrite apparaîtrait tardivement pour la simple raison que la récupération progressive de l'extension est seule capable de produire la contusion du nerf, par rapprochement progressif de l'olécrane contre l’épitrochlée, au fur et à mesure que la déformation devient apparente.

Dans les fractures de l’épitrochlée, on peut voir aussi un cubitus valgus. Perdu (1°) l'explique par le relâchement des quatre muscles épitrochléens qui déterminerait la déformation sous l’action des antagonistes ; l’olécrane rejeté en dedans viendrait buter sur le versant interne de la cavité olécranienne dans l'extension et limiterait ce mouvement.

En dehors des accidents purement mécaniques que nous venons de signaler, les cals vicieux sont en outre responsables des névrites secondaires. C’est le plus sou-

vent le cubital qui est atteint : il l’est particulièrement pour les fractures obliques internes (3) ;. il peut être lésé en même temps que le médian pour les transversales (2). Mais ce sont ces dernières fractures dont le cal exubérant peut réaliser surtout le pincement du radial, son écrasement, sa section virtuelle nécessitant une intervention pour suture, tous phénomènes développés sous l'appareil platré. Destot (1$) dit, en effet, que cette lésion radiale n’est pas exceptionnelle. Des observations de Müller, de Guyot, de Gallois en font foi. Elles se constituent chez des malades qui n'avaient présenté aussitôt après leur accident aucune lésion nerveuse à l’examen électrique. Dans une observation de Trélat (#), le nerf était perdu au milieu d’une gangue fibreuse, le cordon nerveux s’étalait sous forme d’un

plexus fortement uni par du tissu cellulaire. Dans

une autre observation Delens trouva le nerf logé dans une gouttière osseuse qui en enveloppait environ les trois quarts. Le Fort, cité dans la thèse de Boularan, découvrit à coups de gouge le nerf qui, à la suite d’une fracture du condyle externe, était pris dans un véritable tunnel osseux. |

Brun (?$) nous montre un cas à la vérité exceptionnel avec lésion des trois nerfs dans une fracture du condyle interne, remontant à deux mois. C’est ainsi que la lésion des troncs nerveux, sans qu’il y ait un énorme déplacement, peut nécessiter une intervention.

Pour conclure, nous dirons avec J. Silhol (??) que c’est le déplacement osseux dans les fractures du coude qui commande le plus souvent l'avenir fonctionnel du blessé. Il faudra donc à tout prix réaliser une bonne réduction et une bonne contention et non pas compter sur une amélioration spontanée par adaptation.

Page 1