OBSERVATION IV
Accouchement, — Vaginisme profond. — Intervention chirurgicale, = Mort.
(Révillout. Les constricteurs du vagin : le vaginisme supérieur et le vaginisme proprement dit, in Gaz. des hôp., 1874, p. 793.)
Il y atrois ans environ, une femme jeune encore, primipare, très bien musclée, était entrée à l’'Hôtel-Dieu pour y faire ses couches.
Comme le travail se prolongeait, l’interne du service pensa qu'il y avait lieu de recourir au forceps; en conséquence, il introduisit Jes branches de l'instrument, et, paraît-il. il n’éprouva aucune difficulté pour le faire. La tête était encore au détroit supérieur. Les premières tractions furent inefficaces, et n’osant insister, le jeune opérateur crut devoir recourir aux lumières d’un accoucheur de profession. Avant de le faire appeler, il eut soin de retirer les branches du forceps.
Cet accoucheur, homme très distingué à tous égards et dont le nom fait autorité, arriva trois quarts d’heure plus tard environ: il voulut, lui aussi, terminer l'accouchement par le moyen des fers, mais quand il essaya d'introduire à son tour les branches de line
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strument, la chose.lui fut impossible; Un-peu au-dessous de l’utérus, le vagin était divisé en deux parties, pour ainsi dire, par une sorte de double bride qui s'étendait de chaque côté, d’avant en arrière, à peu près perpendiculairement à l’axe du corps.
Quelle pouvait être la nature de cette double bride? L'’accoucheur en renom jugea qu’elle devait être cicatricielle, et malgré les affirmations du jeune interne, il se refusa à admettre que l'introduction du forceps eût été possible moins d’une heure plus tôt.
Du moment que l'obstacle était considéré comme le résultat de cicatrices, la conduite à suivre était toute tracée : on ne devait pas espérer de le voir céder de lui-même, car les tissus inodulaires ne se prêtent pas à une dilatation physiologique, Le mieux était donc de recourir à l'instrument tranchant sans plus tarder.
On fit de chaque côté du vagin une longue incision parallèle à l'axe du canal et par conséquent à peu près perpendiculaire à la base des deux replis en question. L'enfant fut retiré alors sans difficulté. Trois jours après la femme mourut.
L’autopsie fut faite avec grand soin. On trouva du pus dans les sinus de l'utérus, dans les veines du petit bassin, ce qui expliquait l'issue funeste.
Mais quant à des brides cicatricielles ou autres, on n’en rencontra pas la moindre trace : le vagin était sain et tout à fait normal, Autour des plaies, aucune saillie, aucun relief n’expliquait la nécessité dans laquelle on s'était trouvé de pratiquer de larges débridements à droite et à gauche.