PREUVES ANATOMO-PATHOLOGIQUES
À. Musée DuPUYTREN. — Parmi les six exemples de fractures spiroïdes sous-trochantériennes que renferme le musée Dupuytren, n° 164 à, 175 b, 165 c, 165 d, 165 e, 165 f, et que nous avons examinées attentivement, nous en voyons trois chez lesquelles le fragment supérieur présente des lésions non signalées dans le Catalogue du musée, et cependant très intéressantes au point de vue étiologique.
1° Price 165 b. — On remarque une légère fissure qui commence au niveau de la partie inférieure du mamelon
crural et qui va se terminer sur le pourtour céphalique M. 21
après avoir parcouru la face postérieure du col de bas en haut et de dehors en dedans.
20 Pièce 165 d, — On constate l'existence d'une fissure semi-lunaire, contournant la partie inférieure du mamelon crural. Une autre fissure longe la face postérieure du col. |
3° Prèce 169 f. — Il existe sur le grand trochanter, deux fissures, l’une transversale passant à 5 millim. en dehors de l’interstice du bord supérieur de l’apophyse, elle est longue de 2? centim.
L'autre fissure part du bord supérieur du grand trochanter, à l'union de son tiers postérieur avec ses deux tiers antérieurs, intéresse verticalement la face externe de l’apophyse, à sa partie supérieure, et se termine sur la crête du moyen fessier.
Or, que démontrent ces lésions ? Elles font voir que la région trochantérienne à été atteinte par un traumatisme ; leur siège (partie postérieure de la face externe du grand trochanter) dénote clairement que la cause qui les a engendrées est ou une chute sur la fesse, ou une violence extérieure quelconque appliquée au niveau du mamelon crural.
La connaïssance de ces faits nous conduit à admettre, -sans crainte d'être contesté, que la violence qui à produit ces lésions trochantériennes, a sollicité, en même temps, l'extrémité fémorale à se porter en avant et en dedans. La torsion de dehors en dedans ainsi exécutée par l'extrémité supérieure du fémur, sous l'influence d’une chute sur la fesse (par exemple), est la cause évidente, unique, de chacune de ces trois fractures spiroïdes sous-trochantériennes.
Que l’on examine plus attentivement les lésions traumatiques, que l’on cherche bien à se rendre compte des séries de mouvements que le blessé a exécutés au moment de l'accident, et l’on verra, nous en sommes sûr, que la chute sur la hanche mérite d'occuper le premier rang parmi les causes déterminantes de la fracture spiroide sous-trochantérienne !
B. PIÈCE PERSONNELLE. — Le sujet que nous avons soumis à l'expérience n° 43. est demeuré durant 18 mois, confiné au lit dans la position suivante : demi-assise, membres inférieurs étendus, légèrement écartés du plan médian, en rotation en dehors. Cette situation est tout à fait analogué à celle que présente un individu qui est tombé sur la fesse, après avoir glissé sur le parquet, sur la glace, ou sur le trottoir.
Or, quelle est dans ce dernier cas, la région qui a porté sur le plan résistant ? Les lésions que l’on observe sur le squelette de la hanche du n° 43 vont nous l’apprendre. Ces lésions, effet de la pression du décubitus, portent sur le mamelon crural, la moitié postérieure de la face externe du grand trochanter, la crête intertrochantérienne postérieure et même sur le petit trochanter. Toutes ces diverses parties osseuses sont aplaties de façon à constituer une large surface plane. C’est au niveau du mamelon crural qu'il y à eu le maximum de pression, c'est-à-dire au niveau du lieu d'élection traumatique des fractures spiroïdes sous-trochantériennes. D'où il suitquela chute sur la fesse est favorable à la production delafracturespiroïde sous-trochantérienne.