‹ Contribution à l'Étude du Typhus RécurrentChapitre 5 sur 16 · DIAGNOSTIC — PRONOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC — PRONOSTIC

La fièvre récurrente frappe surtout les individus de 95 à 30 ans, et les hommes quatre fois plus que les femmes.

Au cours d'une épidémie, lorsqu'on est prévenu, le diagnostic est facile. La rechute lève les doutes. La recherche du siprille signe les résultats cliniques.

Mais il n’en est pas toujours ainsi, et personnellement nous avons commis pas mal d'erreurs au début.

Eliminons d'abord la pneumonie: Le frisson primitif, les crachats hémoptoïques (signe d’ailleurs rare) pourraient prêter à confusion. Mais les signes de l'auscultation et de la percussion lèveront les doutes.

Eliminons.la scarlatine et l'érysipèle par l’angine ou. l'éruption. la variole par la rachialgie. Due |

Le diagnostic avec la grippe n'est pas toujours aussi facile qu'il semblerait à première vue; la meilleure preuve c'est qu'un de nos malades russes, nous était arrivé avec le diagnoslic « influenza » qu'avait porté le médecin du bataillon russe. s |

Comme dans la grippe on constate un enchiffrènement, un catarrhe oculo-nasal, les conjonctives sont injectées, et bien souvent le facies est grippé. C’est surtout la marche des phénomènes qui permettra d'établir le diagnostic.

La fièvre typhoïde se distinguera par l'apparition des tâches rosées mais avant ce phénomène, .les gargouille-

ments de la fosse iliaque, le pouls dicrote et relativement lent affirmeront le diagnostic.

Le paludisme prêtera parfois à erreur. Le grand frisson brusque du début, n’est pas suivi d’une sensation de chaleur, et de la sudation intense dans la fièvre récurrente. Enfin, en général, l'accès palustre est court ct sa terminaison mettra fin à l'incertitude. Mais dans les formes paludéennes graves, dans la fièvre palustre continue, l'incertitude pourra être grande et l'examen du sang seul tranchera le diagnostic.

Il nous reste enfin, la grande cause d'erreur: le typhus exanthématique. Nous avons déjà dit en traitant l'étologie de la fièvre récurrente, que les épidémies de Lyphus récurrent et de typhus exanthématique étaienten général concomitantes. ;

. De plus, la contagion étant très grande, nous voyons donc au double point de vue thérapeutique et prophylactique toute l'importance de ce diagnostic.

Dans le typhus exanthématique, le début serait moins brutal, la rate et le foie moins hypertrophiés, le pouls moins rapide L'état ataxo-adynamique est plus inquiétant dans le typhus récurrent Par contre, le facies est identique, même langue sèche, étalée, même gencives -noirâtres, même constipation opiniâtre.

L'exanthème lève évidemment les doutes, mais quand apparaît-il ? Les classiques disent du 5° au 6° jour. Nous nous permettons de dire que ce phénomène est extrêmement variable. Nous ajouterons même, bien que ceci puisse paraître singulier, que dans tous les cas mortels de typhus exanthématique qu'il nous à été donné d’observer : « l’exanthème n’est apparu qu'après la mort ».

Nous avons cru utile d'insister sur ce point, sans

crainte de nous insurger un peu contre les théories clas-

vo siques. Pour le faire, nous avons fidèlement et simplement décrit ce que nous avons vu.

Quel sera donc le pronostic de cette affection ? Bien que variable avec les latitudes, disons tout de suite qu'il est assez bénin. En 1793, Rutty, sur 66 cas obtient 66 guérisons. La proportion est en Irlande, en 1843, de 1,20, de 1,35 à Breslau. Elle s'élève à Pétersbourg : à 1,10 et 1,20 par suite de complications pulmonaires.

En Tunisie, le docteur Coignerai note 1 décès sur 5 cas, le docteur Bienassis 1 décès sur 10 cas, Paul oo 2 décès sur 4 malades. Au Tonkin, la proportion est bien

plus élevée, peut-être à cause de l'association au paludisme ; les docteurs Gaidé, Pancot, Seguin les évaluent à 50°/,. La forme bileuse aurait donné à Sarrailhé 61°/. et les formes hémorragiques 80 °/..

Personnellement, nous n'avons noté aucun décès, et pourtant, ainsi que nous le verrons, les conditions étaient déplorables, et la médication tellement primitive qu’elle

en devenait illusoire.

Ds) Que

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