‹ Contribution à l'étude du trisyndrome de MilianChapitre 12 sur 33 · SE · texte numérisé non relu

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Le malade, refusant d’entrer à l'hôpital, se soigne chez lui en venant nous consulter de temps à autre.

ne Or, le 12 avril, l’affection initiale s’est fortement compliquée. : . La dysidrose est devenue considérable, avec soulèvement phlycténulaire de la paume des mains, de la face dorsale et de la face laté- | -rale des doigts. Les phlyctènes des mains sont suppurées. Le dos Fe des mains est rouge avec desquamation vésiculeuse en îlots ou polycyclique. Les membres supérieurs sont gonflés avec rougeur scarÿ latiniforme, mais nombreux espaces de peau saine avec desqua- 4 mation vésiculeuse ou polycyclique.

Sur le tronc, on trouve une même rougeur rosée suivant les lignes de la peau, qui n’est pas encore en nappes confluentes, sauf la partie postérieure des aisselles, la partie supérieure des fesses et des cuisses. À la face, il y a une vive rougeur avec gonflement des paupières et fine desquamation pityriasique. Le tronc, le menton et la pointe du nez sont indemnes. La plaque initiale du pli inguinal droit a grandi : elle a 13 cm sur 6 cm de hauteur. Elle est rouge vif, eczématiforme et est recouverte de croûtes impétigineuses. Les ganglions inguinaux sont volumineux, ainsi que les : ganglions épitrochléens et cervicaux postérieurs. Les ganglions axillaires sont du volume d’une grosse noisette, surtout depuis trois ou quatre jours. Malgré cela, la langue est humide, normale. Il n’y a pas de rougeur de la voûte palatine.

La température était, le 11 au soir, de 38°2, alors que, les jours précédents, elle était de 37°2. Le malade raconte qu'il a, de temps en temps, des petits frissons. L’appétit est normal, les selles régulières.

Le 25 avril, éruption est éteinte. Il n’y a plus de rougeur sur la totalité du corps, mais il y a partout une desquamation, vésiculeuse ou lamellaire sur les membres et le tronc, pityriasique aux sourcils et à la moustache, en larges lambeaux à la paume des mains. La plaque inguinale initiale rouge violacée pityriasique est encore un peu excoriée aux plis. Il existe encore un peu d’œdème des paupières.

. On trouve des abcès tubéreux dans chaque aisselle. Les ganglions inguinaux ont diminué de volume. La paume et le dos des mains restent rouges, mais non inflammatoires.

Le 28 avril, les abcès tubéreux persistent et il y a une grosse

plaque croûteuse de pyodermite au creux lité i É un ontnne pu poplité droit. La desqua

Le 3 mai, guérison à peu près complète des abcès tubéreux. La

rot

plaque inguinale persiste, de coloration brune avec dilatations capillaires. La desquamation persiste à la face.

Au cuir chevelu, il y a un pityriasis à plaques très blanches, couvrant la totalité du crâne. Ces plaques épaisses et abondantes s’enlèvent avec les cheveux, comme dans la teigne amiantacée, mais il y a sous elles un léger suintement du cuir chevelu.

Le 17 mai, grâce à l’application de pommade à l’oxyde jaune

de mercure, le pityriasis gras du cuir chevelu (porrigo decalvans

d’Alibert) est en diminution. La plaque inguinale droite reste toujours un peu violacée et pityriasique. Les lésions eczématiformes des creux poplités persistent.

Ce malade est revenu dans le courant de juin, conservant toujours une certaine desquamation pityriasique générale, surtout à la face et au cuir chevelu, où les cheveux tombent notablement.

Le 5 mai, l’examen microscopique direct des squames a montré des staphylocoques et des streptocoques, ceux-ci étant formés seule-

ment de quatre éléments. La culture en bouillon des squames du

tronc a montré des streptocoques en chaînettes.

Les cultures en gélose sucrée faites en partant de diverses régions et particulièrement du cuir chevelu, n’ont pas montré de champignons.

Le pus prélevé par ponction d’un abcès tubéreux de l’aisselle droite a montré du staphylocoque doré.

Observation 11. — La nommée T... Lucienne, âgée de 17 ans, entre, salle Henri IV, pour une éruption datant d’une dizaine de jours.

Cette éruption consiste surtout en des croûtes jaunes, mellicériques, occupant la totalité des deux joues et une certaine partie du nez, en même temps qu’il existe une certaine tuméfaction de ces régions. Ces croûtes jaunes sont mêlées de quelques bulles d’impétigo du volume d’un grain de millet en moyenne. Il en existe, d’ailleurs, un certain nombre qui sont intactes et isolées à la périphérie de la plaque; il y en a quelques-unes également adhérentes sur le front et le nez. Le pourtour de la bouche et le menton sont indemnes.

Le membre supérieur droit est, lui aussi, très touché. Il est augmenté de volume, surtout à l’avant-bras et à la main. Au voisinage du pli du coude et au niveau de celui-ci, le gonflement est à son maximum, la peau est érodée, laissant à nu le derme suintant, et l’on trouve à la périphérie de nombreuses vésico-bulles. A la main droite le gonflement est à son maximum, surtout au dos de la main

qui est occupé par d'innombrables bulles de la dimension d’une tête d’épingle à une grosse lentille, accompagnées d’une certaine rougeur de la peau. Sur la face latérale des doigts, il existe une quantité innombrable de vésicules profondes dysidrosiformes, et l’ensemble de la main est tout à fait celui d’une dysidrose aigué; la main gauche a le même aspect moins accentué, de même que le membre supérieur gauche présente au pli du coude des lésions érosives ana- Jogues à celles du côté opposé, mais beaucoup moins accentuées. Sur le tronc il existe une série de taches rougeàtres en médaillon, un peu analogues aux médaillons du pityriasis rosé de Gibert, mais de coloration rouge brunâtre avec une légère desquamation grasse à leur surface. Sur certains de ces éléments, il existe une vésico-bulle centrale affaissée, donnant l’impression .de l’érythème iris.

Aux membres inférieurs, il existe des papulo-vésicules rougeàtres, surtout nombreuses à la région malléolaire, au dos du pied, à la face antérieure des genoux. Il existe peu de vésicules.

Les divers appareils (cœur, poumons, système nerveux) sont normaux. La séroréaction de Bordet-Wassermann est négative à l’entrée. Il n’y a ni sucre, ni albumine dans les urines.

Il existe un léger mouvement fébrile aux environs de 37°4.

. Le 24 juin, soit dix jours après l’entrée de la malade, l’éruption du tronc s’est très étendue; sur le dos, une rougeur diffuse avec petits intervalles de peau saine et qui rappelle son origine en « taches de roséole ». Cette rougeur est surmontée, la plupart du temps, d’une multitude de pustules et, en d’autres points, d’une desquamation grasse. Aux fesses, il existe une rougeur diffuse avec quelques petits points de desquamation vésiculeuse. Aux membres inférieurs il existe une rougeur diffuse, cyanotique avec médaillons d’aspect analogue à celui du dos. Aux membres supérieurs, le gonflement persiste toujours très violent, avec suintement comme dans lPeczéma.

Les mains desquament par lambeaux et montrent un certain état eczématiforme du dos de la main. La face desquame en squames grasses et lamelleuses, il existe des médaillons rouge sombre sur le fond jaunâtre de la peau comme dans la parakératose à forme de pityriasis rosé de Gibert. x

Le cuir chevelu montre, également, des squames grasses. L’éruption n’est pas prurigineuse.

Le 19 juin, l'équilibre leucocytaire a donné les chiffres suivants :

Polynucléaires ....., stores ENTRE MRC 85 Moyens mononucléaires :........ do picle SNS Lymphocytes anse ere RAI RUE 0 EOSIMopRLES ET PMR er ie des RE

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Les jours suivants l’éruption ne fait que s’accentuer, et au lieu de médaillons séparés elle devient plus confluente en même temps que la fièvre s'élève, et un jour même, le 25 juin, elle atteint 39°4 le soir.

Le 27, l’éruption est, pour ainsi dire, généralisée sous forme d’un érythème où l’on distingue encore quelques médaillons séborrhéiformes et où l’on trouve, de place en place, des croûtes mellicériques. La malade, malgré l'extension de l’éruption, sort de l’hôpital sur sa demande. Notons, enfin, que la malade qui pesait 49 kg. 200 à son entrée, pèse encore 49 kg. 200 à la date du 22.

Cette jeune fille était entrée le 8 avril à l’hôpital Broca pour des pertes vulvaires jaunes abondantes, des boutons au visage, analogues à ceux pour lesquels elle était venue ici, et une éruption vulvaire. Elle fut mise au traitement par le 914 et reçut successivement, en injections intraveineuses : 0,15 le 8 avril; 0,30 le 15; 0,45 le 22; 0,60 le 29; 0,60 le 6 mai; 0,75 le 13 mai; 0,75 le 20 et 0,90 le 29 mai.

A la deuxième injection de 0,75, le bras enfla considérablement, une partie de l'injection ayant été, par inadvertance, répandue dans lie tissu cellulaire sous-cutané, et non dans la veine. La dernière injection de 0,90 se passa sans incident. C’est huit jours après celle-ci que l’éruption se déclara au bras et à la face, celle-ci ayant été atteinte, d’ailleurs, à l’entrée de la malade à l'hôpital, c’est-àdire que l’impétigo existait avant le traitement par le 914.

Cliniquement : Cette jeune fille a donc présenté un impétigo de la face, une éruption dysidrosiforme des mains, une éruption en médaillons analogue au pityriasis rosé et en dernier lieu, un érythème diffus surmonté, par maints endroits, de vésicules assez grosses et de croûtes mellicériques.

La succession de ces accidents a été la suivante : impétigo de la face, œdème et éruption dysidrosiforme des mains, éruption généralisée en médaillons, érythème diffus, en même temps que peu à peu et parallèlement la température s’élevait pour atteindre 39°4 le 25 juin.

… I est donc logique de penser que ces diverses éruptions qui ont

été précédées d’impétigo, sont dues à la même cause, c’est-à-dire

au Sion sans doute déclanché par l’action biotropique u :

Ogs. II. — Main avec vésicules et bulles dysidrosiques (fig. 2). \

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