CHAPITRE III
Anatomie pathologique.
Ce long énoncé des complications possibles de l’épididymile, nous a montré que l'affection était loin d’avoir toujours la bénignité que lui attribuent la plupart des classiques. Nous savons que, malgré tous les traitement énumérés, elle peut s'accompagner de grosses douleurs, de fièvre, de délire, auxquels pourra faire suite plus tard, une profonde anémie. Nous savons qu'elle peut immobiliser ses victimes - pendant un temps souvent considérable et par là même leur causer parfois un préjudice irréparable. Nous avons insisté longuement sur sa résolution traînante, sur la possibilité de ses récidives, ou sur celle d’un transport de l'affection sur l'organe symétrique. Enfin, nous avons fait entrevoir les redoutables conséquences lointaines de la maladie, capable trop souvent d'interdire aux anciens porteurs d’épididymite, tout espoir de paternité.
Quelles sont donc les lésions anatomiques de lépididymite blennorragique ?
Monod et Terrillon établissent quatre degrés dans les lésions de l’épididymite blennorragique, mais celte classification, comme on va le voir, est bien schématique.
lo Les simples altérations de la muqueuse déférentielle et
LpS e-
épididymaire ; 2 Les lésions pariétales épididymo-déférentielles ; 3 Réaction conjonctive péri-déférentielle et péri-épididymaire, les lésions restant cantonnées dans l’intérieur de la poche fibreuse ; 4° atteinte des tissus qui sont au-delà de la barrière formée par la tunique fibreuse commune.
Dans l’étude de la coupe épididymaire, on relève de petits foyers creusés dans un parenchyme jaunâtre, et remplis de liquide puriforme, qui ne sont autres que des dilatations du tube épididymaire.
Un point essentiel pour les classiques réside dans l’absence presque constante de suppuration: « L’épididymite blennorragique suppure très rarement ». Telle est la conclusion habituelle de tous les auteurs classiques.
Cette ignorance est due à l’absence presque complète de documents, surtout à la rareté des terminaisons fatales par épididymite, et aussi à ce fait, que, jusqu’à ces dernières années, aucune tentative chirurgicale n'avait permis au praticien de voir la lésion en pleine évolution.
Quelques rares nécropsies d'individus porteurs d’épididymite, et morts d’une affection intercurrente, vont nous apporter des documents de la plus haute valeur.
En 1834, Marcé publie une observation d’épididymite blennorragique avec autopsie. Le malade, âgé de 22 ans, avait été pris de choléra 18 jours après le début de la maladie , testiculaire, au moment où la résolution était commencée, et même assez avancée. Mort au bout de huit jours. Les seules lésions observées intéressaient la queue de l’épididyme: « gonflée, elle formait une masse dure, uniforme, sans bosselure, du volume d’un haricot. En fendant cette masse en travers et longitudinalement, on constatait qu’elle n’était pas vasculaire, mais d’une couleur jaune uniforme, due au dépôt des matières plastiques dans la cavité même, et dans la paroi des circonvolutions de l’épididyme augmenté de volume et dont on distinguait les flexuosités. Il ne se trouvail pas de matière semblable dans le tissu cellulaire extérieur, »