‹ Contribution à l'étude du tympanisme dans les principales maladies du poumonChapitre 5 sur 27 · MT T · texte numérisé non relu

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dans ce cas, à travers le liquide et malgré la compression que celui-ci fait subir au tissu pulmonaire sous-jacent, c'est la colonne d'air contenue dans la trachée et les grosses branches qui continuera malgré lout de vibrer, et ce sont ces seules vibraticns qui arriveront à l'oreille sous la forme d'un son tympanique, non pas semblable au son tympanique ordinaire, mais revétu d’un timbre spécial de pot fèlé, ou mieux métallique.

La broncho-pneumonie a, elle aussi, assez souvent le tympanisme dans son appareil symptomatologique.

À ce propos, qu'il nous soit permis de faire remarquer combien les différentes parties d’un organe sont solidaires entre elles, et avec quelle facilité la lésion de l’une d’elles retentit à peu près toujours sur les autres restées saines. Qu’une portion d’un organe soit malade, aussitôt la fonction qui lui est dévolue est menacée dans son intégrité, sinon dans son existence. Qu’un poumon soit ou hépatisé dans un de ses lobes, ou creusé de cavités tuberculeuses, aussitôt l’hématose diminue et la respiration, qui est l’acte nécessaire à cette hématose, devient pathologique, accélérée,.entrecoupée, douloureuse, etc. Mais aussitôt, en vertu de cette solidarité, les portions saines vont se charger de suppléer les autres et fournir un travail double, pour sauver la fonction menacée. Ce surcroît d'activité, ce fonctionnement exagéré, ne va pas sans amener bientôt un dérangement anatomique dans l’organe. Il va bientôt s’en suivre une usure manifeste dans les portions ainsi surmenées, et de la sorte ce qui, au début, était fait pour combattre le mal, en amène un nouveau. Les alvéoles pulmonaires qui s'étaient chargés de ce travail, succombent à la tache ; leur paroi se modifie, se détruit peu à peu, leur cavité s'agrandit : ils sont devenus emphysémateux.

La broncho-pneumonie, on le sait, est caractérisée par l’inflammation disséminée, irrégulière, de certains lobules ou groupes

. de lobules pulmonaires. On y trouve, comme anatomie patho-

logique, les produits ordinaires de la bronchite et la pneumonie : exsudat, catarrhe, desquamation épithéliale, muco-pus, fibrine, etc. Puis, à côté de ces lésions communes et banales, un état particulier de certains lobules, appelé atélectasie ou état fœtal (Legendre et Bailly). «Le tissu pulmonaire, dans cet état, est privé d'air et ne crépite plus à la pression. Il est charnu, compact, mais souple, flasque, d’une pesanteur spécifique plus grande que celle de l’eau, ce qui le fait plonger au fond de ce liquide. L'état fœtal siège le plus ordinairement à la périphérie de l'organe, là où il a peu d'épaisseur, dans les appendices du bord tranchant, à la languette du bord supérieur gauche: au pourtour de la base. C'est elle qui a élé décrite sous le nom de pneumonie marginale. Ce qui caractérise l’état fœtal, c’est le défaut complet et absolu d'air dans les alvéoles. Que la raison de ce collapsus pulmonaire, suivant l’expression de Gairdner, soit le jeu du bouchon muco-purulent qui obture la bronchiole (Gairdner), ou bien qu’il faille invoquer une résorption de l'air par le lobule lui-même, il n’en reste pas moins établi que l’alvéole est entièrement privé d’air.

A côlé de ces régions ainsi affaissées, atélectasiées, on observe d'autres parties d'apparence absolument différente. Anatomiquement, le poumon est distendu, d’une teinte gris rose. Il a perdu son élasticité, il est très léger et: donne à la palpation une sensation de mollesse toute spéciale. C’est l'emphysème vésiculaire. I occupe surtout les parties du poumon restées saines, les bords antérieurs, les sommets, la périphérie de noyaux isolés de broncho-pneumonie.

La distension des alvéoles est due aux efforts violents et répétés qui accompagnent la respiration. Elle est d'autant plus marquée que les lésions pulmonaires et bronchiques diminuent davantage le champ accessible à l'air. Le terme d'emphysème supplémentaire compensateur est employé pour rappeler ce mécanisme.

Aussi, à côté des foyers disséminés de matité qui dévoilent les lobules hépatisés sous-jacents, trouve-t-on, disséminés comme eux et sans aucune régularité, de nombreux points, plus grands souvent comme étendue, où la résonnance pulmonaire esl devenue exagéréeet tympanique, expression sensible des noyaux ou territoires emphysémateux sous-jacents.

Nous voici maintenant arrivé à la maladie, qui présente au plus haut degré et dans sa plus grande netteté, le phénomène que nous étudions; nous voulons dire l'emphysème chronique du poumon, suite de bronchite chronique ou d'asthme. Ici le tissu pulmonaire nous montre, tant au point de vue macroscopique que microscopique, un ensemble de lésions nettement caractérisées et caractéristiques.Il subit une raréfaction intense, résultat d’une distension longtemps soutenue, laquelle a commencé par altérer l'élément propre, la cellule épithéliale et fini par amener une résorption de la paroi alvéolaire. On voit ainsi, sous l'influence de ce processus destructeur, disparaître une assez grande quantité de tissu pulmonaire. Après l’allération microscopique de la paroi alvéolaire, on voit suivre rapidement une modification sensible à l'œil nu, caractérisée par la suppression d’une quantité considérable de cloisons et la communication nouvelle et défianitive de plusieurs lobules, de plusieurs départements pulmopaires entre eux. Le poumon devient ainsi peu à peu dans ces régions, envahies par le processus ulcératif, un organe purement aérien, creux pour ainsi dire.On conçoit que les modifications du son pulmonaire ne tardent pas à s’ensuivre ; sa résonnuance normale disparait en effet de bonne heure et insensiblement, peu à peu, fait place au son tympanique. L’étendue de ce dernier est évidemment en rapport avec l'étendue des parties raréfiées ou détruites, et son intensité en rapport avec le degré plus où moins avancé de raréfaction. Mais l'emphysème ne siège pas indifféremment dans toutes les régions du poumon. C'est

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Surtout aux sommets, sous les clavicules et au-dessus mème et aux bords antérieurs qu'il se manifeste le plus souvent et de la façon la plus claire.

Quelle peut être ici la raison de ce tympanisme, sinon la présence d’une plus grande quantité d'air renfermée sous le même volume ? Le tissu pulmonaire ayant disparu, l'air atmosphérique seul à pu le remplacer, et ce sont les vibrations imprimées à celte masse aérienne, plus considérable qu'à l’état ordinaire, qui produisent la résonnance exagérée constatée à la percussion.

Ainsi donc parce qu’il ya plus d'air, il y a plus de sonorité. Mais cette cause et cet effet iront-ils toujours croissant d’une façon parallèle ? Non, évidemment, car si l'air y devient trop abondant, il acquerra aussi un excès de tension, et cet excès de tension, loin de contribuer à augmenter la résonnance, ne tardera pas à l’annihiler et à la détruire, pour faire naître une sonorité toute contraire : la matité. De fait, on constate souvent chez les emphysémateux la matité soit étendue à tout le poumon distendu, soit localisée en certains points et voisine du tympanisme.

À son tour, la tuberculose pulmonaire chronique nous offre assez souvent des exemples de tympanisme. C'est à la troisième période, quand le tissu pulmonaire et tuberculeux liquéfié a produit une ulcération, une cavité, dite caverne, qui va résonner pour son compte, indépendamment du reste, comme un organe creux.Il faut, pour que la caverne donne à la percussion un son tympanique, qu’il n’y ait point d’adhérences pleurales à son niveau; de même si le tissu scléreux, propre à la tuberculose, vient former une enveloppe très dure et très large autour de l'excavation, le phénomènen'aura pas lieu. Quand la caverne à un certain volume, la grosseur d’une noix par exemple, quand elle est superficielle, sans adhérences pleurales dans son voisinage et vide de toute sécrétion, elle donne alors naissance à un tympanisme bien net, ayant ses caractèros propres. Il est susceptible de paraître et de disparaitre successivement, suivant que

AT ie l'excavation est vide, ou pleine de liquide. Il réapparaît quand celui-ci, chassé par l'expectoration ou résorbé, cède la place à l’air atmosphérique. Il s'élève quand la bouche est ouverte et s'abaisse quand la bouche est fermée (signe de Wintrich). On sait l'explication qui en a été donnée et qui consiste à comparer la bouche à une boîte de résonnance qui renforcerait surtout les sons qui se rapprochent le plus de sa tonalilé propre. Or, suivant qu'elle est fermée ou ouverte, elle est accordée pour des tons différents : ouverte, elle s'accorde avec les tons aigus, fermée elle s'accorde avec les tons graves. Autre caractère : Si le liquide contenu dans la caverne vient à boucher l’orifice de communication, le signe de Wintrich disparaît. Or, c'est la position du malade, seule, qui amène ainsi le liquide à l’orifice ou l'en chasse. De plus et enfin (signe de Gérardt), la hauteur du son tympanique varie suivant l’attitude du malade, qui par ses mouvements, déplace le liquide et change ainsi la forme de la portion de la caverne remplie d’air. On peut donc ainsi, d’une façon indirecte et grossière, se faire une idée de la forme de la caverne.

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