‹ Contribution à l'Étude du Typhus RécurrentChapitre 4 sur 16 · UND · texte numérisé non relu

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Puis, brusquement, au moment où rien ne laisse pré-

voir une rechute, la température remonte, le pouls à re : HER RTC

devient fréquent, la céphalée sévit à nouveau, tandis que

la constipation reprend son importance primitive. Cette rechute a une durée généralement moins longue : elle ne dure le plus souvent que trois à quatre jours, une deuxièmé défervescence lui succède, et tout rentre dans l’ordre à nouveau.

Nous n'avons jamais observé plus de me rechutes, mais certains auteurs en signalent un plus grand nombre : quatre à cinq accès dans certains cas. Parfois même, ces rechutes seraient très brèves, l'hyperthermie durerait à peine vingt-quatre heures, mais ici nous nous permeltrons de rester un pea sceptiques, et nous nous rallierons à l'opinion du docteur Duchamps, de Marseille, qui, avec un grand sens clinique, considère que ces accès fébriles isolés doivént être dûs à une affection hétérogène, l'accès de paludisme notamment.

= Quand doit-on dire qu'un malade qui a eu la fièvre récurrente est guéri ? Autrement dit : le spirille peut-il rester latent dans la rate, et réinfecter l'organisme au bout d’un temps indéterminé ?

Ces questions sont loin d’être tranchées, mais il semble que les récidives doivent être rares: En tout cas, aucun cas de ce genre n’a été porté à notre connaissance.

Bien entendu, cette symptomatologie que nous venons de décrire n'apparait pas loujours dans toute son intégrité. Certains auteurs ont même distingué trois formes de fièvre récurrente : la forme ordinaire, la forme bilieuse, la forme syncopale. Notre expérience ne nous permet pas d’ spi la légitimité de semblable distinction.

Avant d'aborder le ana différentiel de la question, nous croyons utile d'insister sur quelques complications particulièrement fréquentes.

Citons tout d'abord l'ictère, survenant surtout au cours

A ne ee des formes intenses, envahissant les muqueuses et les técuments. En même lemps, on peut constater un état bilicux assez grave, s'accompagnant de vomissements bilieux, tandis que les matières restent colorées mais que les urines présentent une réaction de Cela positive. Cet ictère paraït être une simple exagération du subictère normal que nous avons cité plus haut, dû à une intense destruction des hématies, destruction d'autant plus intense que la malade présentera une plus grande fragilité globulaire ou que les hemoly- &ines se trouveront dans le sang en plus grande abondance. du fait d'une virulence plus accentuée du germe.

Bertier, auquel nous nous reporlons sans cesse, car son article présente une clarté saisissante, dit :

« Gette question de l'ictère au cours de la fièvre récurrente est, à certains points de vue, encore mal éclaircie. On ne sail actuellement si la fièvre bilieuse typhoïde, que certains auteurs rattachent à la spirillose et qui ne serait pour eux qu'une fièvre récurrente avee ictère, n'est pas plutôt une maladie totalement différente et causée par un micro-organisme spécial. »

Parmi les autres complications, citons : les épistaxis qui peuvent présenter souvent un certain caractère de gravité, la congestion pulmonaire, l'hémorragie intestinale, l’albuminuerie, etc.

Mais il y a une complication que nous n'avons trouvée nulle part décrite, et que nous avons par contre observée plusieurs fois, je veux parler des douleurs articulaires. Il s'agissait, en général, de douleurs vagues, absolument semblables à des douleurs rhumatismales, envahissant tour à tour diverses articulations : cou de pied, genou, épaule, hanche, et ne cédant pas en présence du salycilate. Ces douleurs ne se manifestaient jamais pendant la

— 19 — période fébrile ct ne présentaient leur acuité que pendant la phase d'hypothermie.

Enfin; quoique nous n'ayons Jamais eu l’occasion d’en observer, citons les rapports du typhus récurrent et de la grossesse. D’après Murchison., l'avortement est la règle, et si la grossesse était près du terme, il y a toujours la mort de l'enfant.

Au contraire, dans le typhus exanthématique, dont le pronostic est pourtant bien plus grave, la grossesse suivrait son cours normalement et, s’il y avait accouchement prématuré, l'enfant survivrait.

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