PRONOSTIC
« Mon observation personnelle, dit Sims, me permet d’affirmer qu'aucune autre maladie ne peut devenir entre deux époux la source de chagrins plus amers; mais, par contre, j'ai la satisfaction d’avouer que je ne connais non plus aucune maladie qui puisse guérir si aisément, si sûrement et si certainement. »
En dépit de cette dernière affirmation rassurante, on pent dire cependant d’une façon générale que le pronostic du vaginisme est grave, grave par les phénomènes douloureux auxquels il donne lieu, grave par les conséquences funestes qu’il présente au point de vue de la reproduction et du bonheur domestique.
Il est bien entendu que nous ne faisons allusion ici qu'aux formes sérieuses du vaginisme et non à ces formes atténuées que nous avons mentionnées dans le chapitre consacré à la symptomatologie sous le nom de vaginisme intermittent.
Le vaginisme, occasionnant, nous l’avons déjà dit, des doulenrs extrêmement vives dans toute la région du périuée, s'irradiant suivant le trajet des nerfs lombaires, pou=vant donner lieu à ces manifestations décrites par Hégar sous le nom de symptômes lombo-médullaires, interdisant parfois absolument la station verticale ou assise et contraignant, dès lors, la malade à garder, non sans souff:ances quelquefois, le lit, on n'a pas de peine à se figurer ietat de la malheureuse femme sous le coup de cette déso-
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lante maladie, pour peu que cet état se prolonge longtemps, comme Sims en a cité des exemples.
D'autre part, l’entrée du vagin étant inaccessible, l’intromission ne pouvant avoir lieu, la règle est la non fécondation, la stérilité. Bien qu’on cite quelques exemples de grossesse sans intromission, il n’en est pas moins vrai que ces faits sont rares. Du reste, la plupart des auteurs n’ont pas hésité à considérer le vaginisme comme une des causes déterminantes de la stérilité.
Cette circonstance est d'autant plus fâcheuse qu’il est relativement très rare de voir le vaginisme survivre à une grossesse, le passage de l’enfant à travers l'orifice vulvovaginal distendant selon toutes probabilités les tissus, de façon qu'il leur est ensuite impossible de se contracturer à nouveau. Dans ces circonstances, la nature opère physiologiquement une véritable dilatation forcée. Néanmoins, ce fait n’est pas constant, et non seulement le vaginisme peut apporter à l'accouchement un sérieux obstacle, mais encore il peut persister et reprendre son évolution pre= mière aussitôt la terminaison de la grossesse.
Grave encore est le pronostic du vaginisme au point de
vue de l'intervention qu’il nécessite souvent. __ Nous verrons, en effet, dans le chapitre suivant, que pour combattre cette affection si douloureuse, si tenace, si néfaste au point de vue de la reproduction, on n’a pas hésité à employer des procédés de violence, à pratiquer des opérations sanglantes.