L'OBÉSITÉ OVARIENNE
On rencontre, chez la femme, une cause beaucoup plus constante d’obésité : c’est l'insuffisance ovarienne. Elle peut jouer un rôle aux différents âges de la vie. Au moment de la puberté, quand le fonctionnement des ovaires est défectueux, il existe souvent un léger degré d’adiposité, qui régresse z7énéralement lorsque les règles deviennent normales. On sait aussi qu'il se produit quelquefois une surcharge graisseuse pendant la grossesse ; elle diminue souvent à la suite de l'accouchement. Mais, il n'en esi pas toujours de même et, surtout chez les femmes qui allaitent, il est fréquent que l'obésité s’accroisse encore. À cette période, elle peut, en outré Pete augmentée par la suralimentation ou par la vie sédentaire, ou, par contre, diminuer à l’occasion d'use reprise des règles.
L'obésité se développe aussi au moment de la ménopause ou à la suite de l’ablation des ovaires.
Chez notre malade, l'obésité n'avait point débuté avec la grossesse, mais au lendemain de l’accouche-
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ment. À partir de ce moment, les règles n’ont jamais reparu ; obésité et troubles ovariens ont évolué en même temps. |
On a vu que les ovaires étaient scléro-kystiques ; ils pouvaient jouer un rôle dans le développement d'une adiposité. Les lésions, dont ils étaient atteints, ne suffisaient pourtant pas à expliquer tous les troubles observés chez la malade et elles étaient certainement incapables d'entraîner si rapidement sa mort.
D'ailleurs, si l'insuffisance ovarienne accompagne souvent l'obésité, il est rare cependant qu’elle puisse à elle seule en déterminer l'apparition.
L'OBÉSITÉ PLURIGLANDULAIRE
Elle s'associe souvent à d’autres causes et, principalement, à des altérations des autres glandes endocrines. On a beaucoup discuté sur les obésités d’orisine pluriglandulaire. Certains auteurs ont même nié leur existence. Ils admettent que, seule, l’insuffisance du corps thyroïde puisse sûrement provoquer une adiposité, sur laquelle le traitement par l'extrait thyroïdien exerce, d’ailleurs, une heureuse influence. É
D'autres auteurs, au contraire, sont persuadés que les obésités pluriglandulaires existent et ils croient même qu’elles sont très fréquentes.
Toutes les glandes de l'organisme peuvent être atteintes : le pancréas, le foie, toutes les glandes di-
gestives ainsi que le corps thyroïde, l’hypophyse et les autres glandes à sécrétion interne.
Souvent encore, d’autres causes peuvent s'associer à ces troubles glandulaires, notamment les excès alimentaires.
L’étiologie est donc très complexe et il est difficiie de faire la part exacte de chacun des éléments qui entrent en cause.
De nombreuses observations d’obésité pluriglandulaire ont été publiées. MM. Grenet, Levent et Pellissier en ont fait paraître une, qui est très caractéristique, dans la Gazette des Hôpitaux du 3 février
C’est l’histoire clinique d'une femme morte à 37 ans d’une obésité qui, depuis quatorze années, s'était progressivement développée. Comme chez notre malade, elle avait débuté à la suite d’un accoucheément et elle était accompagnée de troubles menstruels : les règles, sans cesser complètement, étaient devenues rares et irrégulières.
Ces troubles s'étaient régulièrement aggravés ; Pobésité était devenue « monstrueuse » ; la malade dépassait le poids de 200 kg. Elle présentait des troubles fonctionnels accusés : de la cyanose du visage et une dyspnée intense.
Aucun symptôme n'avait permis de reconnaître une causé bien définie à cette obésité. On pensait qu’elle provenait à la fois d’excès alimentaires et Ge troubles glandulaires multiples.
L'examen histologique de plusieurs organes, qui
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suivit l’autopsie, révéla en effet des lésions nombreuses et variées.
Le foie et le rein présentaient des lésions de congestion et de dégénérescence graisseuse.
On notait au niveau des ovaires, bien que la malade n’eût que 37 ans, « l'extrême rareté des fornmalions folliculaires ». | :
Le corps thyroïde était le siège d’altérations tres
profondes. La plupart des follicules ne renfermaieri plus que des disques colloïdes anormaux ; en queiques points même, les disques colloïdes avaient entièrement disparu et les cellules thyroïdiennes avaient pris leur place. M. Collin, de Nancy, à qui les préparations histologiques furent soumises, déclarait que « dans certains points des coupes, on trouve un véritable retour à l’état embryonnaire du tissu thyroïdien ».
L'hypophyse ne fut point examinée, par suite d’un refus de la famille de laisser ouvrir la boîte cranienne. Mais bien qu'il n’y eût point de modifications de la selle turcique décelables à l’examen radiographique, la glande devait être lésée, car, pour M. Coulaud, les coupes de corps thyroïde, vues au microscope, ressemblaient à celles que lon observe chez les animaux soumis à l’ingestion ou aux injections de produits hypophysaires.
En rapprochant les éléments cliniques et histologiques de son observation, M. Grenet concluait à une « obésité monstrueuse relevant à la fois d'un régime
alimentaire longtemps défectueux et d'une insufiisance glandulaire complexe ». |
C’est le type même de ces obésités polyglandulaires, où presque toutes les glandes de l'organisme joueraient un rôle dans le développement de l'adiposité.
Chez notre malade, en dehors de la tumeur surrénale, on trouve des lésions notables du corps thyroïde, qui devaient diminuer les sécrétions de cette glande, et une atteinte des ovaires, qui étaient scfsro-kystiques.
Ces lésions permettent-elles de parler aussi pour notre cas d’obésité polyglandulaire? Il ne faut pas oublier qu'en pareille occurence l’évolution est ordinairement lente et qu’elle porte même sur de nombreuses années, comme pour la malade de M. Grenet. Elle peut aboutir alors à la formation d'ure « obésité monstrueuse ».
Dans notre observation, au contraire, si le poids n'était pas très exagéré, puisqu'il n'atteignait pas tout à fait 75 kg., l’évolution, par contre, avait ‘6 extrêmement rapide.
En cinq mois, l’adipose s’était constituée. N’étaitce point un indice qu’elle reconnaïissait la même oricine que certaines autres manifestations cliniques, qui semblaient nettement cancéreuses, comme l’'épanchement hémorragique de la plèvre droite?
Si une origine glandulaire complexe expliquait mal le développement très rapide de Pobésité, celleci ne pouvait-elle dépendre directement de la tumeur