CHAPITRE PREMIER
Traumatisme expérimental sur la région trochantérienne. Aperçu historique.
Jezierski (1835). — Jezierski est le premier qui étudie expérimentalement le traumatisme trochantérien.
La partie postérieure du grand trochanter forme toujours un seul fragment, lequel est sollicité à se porter en bas, en arrière et en dedans; il coiffe parfois la face postérieure du col.
Le fémur et la partie antérieure du grand trochanter constituent toujours un même fragment. Il considère comme rare la fracture du col à sa base. (Il veut, sans doute, parler de la fracture initiale du col.)
Brun (1841). — Brun expérimente sur plus de trente sujets. La cause la plus fréquente de la fracture cervicale est la chute sur le grand trochanter. Il existe deux sortes de fractures : l’extra-capsulaire (la plus commune) et
Jl'inéra-capsulaire, ou extra et intra-articulaires.
La fracture est rarement limitée à la base du col; elle s'étend souvent soit à la « portion trochantérienne du
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fémur », soit aux trochanters, soit au col lui-même. Quand le choc est très intense, le trochanter peut-être détaché de sa base. (Nous avons obtenu, parfois, ce résultat, à la suite d’un traumatisme léger.) Comme Jeziersky et Bonnet, il ne peut produire la fracture du col, à sa partie moyenne, en frappant sur le grand trochanter.
Il frappe sur le genou, sur le pied et sur l'extrémité céphalique de fémurs détachés : il n’observe point de fracture du col.
Rodet (1844).— Expérimentation.— La thèse de Rodet est, à Juste titre, considérée comme un ouvrage des plus remarquables. L’expérimentation est conduite d’une façon très rationnelle.
1° Grand trochanter. — Le grand trochanter « est presque toujours endommagé par la fracture ».
Dans un assez bon nombre de cas, le bord postérieur du trochanter forme un fragment séparé, comprenant ou non le petit trochanter.
Le grand trochanter, étant enveloppé de tissu fibreux, paraît souvent intact alors qu’il est divisé en plusieurs fragments maintenus en rapport les uns avec les autres, grâce à ce tissu fibreux très résistant.
(Nous avons été, maintes fois, témoin de ce fait.)
2° Col. — Loi : « En général, quand on connaît le sens dans lequel la violence à agi sur le col du fémur, on peut prédire la situation et la direction de la fracture qui en a été le résultat. »
Ainsi :
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1° Chute sur le genou ou sur le pied : fracture, toujours sans pénétration, intra-capsulaire et oblique.
2° Chute sur la partie antérieure du grand trochanter : fracture transversale, non pénétrante, généralement intra-capsulaire.
3° Chute sur la partie postérieure du grand trochanter: fracture du col, près de sa base, fragment, en partie extra, en partie intra-capsulaire et souvent sans pénétration.
4° Chute sur la face externe du grand trochanter : fracture toujours pénétrante et presque toujours entièrement extra-capsulaire.
Ces considérationsdevaient avoir, à l’époque, un grand intérêt. En effet, il y a 50 ans, les uns admettaient, avec À. Cooper, la plus grande fréquence des fractures intracapsulaires; les autres (Bonnet et ses élèves, Jezierski, Brun, Rodet) démontraient que les extra-capsulaires étaient plus fréquentes. Or, qui disait fracture intracapsulaire, reconnaissait une fracture non susceptible de consolidation, et, par conséquent, inutile d'être traitée. Au contraire, la fracture extra-capsulaire, susceptible de consolidation, devait être soumise au traitement (réduction, immobilisation). La thérapeutique découlait directement du diagnostic. Les signes à l’aide desquels il importait de faire le diagnostic différentiel, Rodet les a demandés à l’expérimentation. De nos jours, l'indication thérapeutique est bien plus dans l’état général du sujet que dans son élat local. Actuellement, ce qui nous paraît le plus intéressant dans le travail de Rodet, ce n'est pas la partie expérimentale, mais bien la partie anatomique.
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Rodet a le mérite d'exposer clairement la disposition architecturale du col fémoral; il décrit, le premier, dans l'épaisseur du tissu spongieux du col, une lame compacte qu'il appelle lame sous-trochantinienne et qui semble avoir injustement échappé à l'attention des au. teurs étrangers et de bon nombre d'auteurs français (Voir page 49, exp. n° 10). L
Streubel (1847). — Il est frappé de la rareté de la fracture du col chez l'adulte jeune, rareté très grande si on la compare avec les nombreux traumatismes qui atteignent la hanche (Lardy).
Première série de recherches (6 cadavres de 8 à 42 ans). Il frappe avec toute la force possible sur la base du grand trochanter, à l’aide du dos d’une lourde hache et à plusieurs reprises, il n'obtient aucune fracture du col.
Deuxième série de recherches (3 cadavres, âge : 54, 60, 13). Choc sur le grand trochanter : fracture sous-trochantérienne (qu'il ne fait que mentionner, dont il d'indique pas les caractères), fracture transversale du col vers le milieu ; fracture du col avec pénétration du col dans le grand trochanter.
Conclusions de Streubel :
1° Le col du fémur n'offre, à l’état normal, tant par sa forme et sa position que par son architecture, aucune prédisposition aux fractures.
2° Par résorption interstitielle, par atrophie sénile, le col du fémur se trouve, dans un âge avancé, singulièrement modifié dans toute son architecture, parfois même