‹ Contribution à l'étude du traitement saignant dans les fractures fermées et récentes de l'extrémité inférieure de l'humérus chez l'adulteChapitre 8 sur 15 · IV. LE TRAITEMENT SANGLANT, SON BUT, SES MÉTHODES · texte numérisé non relu

IV. LE TRAITEMENT SANGLANT, SON BUT, SES MÉTHODES

Il est évident que, pour le coude comme pour les autres articulations, ce qui fait croire après un examen superficiel à un résultat fonctionnel meilleur qu'il ne l’est en réalité, c’est la suppléance des articulations voisines. Les malades se déclarent satisfaits avec une mobilité du coude relativement faible. C’est sans doute la raison pour laquelle on est demeuré longtemps enclin à partager un optimisme relatif.

Cependant Tuffer, en 1901 (f), dans son rapport à la Société belge de chirurgie, considérait déjà la recherche de la coaptation des fragments, non seulement comme un idéal, mais aussi comme une nécessité pour les fonctions du coude.

C’est indubitablement Lambotte et Lane qui ont été ici, comme pour toutes les autres variétés de fractures, les promoteurs de la méthode sanglante. D’autres chirurgiens étaient déjà intervenus avant eux, mais c’est eux qui ont préconisé l'intervention précoce, qui ont réglé les techniques, qui ont montré les résultats si favorables que l’on pouvait obtenir. D'autre part, l’asepsie permet aujourd'hui ce qui autrefois était irréalisable.

Les méthodes.

En présence d’une fracture articulaire ou para-articulaire, trois méthodes d’action directe s'offrent au chirurgien ; ce sont:

1° l’extirpation du fragment ;

29 Ja reposition simple du fragment ;

3° la fixation des fragments par simple suture au catgut ou par l'ostéosynthèse métallique qui offre les multiples procédés suivants:

L’'enchevillement ou l’enclouage ; le vissage par les vis de Lambotte ; l’agrafage de Dujarier et Jacoël ; la fixation par les plaques de Lane, de Lambotte, de Parham, de Shermann, de William Byford (?#).

Les observations ci-dessous montrent les résultats que l’on peut attendre de l’intervention sanglante et en particulier de l’ostéosynthèse dans les divers types de fracture de l'extrémité humérale inférieure. Nous n'avons pu trouver d'observation relative à des fractures obliques externes s'adressant à l'adulte.

Observation 1 (%). — Fracture transversale sus-condylienne, Agrafage. Gaudier.

Déplacement du fragment inférieur et de l’avant-bras en arrière. Traitement par la réduction à ciel ouvert et l’agrafage des fragments avec les agrafes de Jacoël.

Excellent résultat fonctionnel.

Observation 2 (*). — Fracture transversale sus-condylienne, Contention par plaque métallique. Lagoutte.

Jeune homme de 18 ans. Accident le 23 mars 1908. Signes locaux et fonctionnels d’une fracture sus-condyliénne. Opération le 2 avril 1908. Incision de 8 cm. sur le bord externe de l’humérus, isolement des fragments, réduction par les daviers de Lambotte; maintien de la réduction au moyen d’une plaque en acier doré, maintenue par des vis, placée sur la face postérieure de l’humérus, immédiatement en dedans du bord externe.

trobtlisation 15 jours en demi-flexion. Guérison opéra

toire sans incident. Le 13 avril les mouvements sont presque

entièrement restaurés.

En septembre 1908 la plaque est encore bien tolérée, les mouvements ont encore gagné en amplitude. Les radiographies montrent un excellent résultat anatomique; les mouvements sont complets.

Observation 3 (%). — Fracture transversale sus-condylienne* Ostéosynthèse métallique. Alglave.

La fracture à eu lieu le 17 octobre 1919. Opération le 23 octobre. La réduction a été parfaite et maintenue par l'ostéosynthèse métallique. La guérison à été rapide et complète en quelques semaines, les fonctions sont intégralement conservées.

Observation 4 (#1). — Fracture du condyle interne. Extirpation. Vignard.

Le malade est d’abord traité par la gouttière plâtrée, puis au bout de quelques jours la réduction et la contention ayant paru à l’auteur mauvaises, il se décide à intervenir par voie sanglante. Il pratique une incision interne au niveau du pli articulaire, débarrasse le foyer de fracture de ses caillots, enlève le condyle interne fracturé, opère le drainage, suture la plaie. Au bout d’une semaine enlèvement du drain, suture de la plaie. De 5 jours en 5 jours un nouveau plâtre est fait au malade en modifiant la position du membre, progressivement allant de l’extension complète à la flexion forcée.

Enlèvement de l’appareil, mobilisation progressive. Le malade peut reprendre son travail 4 mois et demi après l’accident. 3 mois après cessation du traitement on ne constate aucune déviation latérale ni déformation. La flexion est pour ainsi dire parfaite, l'extension un peu incomplète. Pas de phénomènes douloureux.

Observation 5 (*). — Fracture du condyle huméro-radial. Extirpation. Billet.

On note chez le malade un blocage de la flexion qui atteint à peine l'angle droit; Crépitation produite par la rotation

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