OBSERVATION Î
Nous avons recueilli, à l'hôpital de Versailles, un cas de fracture intertrochantérienne gauche survenue chez un vieillard de 70 ans, le nommé Mallet, à la suite d'une chute de la hauteur d'un pont (3 à 4 mètres) sur le talus d’une voie ferrée. Ce malade, grincheux, jetant des cris atroces quand on se dispose à l'examiner, est mis dans une gouttière de Bonnet. Reste confiné au lit, durant six mois. Congestion pulmonaire. Mort.
AUTOPSIE. — Fracture de l’extrémité supérieure du fémur pouvant être représentée par un plan incliné de haut en bas et de dehors en dedans, et passant par le milieu de la face externe du grand trochanter et à l’union des deux tiers supérieurs du petit trochanter avec son tiers inférieur.
DEUXIÈME VARIÉTÉ. — Fracture de la base du col avec lamelle trochantéro-diaphysaire. — Nombre: 13. Siège : côté droit, 3 fois; côté gauche, 10 fois. Sexe : 10 hommes ; 3 femmes. Inflience de l’âge et des maladies, rien de particulier. |
En résumé, ces fractures s’observent plus souvent du côté gauche, elle surviennent plus fréquemment chez l'homme.
Chez la femme, elles succèdent toutes à un choc au niveau du mamelon crural, tandis que chez l'homme elles résultent foutes du traumatisme appliqué sur la face
externe du grand trochanter. Voir description tvpe n° 55 g et voir pl. 1 fig. 2.
TROISIÈME VARIÉTÉ, — Fractures de la base. — Nombre, 17. Dans les quatre cinquièmes des cas, elles sont la conséquence de chocs dirigés sur la face externe du grand trochanter. Dans celles qui résultent du choc appliqué au niveau du mamelon crural, on ne voit que des femmes, dont la moins âgée a 65 ans.
Les fractures-qui suivent le traumatisme intéressant la face externe du grand trochanter s'observent plus souvent chez l’homme que chez la femme. La moins âgée des femmes à 80 ans, le plus jeune des hommes, 47 ans.
QUATRIÈME VARIÈTÉ. — fractures intra-capsulaires. — Elles siègent du côté droit, dans les deux tiers des cas; elles se voient chez la femme dans les trois quarts des cas, et quatre fois sur cinq, elles résultent du choc sur là face externe du grand trochanter.
Age: de 50 à 85 ans.
La fracture de la tête fémorale, exp. n° 24 d, ainsi que
les fractures qui composent le troisième groupe : frac-
ture de la cavité cotyloïde, exp. n° 60 d, et fracture de l'ilion, exp. n° 36 d, ont été suffisamment décrites. Voir les expériences.
Fractures de l'extrémité supérieure du fémur avec fissure spiroïde
sous-trochantérienne.
Elles sont au nombre de cinq. Voir expérience n°* 6 d, 298, 29:g, 524,65 &.
Elles accompagnent la fracture inter-trochantérienne 4 fois; la-fracture de la base du col avec lamelle trochantéro-diaphysaire, { fois.
On aurait affaire ici à une double fracture, l’une résultant de la flexion, de la pression; l’autre (fissure soustrochantérienne) déterminée par la torsion.
Fractures du grand trochanter.
Hésumé. — Le grand trochanter à été soumis au choc expérimental 114 fois, sur le cadavre.
[. — 14 fois les lésions ont été nulles ou peu prononcées : lésions nulles, 3-cas ; lésions peu sensibles, 11 cas, dont 4 consistant en une fissure légère, à peine percepüble, et dont 7, présentant un léger écrasement d’une partie seulement du grand trochanter. Il y a eu concomitance des fractures suivantes : fracture de la tête fémorale, 1; fracture du col, 2; fractures fissuraires, 2? ; fractures de la diaphyse (spiroïdes), 10.
II°. — 30 fois les lésions du grand trochanter ont été telles que nous n'avons pu en déterminer la nature (esquilles, réduction en bouillie de la masse trochantérienne). Toutefois, nous avons pu remarquer que, dans le cas de fractures esquilleuses, les esquilles postérieures ont été, la plupart du temps, les plus volumineuses.
III. — 70 fois la fracture du grand trochanter a revêtu un caractère nettement déterminé.
Dans ce nombre, nous relevons. |
SÉRIE A. — 44 fractures du trochanter constituées par des fragments purement trochantériens, c’est-à-dire
n'empruntant ni au col, ni à la diaphyse, ni à la crête intertrochantérienne postérienre.
Sérre B. — 26 fractures du trochanter constituées par des fragments trochantériens comprenant, en outre, une ou plusieurs lamelles de tissu osseux sous-jacent.
Sur les 44 premiers cas, 40 fois les fragments trochantériens ont eu leur plus grand diamètre dirigé : verticalement.
Les 4 autres fragments, qui présentent une direction exceptionnelle, appartiennent aux expériences n°* 39 d, 39 g, 58 d, 60 d.
- Sur les 40 cas de la série À où les fragments ont présenté un grand diamètre vertical, nous avons trouvé 8 fois, 1 fragment ; 10 fois. ? fragments ; 18 fois, 3 fragments ; 4 fois, le décollement du grand trochanter.
.__… Fractures du grand trochanter à un seul fragment,
8 cas : Ce fragment est constitué par le quart, le tiers, la moitié, les deux tiers, les trois quarts, les quatre cinquièmes postérieurs de l’apophyse. Parfois, il offre l'aspect et les dimensions de la partie unguéale de la phalangette du petit doigt ; il est formé aux dépens de la partie supérieure et moyenne du grand trochanter ou de la paroi de la cavité digitale.
Ces fragments uniques résultent d’un choc appliqué sur la face externe du grand trochanter aussi bien que d'un choc sur le mamelon crural.
Fractures du trochanter à deux fragments, 10 cas. — [ls intéressent l’'apophyse en partie ou en totalité. Dans la majorité des cas, c'est le fragment ARS qui est le plus volumineux.
Fractures du trochanter à trois fragments, 18 cas. — 17 fois les fragments sont d’inégales dimensions ; le fragment moyen est constamment le moins volumineux, Presque toujours, c'est le fragment postérieur qui offre les plus grandes dimensions. Nature du traumatisme. : choc sur la face externe. 14 fois ; choc sur le mamelon crural, 3 fois. Nous ne notons qu'un seul cas de fracture où les trois fragments soient d’égales dimensions.
Décollement total du grand trochanter : 4 cas, dont 3 à la suite d’un choc sur Ia face externe du trochanter. (Expériences n° 12 d, 13 g, 28 g.) et dont un cas, à la suite d'un choc sur le mamelon crural, expérience n° 24 p.
Sur les 26 cas de la série B, nous trouvons":
1° À un fragment, 6 fois. Le fragment comprend la partie postérieure du grand trochanter avec une lamelle détachée ou de la crête intertrochantérienne postérieure, ou du col, ou de la diaphyse.
2° À deux fragments, 9 fois, dont 2 cas dans lesquels est annexée une large bande osseuse comprenant une lamelle cervicale, une lamelle diaphysaire ; la crête intertrochantérienne postérieure, et le petit trochanter, et dont 7 cas dans lesquels le fragment trochantérien postérieur comprend en outre ou la crête intertrochantérienne postérieure, ou une lamelle cervicale, ou une lamelle diaphysaire ; enfin nous notons un cas où l’on voit le fragment antérieur composé, en outre d'une lamelle à la fois cervicale et diaphysaire.
3° A trois fragments, 9 cas, dont 3 dans lesquels le fragment postérieur comprend le tiers postérieur de
l'apophyse, une lamelle cervicale, une lamelle diaphysaire, la crête intertrochantérienne postérieure et le petit trochanter. Dans les autres cas, est annexé au fragment trochantérien postérieur un des segments osseux sulrants : Jamelle cervicale, lamelle diaphvsaire, crête intertrochantérienne postérieure.