OBSERVATIONS
Observation 1. — Le nommé V.., facteur, âgé de 29 ans, vient consulter, le 3 avril, pour une plaque ovalaire siégeant à la région inguinale droite, qui existe depuis une vingtaine de jours et qui grandit lentement. Depuis une huitaine de jours, il est apparu des médaillons de la dimension d’une pièce de un franc, disséminés sur la totalité du corps.
La plaque inguinale initiale se présente comme une plaque de parakératose, c’est-à-dire comme une lésion de couleur rouge brunâtre un peu cuivrée, recouverte de squames minces et peu abondantes, d'apparence craquelée, à contour rosé, mais dont le centre est aussi coloré que la périphérie. Ces divers caractères nous font porter le diagnostic de parakératose et non celui de plaque initiale de pityriasis rosé. ;
Cependant il existe, sur le tronc et les membres, une série d'éléments, également en médaillons, qui sont survenus très postérieurement à l’apparition de cette plaque, longtemps isolée à la façon d’une plaque maîtresse de pityriasis rosé. Entre ces médaillons, il existe, sur le tronc, de nombreuses papules vésiculo-œdémateuses de la dimension d’une tête d’épingle, rouges, dont quelques-unes à tendance purpurique et d’autres à desquamation vésiculeuse périphérique. Les médaillons secondaires, d’ailleurs pas extrêmement nombreux, ont eux aussi, pour la plupart, l'aspect de lésions de parakératose. Ce sont, en effet, des éruptions très largement suintantes, avec soulèvement épidermique périphérique, ou bien des éruptions sèches. C’est sur les jambes qu’on trouve les médaillons érosifs les plus nombreux, surtout à la face externe, ce qui est sans doute en rapport avec le traumatisme du pantalon, le malade étant presque constamment debout.
A côté de ces médaillons parakératosiques et érosifs, on en trouve quelques-uns qui ont l’aspect typique des médaillons du pityriasis rosé, c’est-à-dire centre plissé, un peu jaunâtre, pourtour .érythémateux. Il existe, en même temps, un léger début de dysidrose.