OBSERVATION I
Vaginisme remontant à 25 ans.
Marion Sims, in thèse de Visca : Du vaginisme, Paris, 1870,
En mai 1857, dit M. Sims, je fus appelé près d’une dame âgée de 45 ans; elle s’élait mariée à 20 ans, et depuis avait été constamment malade. Les menstrues, toujours pénibles, venaient de cesser,
Elle éprouvait une grande irritabilité dans la véssie, une grande pesanteur et d’autres symptômes propres aux maladies de l'utérus. Mais, pour moi, la chose la plus remarquable dans son histoire, c'est qu’elle était restée vierge, bien qu’elle fût mariée depuis un quart de siècle. Deux ou trois ans après son mariage, son médecin découvrit un tubercule muqueux et sanguinolent sur le méat urinaire, il l'extirpa et chercha ensuite à dilater le vagin au moyen de bougies graduées, ce qui occasionna de grandes souffrances, sans amener la moindre amélioration permanente. La malade consulla les chirurgiens les plus éminents des principales villes de l'Amérique, puis visita Londres et Paris pour le même objet; mais personne ne donna une solution satisfaisante, et ne conseilla autre chose que l’emploi de bougies qui déjà avaient été expérimentées sans bénéfice.
Son système nerveux était dans un état déplorable et son impressionnabilité était telle que le plus léger bruit lui était désagréable au dernier point. Elle ne pouvait marcher que dans sa chambre, encore n'’osait-elle pas souvent risquer l’expérience et se tenait-elle la plupart du temps dans son lit où elle se livrait à des efforts intellectuels incessants.
Je tentai de faire une exploration du vagin, mais j'échouai complètement. Le plus léger toucher à l'orifice de cet organe causait
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la plus vive souffrance qui jetait le système nerveux dans une grande commotion : il se manifestait une agitation musculaire générale, le corps entier frissonnait comme dans une fièvre intermittente. Les yeux étaient hagards, la malade poussait des cris el des sanglots, les larmes roulaient sur ses joues et elle présentait en un mot la cruelle expression de la terreur et de l’agonie.
Malgré tous ces témoignages extérieurs et involontaires de souffrance physique, elle avait le courage de se tenir sur sa couche et me suppliait de ne pas discontinuer mes efforts, pour peu que j'eusse l’espérance de découvrir quelque chose de l’état inexplicable dans lequel elle se trouvait. Après avoir exercé pendant quelques moments une pression de toute ma force, je réussis à introduire le doigt dans le vagin jusqu’à la seconde articulation, mais pas plus loin. Lu résistance que rencontrait le doigt à son passage était assez grande, la contraction vaginale, assez forte pour amenñer son engourdissement, et l'examen né révéla qu’un spasme insurmontable du sphincter vaginal. Je dis franchement au mari que-je n'y connaissais rien, que je n'avais vu, entendu parler de rien de semblable, et que je ne pouvais en conséquence rien promettre. Cependant, je lui proposai de conduire sa femme à New-York, pour qu’il fut procédé à une investigation nouvelle, pendant l’état d'insensibilité. Ma proposition fut acceptée, el je priai le Dr Emmet, de l'hôpital des femmes, le professeur Van Buren et le D' Kissam, de la voir avec moi. Ces deux derniers prirent la responsabilité de l’éthérisalion.
Avant l’anesthésie, je croyais devoir encore essayer de visiter lé vagin, quand les mêmes symptômes se manifestèrent comme la première fois. Mais aussitôt que la patiente fut entièrement sous l'influence de l’éther, je trouvai, à ma grande surprise, l’orifice vaginal complètement détendu et le vaginlui-mêémedans un état normal. Il n'était pas large, mais assurément aussi développé qu’il était nécessaire, L’ulérus était renversé et une pelite excroissance polypoïde, de la grosseur d’un pois, se trouvait implantée sur le muscau de tanche.
Cette excroissance fut extirpée, non dans l'espoir d'exercer quelque influence sur j'élat particulier de Ja malade, maïs pour prévenir le dévelopnemens futur de ce produit morbide. J'émis opinion que nous avions udfaire à uns conlraction spismodique du