RENE EVE
A la figure, il existe un certain degré d’ œdème autour de lésions parakératosiques; à la partie supérieure et inférieure du visage, il y a des croûtes d’aspect mellicérique; en outre, il y a quelques vésicules.
Aux avant-bras, les lésions sont à peu près analogues, mais elles ne s’accompagnent pas d’œdème; elles sont plus sèches et siègent au niveau d'anciennes brûlures.
A la main gauche, sur les faces latérales des doigts, on note de nombreuses vésicules profondément enchâssées dans le derme.
Sur le tronc, l’éruption est érythémateuse, formée de macules de la dimension d’une grosse lentille; dans le dos, les éléments sont plus importants et disposés suivant les plis de la peau.
Il existe quelques médaillons particulièrement nets.
Enfin, on est frappé par l’existence de kératose pilaire et par la présence de papules de prurigo largement disséminées.
A la face antérieure des cuisses, les macules confluent : par places, constituant des nappes érythémato-ædémateuses que l’on rencontre également aux membres supérieurs.
A la face antérieure de la jambe gauche, existe un placard d’eczéma ancien. |
Ce sont ces lésions qui remontent à un mois et ce n’est que depuis cinq jours que les autres manifestations cutanées sont survenues.
Les antécédents personnels et héréditaires de cette malade ne révèlent rien d’anormal.
L'examen général et viscéral ne montre aucun signe pathologique. Il n’y a ni sucre ni albumine dans les urines.
. Quinze jours plus tard, persistance d’une rougeur diffuse du . visage, surmontée d’une fine desquamation.
Traitée par le sérum antistreptococcique, les lésions s’amendent extrêmement rapidement en moins de dix jours et il per-
siste seulement quelques lésions eczématiformes des avant-bras. ÿ
Observation VII. — Le nommé M. Louis, livreur-monteur, âgé de 37 ans, vient pour une éruption généralisée ayant débuté dans la nuit du 26 au 27 janvier. Il a été réveillé, cette nuit-là, par une démangeaison du coude droit, qui s ‘accompagna de quelques « boutons ». Pendant deux jours, l'affection s’en tint à cette seule manifestation, puis, dans la nuit du 28 au 29, l’éruption se généralisa
cote
à la totalité du corps et de la figure. Il consulta alors un médecin, qui lé mit au régime lacto-végétarien. à l’eau d’Alibour et aux lotions d’eau de guimauve. | Lorsqu'il se présente à l’hôpital Saint-Louis, le 2 février, il a, sur le thorax et l'abdomen, une quantité considérable de vésicules assez volumineuses, de la dimension d’une grosse tête d’épingle, avec une légère bordure rosée. Ces vésicules sont la plupart du temps isolées, et elles sont distribuées suivant les lignes de la eau. Un certein nombre se groupe en petites constellations. Sur es fesses, les cuisses, les membres inférieurs, le fourreau de la verge, il y a également quelques vésicules, mais beaucoup moins confluentes. On trouve, en outre, disséminés parmi ces vésicules, quelques médaillons de la dimension d’une pièce de cinquante centimes environ, rosés, à bords un peu irréguliers, légèrement squameux, dont certains présentent une vésicule à leur centre. Il y en a une cinquantaine sur le tronc et la racine des bras.
Aux membres supérieurs, aux coudes, il existe une vaste nappe
rouge, eczématiforme, à contours un peu irréguliers et-émiettés,
recouverte en bien des points d’une desquamation lamelleuse, un peu grasse, avec un certain gonflement de la région.
Sur le visage, il existe de nombreuses vésicules avec nombreuses croûtes mellicériques d’apparence eczématiforme. Il existe, en outre, une légère bouffissure de tout le visage.
Cette éruption est très prurigineuse.
Il existe quelques ganglions inguinaux, cruraux et axillaires un peu douloureux.
I existe, en un mot, comme caractéristiques de cette affection : de grosses vésicules, des médaillons érythémateux, légèrement squameux avec vésicule centrale, des nappes eczématiformes, légèrement spongoïdes et des surfaces à croûtes mellicériques impétiginiformes.
Cet homme ne présente rien d’anormal à la bouche, ni à la
gorge; cœur et poumons sont normaux; les réflexes rotuliens, achilléens, pupillaires, sont normaux. ent
Cet homme aurait eu, il y a quelques années, une lésion pul-
monaire droite. Il n’a jamais eu d’antécédents cutanés et c’est là sa première éruption. À
Sa femine est bien portante. Il a une fille de onze ans, bien portante. Sa mère est internée. Il a un frère bien portant.
.. Le malade est mis à la théobromine à la dose de 1 gr. 50 per jour en trois cachets de 90 cgr., sans traitement local. MEET
Le lendemain, 3 février, le malade se plaint d’avoir eu, durant la nuit, un prurit d’une violence inouïe. « C'était du feu, disait-il, je ne pouvais dormir ».
Les éléments éruptifs ne paraissent pas aussi nombreux que la veille, mais la plupart des vésicules se sont allongées en même temps que la zone érythémateuse qui les bordaïit, en petits médail- Jlons dirigés suivant les lignes de la peau; ces médaillons ont 1 %n à 1 %n 1/2 de long sur 5 "# de large; ils sont roses et recouverts d’une multitude de fines pustulettes qu’il faut examiner de bien près pour les discerner exactement. Certains médaillons ont une plus grosse vésicule centrale qui forme croûtelle par endroits.
Les oreilles sont rouges et gonflées et possèdent d'assez nombreuses vésicules. La nuque est très prise et couverte d’éléments très confluents.
Le 4 février, les lésions des coudes et des avant-bras se sont étendues, mais sont, peut-être, un peu moins inflammatoires d’apparence. Le dos des mains est très œdémateux, couvert de mul-
tiples vésicules.
Sur le tronc, les médaillons à pustulettes très fines sont devenus plus nombreux. Lé visage est toujours dans le même état, couvert de croûtelles impétiginiformes.
Les oreilles, sont toujours rouges et gonflées.
Le 5 février, le prurit est toujours violent. L’éruption persiste à peu près identique, mais il existe de nombreuses bulles dysidrosiformes.
Les examens du sang ont donné les résultats suivants, le 6 février :
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Le 8 février, les mains, surtout la gauche, sont très œdématiées. Il existe, en outre, de nombreuses bulles purulentes d’impétigo sur le dos de chacune d’elles.
L’éruption dysidrosiforme des mains est très accentuée.
Les médaillons du tronc sont couverts de croûtes mellicériques et de fines vésiculo-pustules.
PT en L]
La rougeur des bras s'éteint légèrement.
Le prurit a notab'ement diminué. fe :
Le 11 février, bien qu’il n’ait été fait aucun traitement local, l'éruption est en voie d'amélioration; les médaillons sont presque entièrement effacés, mais laissent partout un reliquat de croûtes mellicériques. Le visage blanchit, les avant-bras sont dégonflés; par contre, les mains sont toujours œdémzteuses sur le dos, remplies de bulles puru!entes d’impétigo et de bul'es dysidrosiformes sur les faces latérales des doigts. Il semble, cependant, que les réactions inflammatoires sont en diminution.
Le 13 février, les avant-bras suintent abondamment, surtout le gauche et ont toute leur surface érodée eczématiforme. Les mains sont remplies ce bulles purulentes et de ,décollements épidermiques. Sur le tronc, il existe encore des croûtes et des rougeurs en médaillons, ainsi que quelques fines croûtelles analogues à celle du prurigo et un certain degré d'état craquelé de la peau. NE
Etant données les érosions, les bulles purulentes, nous engageons ce malade à entrer à l’hôpital pour y prendre des bains de permangan:te de potasse. Les lésions persistent surtout aux oreilles rouges, œdématiées, recouvertes de croûtes mellicériques, et aux avant-bras. Partout ailleurs, ies lésions sont en régression.
La température oscille entre 37°2 et 38°.
Les bains de permanganate et les applications aux oreilles ont considérablement soulagé le malade, qui, le 21 février, s’acheminait vers la guérison. Il est mis au giycérolé d’amidon pour réparer‘les craquelures de la peau. Mais ce produit amène rapidement des lésions folliculaires et pustuleuses au tronc et sur les cuisses.
Le glycérolé d’amidon est supprimé et remplacé par la pâte de zinc qui agit bien et répare la peau. Des abcès tubéreux survien-. nent à l’aisselle droite le 1* mars. Enfin, le malade sort de l’hôpital le 13 mars, complètement guéri.
Observation VIII. — Le nommé Léon C.., marchand des quatresaisons, âgé de 32 ans, entre le 11 janvier à l’hôpital Saint-Louis, pour une éruption généralisée ayant commencé huit jours auparavant. Il était antérieurement bien portant, et présentait seulement à la face interne de l’avant-bras droit « une plaque d’eczéma ».
L'éruption commença sur la face, sous forme de petites papules prurigineuses, suintantes. Le 8 janvier, apparut sur le visage également, un œdème très marqué autour des yeux, avec une bouffissure telle que le malade avait peine à écarter les paupières et à voir
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de la face (fig. 4).
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