‹ Contribution à l'Étude du Traitement sanglant des Orchi-Épididymites BlennorragiquesChapitre 15 sur 25 · MES · texte numérisé non relu

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caniquement sur les contours pelotonnés du tube épididymaire dilaté par l’inflammation, obture temporairement la lumière du canal, au point où la région infectée rejoint la région restée indemne ou plutôt moins atteinte. »

Au point de vue macroscopique, il est d'observation courante que dans l'immense majorité des cas, c'est la queue de l’épididyme qui réagit le plus ; souvent même, l'affection se cantonne à la queue, et lorsque par hasard tout l’organe se trouve pris, c’est encore à la queue que nous trouvons le maximum d'altérations.

Lorsque l’épididymite n’a pas été traitée localement, le tissu embryonnaire s'organise, et forme une gangue conjonctive qui reste longtemps perceptible au palper.

En résumé, si l'infection est récente, nous observons une phase catarrhale ; l’épithélium a-t-il eu le temps de réagir, nous assistons à la formation de pus et à la réaction du tissu péri-canaliculaire, qui l’enserre dans sa trame conjonctive.

Avant de clore ce chapitre, nous croyons devoir faire connaître les expériences du docteur Escat, et sa conception originale de l’orchi-épididymite. Elle a au moins l'avantage d'expliquer, mieux que toute autre, la pathogénie de ses complications. Pour lui, il y a là une propagation suppurée, compliquée de rétention septique. Ce n'est pas seulement une canaliculite suppurée, c’est l’abcès épididymaire analogue au pyo-salpinx de la femme. « La formation de ces foyers s'impose à l'esprit, la disposition anatomique et les rapports de ce long tube de six mètres pelotonné sur un si petit espace, rend inévitables certains phénomènes. Je me permettrai à ce sujet quelques considérations expérimentales.

Lorsqu'on pousse lentement une injection dans le canal déférent d’un. jeune chien, où d’un homme dont l'appareil génital paraît sain, on voit le liquide parcourir rapidement les anses, et injecter tout l'organe ; mais si on pousse brusquement, on voit l'injection s'arrêter. Si on continue, la partie de l’épididyme déjà injectée se distend, et arrive

à la rupture, pendant que le reste de l’épididyme reste flasque et non injecté. Que s'est-il passé? Sous l'influence de l'injection brusque, les anses trop rapidement distendues ont comprimé les autres: elles se sont tordues, coudées ; il s’est formé une sorte de volvulus ou d’étranglement épididymaire.

Des phénomènes analogues se passent dans l’épididymite ; la propagation blennorragique s’est effectuée silencieusement, méconnue parfois du malade et du médecin: brusquement, soit par virulence, soit par hypersécrétion subite, soit par oblitération congestive de l’orifice d’un éjaculateur ou d’un point quelconque de l’épididyme, la circulation du pus s’arrête dans l’épididyme. Il y a rétention septique, les anses distendues se tordent, se compriment, elles adhèrent ensemble comme les anses intestinales, et l’étranglement s'effectue en amont, comme il s'effectue en aval.

L’abcès de l’épididyme est constitué ; il y a vase clos sous la coque albuginique, et la réaction aussi subite que violente se produit. La réaction vaginale et cellulaire forme une épaisse barrière de péri-épididymite qui tend à enkyster le foyer canaliculaire très petit au début; il est très rare, en effet, de voir la suppuration se propager à la peau. »

La pathogénie des complications de l’épididymite blennorragique s’éclaire dès lors, pour nous, d’une lumière nouvelle. La présence certaine du pus dans l’épididyme nous explique nettement l’évolution de l’épididymite traînante, de lépididymite à rechutes, etc.

Dans l’épididymite à rechute, nous prenons nettement sur le fait le phénomène de la rétention septique. La virulence du gonocoque s’est calmée. Tout paraît rentrer dans l’ordre, mais la source d'infection n’est pas tarie. Aussi, dès la première occasion, la virulence du gonocoque se réveille et le cycle des phénomènes morbides, observés une première fois, recommence.

En cas de résolution traînante, les phénomènes généraux

MR To

s'étant calmés. il persiste toutefois une douleur insignifiante du fait qu'il demeure à la queue de lépididyme un noyau dur, ligneux, sensible au palper, et dont la résolution dure parfois des mois et des années. En ce cas, on découvre sous une coque conjonctive organisée de petites collections purulentes qui expliquent facilement la persistance de la réaction périphérique, et les névralgies souvent rebelles, liées à l'existence de ce nodule.

« Ces notions anatomo-pathologiques et cette conception de l’épididymite abcédée, comportent des conséquences thérapeutiques faciles à comprendre. Tous les traitements qui ont été utilisés jusqu'ici pour l’orchite blennorragique sont condamnés, théoriquement, en tant que traitements curatifs. Si l’abcès épididymaire guérit, c’est qu'il veut bien guérir, puisque la résolution du foyer s'effectue dans la majorité des cas, sans aboutir à la suppuration externe du scrotum ; tous les topiques, tous les modes de compression ne peuvent pas mieux réussir que dans les cas de toute autre collection purulente. N’est-il pas raisonnable d'admettre que des terminaisons graves seraient évitées si le foyer était reconnu, apprécié et incisé de bonne heure ? » (Escat).

Nous avons insisté à dessein sur l'anatomie pathologique de lorchi-épididymite blennorragique, car des lésions découlent les indications d’une intervention sanglante. C’est très justement qu'on a comparé l’épididymite à l’appendicite ou à la salpingite. Dans les deux cas, il y a primitivement des lésions endo-canaliculaires. ©est-à-dire épithéliales, superficiclles au début et qui peuvent ne pas dépasser ce stade, mais qui arrivent le plus souvent à produire des lésions péricanaliculaires souvent suppurées. Dans le premier cas, la résolution complète pourra survenir par un traitement simple. Dans le second, il faut à tout prix ouvrir labcès, sous peine de voir se produire des lésions profondes de l'organe atteint, el des poussées inflammaloires successives, qu'il s'agisse d’épididymite, de salpingite ou d’appendicite.

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