‹ Contribution à l'étude du traumatisme expérimental sur la région trochantérienneChapitre 33 sur 48 · HUE · texte numérisé non relu

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dont l'inférieure, plus grande, est à concavité regardant en bas et en dehors.

Hanche gauche. — Décubitus latéral. Chocs (massue) sur la face externe du grand trochanter, mise à nu : Arrachement du petit trochanter, fracture du grand trochanter, un fragment comprenant les trois quarts postérieurs de l’'apophyse et formation de deux esquilles verticales appartenant à la moitié externe de la diaphyse. \

Rien au col; une fausse sensation de mobilité anormale nous avait fait croire à une fracture du col et partant cesser le traumatisme. ;

EXPÉRIENCE n° 60. — Femme de 54 ans, petite, maigre. Cancer du sein.

Hanche droile. — Décubitus latéral. On laisse les parties molles intactes. Chocs (massue) sur la face externe de la saillie trochantérienne. A la troisième reprise, on sent, à la palpation, une augmentation de volume de la saillie trochantérienne, dans le sens de sa hauteur. A la cinquième reprise, on constate une sorte d’affaissement du grand trochanter et l’on voit, en même temps, le membre inférieur exécuter un mouvement de rotation en dedans. On incise les parties molles. Le col se montre infléchi en bas et enfoncé dans le tissu spongieux de la tête fémorale, suivant une profondeur de 5 millim.

Fracture transversale, nette, du grand trochanter, à l'union des deux tiers supérieurs avec son tiers inférieur. #

Fracture du col, au ras du pourtour céphalique, en haut, en avant et bas, et à 1 centim. de la tête, en arrière. Cette dernière ne renferme pas d'excavation, mais son tissu spongieux est très friable. Il existe, toutefois, à sa partie supérieure, au ras du tissu compact, un noyau de substance compacte, dur, blanc nacré, gros comme un pois. Enfin, chose très importante, et à laquelle nous ne nous attendions point, la cavité cotyloïde, malgré l'intégrité des parties molles extra etintra-articulaires, au moment du traumatisme, est fracturée. Le trait de fracture

est dirigé d'avant en arrière, il intéresse, vers sa partie moyenne, la paroi qui constitue le fond de l'échancrure cotyloïdienne, traverse l'arrière-fond de la cavité cotyloïde vers sa partie moyenne également, gagne le fond de la cavité, et, après un parcours de Î centim., se porte en arrière et en bas pour se perdre dans l'épaisseur de la paroi postérieure de la cavité cotyloïde, au ras de la partie inférieure du pilier iliaque. Les lèvres de la solution de continuité osseuse cotyloïdienne sont d’autant moins écartées qu’elles s’éloignent davantage de l’échancrure: en avant, écartement de | à 2 millim.

La cavité cotyloïde offre un aspect normal, ses parois ue contiennent niexCavations, ni tissu cancéreux; elle ne présente comme particularité que l'agrandissement des aréoles de son tissu spongieux. Le ligament rond est de grosseur et de résistance moyennes.

Cette fracture de la cavité cotyloïde est identique à celle de la cavité cotyloïdienne du n° 25 d., dont la cause a été la pression exercée, ou plutôt l’'écartement provoqué par une tête fémorale à diamètre supérieur, transmettant le choc appliqué sur la surface de section transversale et antéro-postérieure, faite au niveau du col, à ! centim. du pourtour céphalique.

Hanche gauche. — Décubitus latéral. Chocs (massue) au niveau du mamelon crural, à nu. A la cinquième reprise (chocs peu vigoureux), fracture du grand trochanter, fragment vertical, constitué par le tiers postérieur de l'apophyse, et fracture spiroïde sous-trochantérienne; pas de fissure, le petit trochanter fait partie du fragment inférieur ou condylien.

La description de cette fracture ne serait que la répétition de celle de la fracture n° 32 d.

La ligne descendante de fracture se termine sur la face antérieure de la diaphyse, tout près de son bord interne, à 5 centimètres et demi au-dessous du petit trochanter, et passe au ras de la partie inférieure du mamelon crural.

Longueur de la ligne ascendante ou pas d’hélice, 9 centim.,

Door

celle de la ligne descendante ou arc d’hélice ou spire, 12 centimètres et demi. Longueur de la fracture, 9 centim.

Les deux extrémités fémorales.n° 32 d. et n° 60 g., sout à peu près d'égale dimension, la première est, quelque peu, moins volumineuse. Elles sont d’ailleurs, toutes deux, de petite dimension. Au n° 32, femme de 43 ans, tuberculose pulmonaire, nous avons employé, pour avoir la fracture, une force supérieure à celle qui à été nécessaire pour produire la fracture n° 60 g.. femme, 54 ans. cancer du sein.

Exp£RIiENGx n° 61. — Homme de 77 ans. Ramollissement cérébral. Eschare au sacrum. Confiné au lit depuis 9 mois.

Hanche droite. — Décubitus latéral. Chocs (massue) au niveau du mamelon crural, à nu : À la deuxième reprise, fracture du grand trochanter, deux fragments verticaux : tiers antérieur et deux tiers postérieurs de cette éminence. A la troisième reprise, aplatissement, écrasement des fragments trochantériens. A la quatrième reprise, fracture du col; à sa base, exactement. F 2. Les traits de fracture, antérieure et postérieure, rasent la lèvre interne de chacune des lignes intertrochantérienne et forment par leur réunion à la partie inférieure de la fossette prétrochantinienne un angle aigu ou un V osseux dont la pointe regarde en bas et en arrière.

Production de quatre petites esquilles diaphysaires sousjacentes, dimension moyenne d’une pièce de deux francs.

Hanche gauche. — Décubitus latéral. Chocs (massue) au niveau du mamelon crural, à nu : Au premier choc, fracture spiroîde sous-trochantérienne avec fissure la reliant au foyer traumatique. Au niveau de ce dernier, léger écrasement du quart postérieur du grand trochanter, et détachement du mamelon crural.

Fissure longue de 2 centimètres et demi, partant du milieu du bord inférieur du grand trochanter, et se continuant avec la : lèvre interne ou supérieur du trait de fracture antérieur. La ligne antérieure ou descendante de la fracture spiroïde sous-

Ne

trochantérienne est obliquement dirigée de haut en bas, d’arrière en avant et de dehors en dedans, elle contourne les deux tiers antérieur de la face postérieure et externe de la diaphyse, son bord externe, sa face antérieure pour se terminer sur la lèvre interne du bord interne du fémur, à 7 centimètres et demi au-dessous du petit trochanter.

La ligne ascendante de la fracture, parcourt obliquement de bas en haut de dedans en dehors, la face postérieure et externe de la diaphyse et coupe son bord postérieur pour atteindre le point initial. La ligne descendante a la forme d'un S italique allongé dont la courbure supérieure est à concavité regardant en haut et en avant et dont l’inférieure a sa concavité regardant en bas et en dehors.

L'ascendante est légèrement curviligne, concavité dirigée en haut et en dedans.

EXPÉRIENCE n° 62. — Homme de 47 ans. Cirrhose de Laënnec, albuminurie, œdème des membres inférieurs.

Hanche droite. — Décubitus latéral. Chocs (massue) sur la partie antérieure de la face externe du grand trochanter, mise à nu: Dès la troisième reprise, fracture du grand trochanter, d’abord fracture de ses trois quarts postérieurs, puis de son quart antérieur. À remarquer cet ordre dans la production des fractures. À la huitième reprise de chocs vigoureux, fracture intertrochantérienne, section nette, passant au ras de la partie supérieure du trochantin et au niveau du bord inférieur du grand trochanter. F, 2 3/4. Ligament capsulaire intact.

Hanche gauche. — Décubitus latéral. Chocs (massue) au niveau du mamelon crural, à nu. Chocs vigoureux. On obtient successivement : {° Fracture du grand trochanter; trois fragments verticaux; 2 Arrachement du trochantin; 3° Petites ésquilles diaphysaires; 4° Fracture du col à sa base exactement, même aspect que n° 61 d. F. 2 3/4.

A droite et à gauche, ligament capsulaire, ligament rond, cavité cotyloïde, fémur, tête, rien.

EXPÉRIENCE n° 63. — Homme de 33 ans. Tuberculose pulmonaire, hémoptysie foudroyante.

Hanche droite. — Décubitus latéral. Chocs (massue) sur la face externe du grand trochanter, mise à nu: À la deuxième reprise, fracture du grand trochanter, deux fragments verticaux, l’un comprenant le tiers postérieur de l’apophyse avec le mamelon crural et une portion de la crête intertrochantérienne postérieure, l’autre purement trochantérien, constitué par le tiers moyen du trochanter. A la troisième reprise, fracture cervicale avec lamelle trochantéro-diaphysaire. EF. 2.

Le trait de fracture passe verticalement à l’union du tiers antérieur avec les deux tiers postérieurs du grand trochanter, gagne le bord externe de la diaphyse, puis occupe ce bord pour atteindre sa face antérieure, à 3 centim./au-dessous de la ligne intertrochantérienne antérieure, et qu'il parcourt parallèlement à cette ligne jusqu’à sa partie médiane. De là, il remonte obliquement en haut et en dedans, traverse la ligne intertrochantérienne antérieure, longe ensuite les deux tiers externes de la face antérieure du col, puis se dévie brusquement pour se porter en bas, en arrière et en dehors, contournant ainsi la partie inférieure du col, une portion de sa face postérieure ; il atteint la partie inférieure du mamelon crural, puis longe la base du grand trochanter jusqu'au niveau de l'angle antérieuret inférieur du trochanter où 1l se termine.

Tête et petit trochanter intacts. Ligament rond, peloton adipeux, cartilage céphalique et cotyloïdien préalablement enlevés; rien à la cavité cotyloïde.

Hanche gauche. — Décubitus latéral. Chocs (massue) au niveau du mamelon crural, à nu. A la troisième reprise, fracture oblique du corps du fémur avec fissure spiroïde sous-trochantérienne la reliant au foyer traumatique.

La fissure part du bord inférieur du grand trochanter à un centimètre et demi du mamelon crural ; elle est obliquement dirigée de haut en bas, d’arrière en avant et de dehors en

dedans, contourne toute la face postérieure et externe de la diaphyse, son bord externe, sa face antérieure et arrive sur son bord interne, à 8 centim. au-dessous du petit trochanter, et où elle se continue avec la lèvre supérieure de la ligne interne de la fracture diaphysaire.

Cette fissure a la forme d’un S italique allongé dont la courbure supérieure est à concavité regardant en haut et en dedans et dont l’inférieure a sa concavité regardant en bas et en dehors. Elle est d'autant plus apparente qu’on s'éloigne davantage du foyer traumatique.

Longueur de la fissure, 13 centimètres et demi.

Longueur de la fracture, 4 centimètres et demi.

La partie, la pointe inférieure de son fragment cervical, est à 17 centimètres et demi au-dessous du tubercule prétrochantérien. À mi-chemin, à peu près, de la fissure spiroïde, naît de sa lèvre externe une deuxième fissure, à peine perceptible, longue de 2 centim., se dirigeant obliquement en bas et en dehors, vers une troisième fissure, à peine marquée également, située sur la face postérieure et externe du fémur, et dont elle se trouve éloignée de 2 centim. Cette troisième fissure part du trait de fracture diaphysaire, au ras de la lèvre externe de la ligne âpre, longe la face postérieure et externe du fémur, suivant une ligne légèrement oblique en haut et en dehors. Longueur, 4 centimètres et demi.

La région sur laquelle à été appliqué le traumatisme n'offre qu'une lésion minime, laquelle consiste en une fissure qui part immédiatement en dehors du mamelon crural, et qui finit au niveau de sa partie inférieure, après avoir passé à un demi-cent, en arrière de l'interstice du bord postérieur du grand trochanter. franchi son bord supérieur au ras de l'angle supérieur et postérieur de l’apophyse, et chemine entre la cavité digitale et le bord postérieur du trochanter puis entre la face postérieure du col et du mamelon crural. Distance séparant cette fissure, du point initial de la fissure spiroïde : ? centim.

ExPÉRIENCE n° 64. — Homme de 50 ans.

Hanche gauche. — Décubitus latéral. Chocs (massue) au niveau du mamelon crural, à nu : Fractures esquilleuses du grand trochanter ; le fragment postérieur, plus volumineux, comprend également la crête intertrochantérienne postérieure et le petit trochanter; ensuite, fracture spiroïde sous-trochantérienne.

La ligne antérieure ou descendante de cette fracture, dirigée obliquement de haut en bas et de dehors en dedans, contourne la moitié antérieure de la face postérieure et externe de la diaphyse, son bord externe, sa face antérieure, arrive sur son bord interne où elle se termine, à 12 centim. au-dessous du tubercule prétrochantérien.

De ce point, la ligne de fracture, qui devientascendante, longe la face postérieure et interne suivant une légère courbe, à concavité regardant en dedans, et finit vers le milieu de la face postérieure du col. La ligne descendante est rectiligne supérieurement et curviligne, inférieurement, concavité regardant en dehors et en bas. Er

Hanche droite. — Décubitus latéral. Chocs (massue) sur la face externe du grand trochanter, mise à nu: Fracture du grand trochanter, puis fracture du col, à sa base exactement, section nette.

EXPÉRIENCE n° 65. — Femme de 30 ans. Scarlatine.

Hanche droite. — Décubitus latéral. — On enlève ligament rond, peloton adipeux, et cartilage revêtant la tête fémorale et la cavité cotyloïde.

Chocs (massue) sur la face externe du grand trochanter, mise à nu : À la deuxième reprise, fracture du grand trochanter, un fragment vertical, moitié postérieure de l’apophyse. A la troi sième deux fragments trochantériens verticaux, antérieur. moyen. À la quatrième, fragmentations du trochanter. A la cinquième reprise, fracture spiroïde sous-trochantérienne, et fissure sous-trochantérienne indépendante de la fracture.

nee

Cavité cotyloide intacte. — La ligne antérieure ou descendante de la fracture spiroïde, part du milieu de la face antérieure du col, se dirige en bas et en dehors, coupe vers sa partie moyenne la ligne intertrochantérienne antérieure, atteint la face antérieure de la diaphyse dont elle parcourt la moitié interne, obliquement de haut en bas et de dehors en dedans; traverse son bord interne et se termine sur la ligne verticale et médiane de sa face postérieure et externe, à 3 centimètres et demi au-dessous du petit trochanter. De ce point, la ligne de fracture devient ascendante, longe obliquement de bas en haut et de dedans en dehors, la face postérieure et interne de la diaphyse, passe en arrière du petit trochanter, pour aboutir au foyer traumatique, au niveau de la région qu'occupait le mamelon crural.

Fissure sous-trochantérienne, partant du milieu de la base du grand trochanter, traversant obliquement de haut en bas et d’arrière en avant la face postérieure et externe de la diaphyse pour se terminer sur son bord externe. La fissure est d'autant moins marquée qu'on s'éloigne davantage du foyer traumatique. Longueur, 7 centim. La fissure et la ligne descendante de la fracture ont toutes deux une direction curviligne, concavité regardant en haut et en dedans.

Nous n’avons eu en vue, dans cette expérimentation, que le résultat que pourrait donner, du côté dela cavité cotyloïde, le traumatisme trochantérien. C’est pourquoi nous avons été peu soucieux d'appliquer nos chocs, constamment, sur un point bien déterminé.

Évidemment, le quatrième choc et le cinquième, qui ont produit, l’un la fissure sous-trochantérienne, l’autre la fracture sous-trochantérienne, n’ont pas été portés précisément, au même niveau.

Hanche gauche. — Décubitus latéral. Chocs (massue) au niveau du mamelon crural, à nu. À la dixième reprise, fracture cervicale avec lamelle trochantéro-diaphysaire. Le trait de, fracture rase la lèvre externe du bord antérieur du grand tro-

chanter, gagne aussitôt la face antérieure de la diaphyse, qu'il parcourt parallèlement à la ligne intertrochantérienne antérieure, et à 2 centimètres et demi au-dessous de cette ligne. Arrivé à 2 centim. en dehors du bord interne du fémur, il se porte obliquement en haut et en dedans, suivant une longueur de 1 centim., puis redescend pour gagner la partie supérieure de la fossette prétrochantinienne qu'il longe transversalement en décrivant une ligne sinueuse,en accent circonflexe. Il atteint, ensuite, la face postérieure du col qu'il parcourt, à 1 centimètre et demi au-dessus de la crête intertrochantérienne postérieure, pour aboutir au foyer traumatique.

Il existe deux fissures presque imperceptibles, partant l'une et l’autre de chaque extrémité du bord inférieur du grand trochanter, et longeant obliquement de haut en bas, l’une, la face postérieure et externe, l’autre la face postérieure et interne de la diaphyse, se rapprochant toutes deux de plus en plus de la ligne âpre au fur et à mesure qu'elles descendent, et qu’elles atteignent, après un parcours long de 7 centim.

REMARQUES. — Dans cette expérience, du côté gauche, nous n'avons pu disposer des poids dont nous nous servions habituellement pour maintenir immobile le tronc du sujet; ilen est résulté que le moindre choc sollicitait le cadavre à se déplacer, ce qui a rendu la torsion impossible ou inefficace. |

EXPÉRIENCE n° 66.

Cette dernière série d’expérimentations a été pratiquée sur six fémurs, dans le but d’élucider un point relatif au méca- nisme de la fracture spiroïde sous-trochantérienne. Nous venons de relater de nombreux cas de fractures spiroïdes soustrochantériennes, engendrées par un traumatisme appliqué, le plus souvent, au niveau du mamelon crural, quelquefois sur le

bord antérieur, large, du grand trochanter. Jamais il nous a été donné de produire une fracture de ce genre en frappant sur la face externe du grand trochanter, ou, pour mieux préciser, sur la région moyenne de la saillie trochantérienne. Il nous paraît évident, on peut admettre à priori que la fracture spiroïde sous-trochantérienne ait été déterminée par la torsion que le traumatisme trochantérien (antérieur ou postérieur) imprimait à la partie supérieure du fémur soit de dehors en dedans et d'arrière en avant, soit de dehors en dedans et d'avant en arrière. Mais, ne peut-on pas se demander si le fémur offre une structure ou une disposition architecturale telle qu'il soit permis de faire cette supposition, à savoir: la fracture spiroïde sous-trochantérienne est purement et simplement engendrée par un choc porté sur le mamelon crural, par ‘ exemple; autrement dit, cette sorte de fracture est-elle fonction pure et simple de la torsion fémorale, ou bien existe-t-il, dans les fibres osseuses du squelette de la cuisse, une direction telle que cette fracture serait susceptible de se produire sousl’influence d'un ébranlement moléculaire provoqué par ce seul fait, à savoir : choc ou chute sur le mamelon crural?

Nous avons fait, à cet égard, les expériences suivantes sur des fémurs détachés.

A. Expérience n° 35 g. (voir p. 83). — Dans cette expérience, faite sur le fémur gauche que nous avons saisi à pleine main par la partie inférieure de la diaphyse, et dont le mamelon crural et la région postérieure du grand trochanter ont été violemment portés sur une surface résistante, nous avons produit une fracture spiroïde sous-trochantérienne. Nous avons noté que son mécanisme était sous la dépendance de la torsion même à laquelle a été sollicitée l'extrémité fémorale.

Cette fracture offre les caractères généraux des fractures spiroïdes sous-trochantériennes, obtenues sur le cadavre, à la suite d’un choc influençant le mamelon crural. Elle ne diffère de ces dernières que par trois points : 1° existence d’une fissure sur le fragment cotyloïdien, 2° la ligne oblique ou descendante

est dirigée de dedans en dehors et non de dehors en dedans; 3 le fragment supérieur ou trochantérien (au niveau de cette ligne descendante) est taillé en biseau aux dépens de la lame interne du tissu compact, dans sa moitié supérieure, aux dépens de la lame externe, inférieurement, tandis que dans les fractures spiroïdes sous-trochantériennes ordinaires, il est taillé en biseau, suivant toute son étendue, aux dépens de la lame interne du tissu compact. Ces différences tieunent sans doute à l’adjonction d'un second élément traumatique dans cette expérience n° 35 g. c’est-à-dire à l’inflexion postéro-antérieure à laquelle est sollicitée l'extrémité fémorale.

B. Expériences faites sur les deux fémurs appartenant à un homme âgé d’une cinquantaine d'années. — Chacun d’eux est fixé solidement le long d’une poutre en bois. Le fémur, ainsi immobilisé, repose sur ce plan résistant par sa face antérieure. Chocs (massue) au niveau du mamelon crural. Résultat : 1° aplatissement, écrasement de la région atteinte par la violence extérieure; 2° fracture dont l'aspect rappelle celui des fractures que nous avons décrites sous le nom de fractures cervicales avec lamelle trochantéro-diaphysaire. Ici, Le trait de fracture passe sur la lèvre interne de la crête intertrochantérienne postérieure, longe, en dedans, la cavité digitale, parcourt verticalement la partie moyenne de la face externe du grand trochanter, gagne obliquement le bord externe de la diaphyse, intéresse, transversalement, à 4 ou 5 centim. audessous du bord supérieur du col, la face antérieure du fémur, coupe son bord interne, décrit, dans la fossette prétrochantimienne, un V dont le sommet regarde directement en bas, puis contourne la partie supérieure du trochantin pour rejoindre le point initial.

Remarquons que la face antérieure du fémur n’est en rapport avec le plan résistant que par trois points : tubercule prétrochantérien, tête fémorale, bord externe de la poulie fémorale.

De sorte que nous estimons que nous venons de produire une fracture par flexion.

C. — Le fémur droit du n° 36, est saisi, à pleine main gauche, par la partie inférieure de la diaphyse, la face antérieure de son extrémité supérieure est appliquée sur un plan résistant (bois), avec lequel elle n’est en rapport que par le tubercule prétrochantérien et la tête fémorale. Choc (massue) au niveau du mamelon crural : 1° écrasement du mamelon crural et de la moitié postérieure du grand trochanter; 2° fracture dont l'aspect. rappelle celui des fractures spiroïdes sous-trochantériennes spéciales, n° 32 d. et n° 60 g

Ces deux dernières fractures diffèrent des autres fractures spiroïdes sous-trochantériennes en ce que le petit trochanter fait partie du fragment inférieur.

Voici la description de la fracture que nous venons d'obtenir! La ligne descendante part du bord céphalo-trochantinien, à 1 centimètre et demi de la pointe du petit trochanter, passe entre ce dernier et la crête intertrochantérienne postérieure, coupe obliquement de haut en bas et de dedans en dehors le bord postérieur et la face postérieure et externe de la diaphyse, son bord externe pour se terminer sur sa face antérieure, à 1 centim. en avant de ce bord, à 4 centimètres et demi audessous du petit trochanter. De là, la ligne de fracture, devenue ascendante, va gagner le point initial, après avoir franchi obliquement, de bas en haut, de dehors en dedans et d'avant en arrière, la plus grande partie de la face antérieure de la diaphyse, son bord interne et le haut de la fossette prétrochantinienne.

Il nous paraît manifeste que cette dernière fracture est une fracture par flexion, et cependant, elle présente une analogie frappante avec les deux fractures spiroïdes sous-trochantériennes dont nous venons de parler etdont le mécanisme invoqué est la torsion. Cette fracture pourrait étre considérée comme établissant une transition entre les fractures par flexion ou par pression et les frac-

tures par torsion. Ou bien, il est possible que le choc appliqué au niveau du mamelon crural sollicite la partie supérieure du fémur à se rompre ou par flexion ou par pression ou par torsion. Si le fémur est résistant, la force traumatique impressionnera au loin l'os de la cuisse. En effet, nous avons observé que le traumatisme trochantérien postérieur n’engendrait de fracture spiroïde sous-trochantérienne ou fracture par torsion que sur des fémurs résistants, non friables. Sitel fémur, à lasuite d’un choc surle mamelon crural, est rompu au niveau du col, par exemple, il le doit à ce que son tissu, altéré soit par l’ostéoporose, soit par quelque affection (tuberculose au début ?), ne peut faire les frais de la torsion, ou mieux à ce qu’il ne peutrésister à la flexion ou à la pression inhérentes à la torsion, accompagnant toujours plus ou moins la torsion provoquée par le traumatisme trochantérien postérieur. Ou bien, étant donné que les deux foyers d’élection traumatiques, face externe du grand trochanter, niveau du mamelon crural, sont si près l’un de l’autre, ne peut-on pas faire encore cette supposition, à savoir: telle fracture, sur un fémur, normalement résistant, sera sous la dépendance d’un double mécanisme, flexion, pression ou torsion, parce que lechoc aura été appliqué entre ces deux foyers d'élection, parce que le traumatisme n'aura été ni franchement externe, ni franchement postérieur. Or, n’est-on pas autorisé à faireentrer dansces considérations les fractures n° 66, c, 60 g., 32d.? Elles seraient des fractures de transition.

D. — Extrémité supérieure du fémur détaché à 5 centim. au-

dessous du petit trochanter. Sa partie antérieure étant appliquée sur un plan résistant, choc très vigoureux (massue) au niveau du mamelon crural : {° Détachement de la moitié antérieure du grand trochanter ; 2° fracture intertrochantérienne, passant par la base du grand trochanter et au ras dela partie supérieure du petit trochanter.

Cette dernière série d'expériences nous a conduit à dire quelques mots des fractures par flexion ou par pression, à soumettre à une analyse plus rigoureuse le mécanisme d’une catégorie de fractures spiroïdes sous-trochantériennes.

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