‹ Contribution à l'étude du vaginismeChapitre 20 sur 24 · HIUN · texte numérisé non relu

HIUN

Les organes génitaux externes ont leur conformation et leur coloration normales, la membrane hymen n'existe plus et malgré les plus minutieuses recherches, je ne trouve ni érosion, ni fissures, ni follicules enflammés.

Je pratique le toucher qui est médiocrement douloureux, à la condition toutefois d'appuyer assez fortement sur la fourchette, il ne révèle rien d’anormal: col petit, pointu, vierge en un mot.

L'introduction du spéculum est plus difficile, même en appuyant fortement en bas, car il est difficile de ne pas frôler l’urèthre, la malade se contracte et se retire.

L’instrument une fois en place la douleur est supportable.

Col violet, orifice très petit, vagin un peu rouge, un peu de sécrétion verdâtre, point de granulations.

Je retirai alors le spéculum et je voulus m’assurer, la malade n'ayant pas uriné depuis longtemps, s’il n’y avait pas de liquide suspect dans le trajet de l’urèthre, quoique la brusquerie des acci= dents au début et leur coïncidence avec les premiers rapprochements sexuels, dussent faire éloigner l’idée d’une blennorrhagie.

Il me fut impossible de pratiquer la manœuvre usitée en pareil cas, car aussitôt que je la tentais, la malade poussait des cris, serrait les cuisses et se retirait brusquement.

Je pratiquai alors le cathétérisme avec autant de douceur et de rapidité que possible, il fut néanmoins très pénible, mêmes cris, mêmes mouvements instinctifs : j'obtins une petite quantité d’urine rouge.

J’appliquai alors en les refoulant en arrière, trois petits bourdon nets d’ouate en queue de cerf-volant, et imbibées d’un peu de glÿcérine, l’intolérance était si grande qu'ils furent rejetés après quelques pas.

J'avais institué en même temps le traitement complet :

À l’intérieur, vin de quinquina, eau ferrée, tisane de bourgeons de sapin; localement, injections de feuilles de noyer, onctions belladonnées (4 gr. d'extrait par 30 gr. d’axonge), bains de siège tièdes avec la décoction de petite mauve deux fois par jour, me réservant de cautériser l’urèthre, s’il était nécessaire, un peu plus tard; j'étais à la campagne, il fallait viser aù plus simple.

Je pus alors, sous un motif quelconque, et sans éveiller le mcindre soupçon, examiner le mari, et voici ce que je trouvai : deblen« norrhagie ancienne ou récente, point, mais un phimosis assez pro-

noncé, puisqu'il ne permettait pas de découvrir le gland, au niveau du méat, dans une plus grande étendue qu'une pièce de 20 centimes.

Je conseillai alors au mari d'attendre que le mieux se manifestât dans l’état de sa femme, avant de tenter de nouveaux rapporis et d'y apporter alors les plus grands ménagements.

Mes conseils furent exactement suivis, le mieux se manifesta rapidement, etcette jeune femme devenait enceinte au mois d’octobre, les règles manquèrent le 26 de ce mois.

Depuis la santé est bonne, le visage s’est coloré et la grossesse suit une marche régulière.

De temps en temps, cette jeune femme éprouve encore quelques douleurs lombaires et une certaine sensibilité du canal de l’urèthre qui ne gêne en rien, d’ailleurs, les rapports conjugaux.

OgseRvaTioN VII,

Cas de vaginisme survenu à la suite d’une contusion dorsale de la colonne vertébrale. — Marche chronique de l'affection. — Points apophysaires et nerfs émergents douloureux. = Traitement local du vaginisme sans résultat, — Traitement des points douloureux

’ de la région dorsale. — Guérison rapide du vaginisme,

Chéron (J.). In thèse de Daude: De la contracture spasmodique du constricteur vulvaire : Ses rapports de causalité avec une irritätion spinale localisée, Paris. 1880.

Une jeune femme de 27 ans, employée chez un marchand de vins, entra dans le service, salle Sainte-Eléonore, avec le diagnostic : uréthrite, Elle à eu deux enfants, le dernier il y a cinq ans. Elle a toujours été régulièrement réglée, mais depuis huit mois, époque à laquelle il lui est arrivé un accident grave, elle a vu surveñir une perturbation dans les époques, qui retardent quelquefois de huit ou dix jours, et ne font leur apparition qu'en provoquant des douleurs dans la région lombaire et dans la région abdominale.

D y a huit mois, elle fit une chute dans une cave, en se débattant pour résister aux agressions de son maître.

La région dorsale porta violemment sur un tas de bouteilles, T lui fut impossible de se relever, on là transporta à l'hôpital Bcau-

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jon.'{l n'existait aucune plaie. On constatait seulement une Vaste ecchymose de la région lésée. La malade ne pouvait faire le moindre mouvement sans provoquer des douleurs atroces. Toute pression, même légère, pratiquée avec le doigt sur les apophyses épineuses des vertèbres dorsales, sur les nerfs émergents et sur les muscles des gouttières, élait insupportable. Après quatre mois de séjour à l'hôpital, où le traitement consista en application d'eau blanche et en révulsifs légers, la malade put reprendre ses occupations. Elle éprouvait, dit-elle, encore de temps en temps des douleurs dans le dos surtout après le travail.

Quaire mois plus tard, à son arrivée dans le service, la malade est soumise à l'examen, nécessité par l'existence d’une uréthrite signalée sur sa feuille d'entrée. Je constate qu’il est impossible d’introduire le ‘doigt dans le vagin pour presser ser le bulbe de l’urètbre. L’orifice est extrêmement étroit et la moindre pression pour le franchir produit une douleur qui fait que la malade se dérobe à l'examen en poussant un cri.

Elle raconta alors que, lorsqu'elle sortit de l'hôpital Beaujon, elle fat fort étonnée de voir les rapports sexuels impossibles, empêchés autant par Ja douleur que par l'existence d’un obstacle matériel. L'examen attentif de la malade nous fit constater le resserrement musculaire de l’orifice vulvaire, et à la pression une douleur très vive au niveau des caroncules myrtiformes du côté droit seulement.

M. Mercier, interne du service, voulut bien prendre un soin spécial de ce cas intéressant et s’employer régulièrement tous les jours à traiter localement par les moyens habituels (cautérisation, dilatation, narcotiques).

Après trois mois de ce traitement, la situation restait la même,

il n’y avait plus à compter que sur les moyens chirurgicaux, l’excision du point douloureux, la dilatation forcée ou l’incision multiple.

Avant de me déterminer à les employer, je portai mon attention sur la région dorsale contusionnée et je retrouvai deux points apophysaires très sensibles à la pression, appartenant aux septième et huitième vertèbres dorsales avec irradiation de la douleur à la pression sur les nerfs émergents.

Etablissant à priori entre la région vulvaire et la moelle dorsale un rapprochement analogue à celui que l'étude physiologique et

. (D — clinique m'avait permis depuis longtemps d’affirmer,, en le confirmant par des résultats thérapeutiques, je résolus d'abandonner tout traitement local, et de traiter exclusivement les die douloureux de la région SEEN

Des applications de teinture d’iode furent faites tous les jours au niveau de ces points douloureux, Sous cette influence, dix jours après, la région vulvaire devenait moins sensible, plus facile à explorer; deux vésicatoires succédèrent alors aux applications de teinture d’iode et il se fit une rémission plus accentuée dans la douleur. Connaissant, par expérience, la difficulté qu'il y a à faire disparaître complètement les points douloureux des apophyses épineuses et des nerfs émergents de la région lombaire par les applications révulsives ou sédatives, je proposai à la malade de substituer donne de ces moyens,.la cautérisation ponctuée au fer rouge dont j'ai maintes Jos pu constater ASRSOURE action en pareil cas.

Deux cents rs de-feu: furent re la Le ‘fois et répétées tous les deux jours. Après la sixième application, la vulve fut examinée avec soin, et nous pâûmes constater que non seulement la douleur à la pression au côté droit de la vulve avait beaucoup diminué, mais encore que le passage d’un spéculum bivalve de dimension moyenne était toléré.

Le même traitement fut continué et seize nouvelles applications de pointes de feu furent pratiquées de trois en trois jours.

Le spéculum put être introduit avec une facilité de plus en plus grande, et après vingt-deux applications de punctures ignées, la sensibilité douloureuse au niveau des septième et huitième vertèbres dorsales avait disparu graduellement, aussi bien qu'au niveau de l'émergence des nerfs.

Dans ces conditions, Moncton d’un spéculum plein ayant été tentée et pratiquée avec succès, c’est-à-dire sans éveiller de douleurs et de contraction, la malade, complètement guérie de son vaginisme, put sortir de l'hôpital.

En résumé, sous l'influence de violences ayant porté sur la vulve, violences aggravées par les efforts de résistance faits par la malade, un point douloureux s’éveille dans cette région. En se débattant une chute a lieu, une contusion de la région dorsale de la colonne vertébrale en est la conséquence. Cette contusion est d’une gravité telle qu’elle nécessite un séjour de quatre mois à l'hôpital,

Gillard, Ô

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et lorsque la malade en sort, elle est fort étonnée de ne pouvoir pratiquer le coît, empêché autant par la douleur que par l'existence d’un véritable obstacle matériel.

Un traitement local est pratiqué longtemps avec suite sans succès. La colonne vertébrale est explorée. Deux points apophysaires, très douloureux, sont constatés au niveau des septième et huitième vertèbres dorsales et au niveau des nerfs émergents.

Dirigé par certaines considérations, j’accorde à ces points douloureux une importance capitale et je pratique sur ces points une révulsion énergique, pendant deux mois, avec la cautérisation ignée punctiforme et la guérison survient.

OnservaTION VIII.

Vaginisme inférieur guéri. — Vaginisme profond persistant.

Révillout. Le vaginisme supérieur. Gaz. des hôpitaux, 1881, p. 625.

Chez une dame, très nerveuse, qu’un vaginisme inférieur douloureux avait mis pendant quelque temps dans l'impossibilité a absolue d’avoir aucun rapport sexuel avec son mari, la contracture vulvaire avait cessé complètement; mais les rapports restaient très pénibles et l'introduction du membre viril très incomplète.

En pratiquant le toucher, M. Bernutz trouva le vagin comme divisé en bissac par une contraction spasmodique bilatérale de faisceaux musculaires à une profondeur de quelques centimètres. Aucune contracture au-dessus de ce point, ni au-dessous.

C'est bien là le vaginisme supérieur, tel que nous l’avons signalé.

M. Bernutz le reconnut aussitôt et il dirigea le traitement en COn= séquence.

Ogservarion IX (personnelle.)

4 Blennorrhagie. — Vaginisme.-— 29 Vaginite granuleuse.— Vaginisme périnéal chez un sujet nerveux. — Gautérisation. — Guérison.

Hortense B..., journalière, 51 ans, entrée lé 17 juih 1884, à J'Hôtel Dicu, service du D' Gallar Salie Sainte-Marie : Lit n° 35.

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