‹ Contribution à l'étude du virilisme surrénalChapitre 12 sur 19 · LE · texte numérisé non relu

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L’obésité d’origine surrénale

L'autopsie nous avait révélé la présence de lésions imprévues et très importantes : une tumeur surrénale, développée aux dépens de la Zone corticale et ‘accompagnée de métastases nombreuses en différents points de l'organisme.

N'était-il point naturel de voir, dans cette tumeur, l'origine de l'obésité dont un syndrome polyglandulaire n’expliquait point parfaitement la cause ?

Ces tumeurs, quoique rares, ne sont cependant point exceptionnelles. Elles ont été étudiées à plusieurs reprises, en Angleterre, par Bullock et Sequeira, en 1909 ; par Guthrie, en 1907 ; en France, par M. Guinon et par M. Apert qui présentaient, en 1910, à la Société de Pédiâtrie, un travail d'ensemble sur les signes cliniques des lésions corticales.

Deux ans plus tard, M. Gallais réunissait, dans sa thèse, de nombreuses observations. I y étudiait

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les relations qui unissent les lésions anatomiques ee leurs manifestations cliniques. Les conclusions ne sont peut-être point définitives, mais elles fixent quelques points importants et elles ont le mérite de présenter le problème avec une clarté très grande.

L'étiologie des tumeurs corticales est mal connue. On peut dire cependant qu'elles se voient surtout dans le sexe féminin et généralement chez-de jeunes sujets.

La notion d'hérédité est des plus obscures ; celle des antécédents personnels ne l’est guère moins. Cependant, on a remarqué que les troubles cliniques débutent fréquemment à la suite d’un accouchement, comme cela s'est produit chez notre malade.

Les manifestations cliniques ne sont point les mènes dans tous les cas. Il semble qu’on puisse distinguer plusieurs groupes, d’après l’âge du sujet «u moment de l'apparition de la tumeur.

Si celle-ci se développe pendant la vie embryonnaire, il en résulte des malformations très grandes au niveau des organes génitaux : il y à « pseudohermaphrodisme ».

Si. la tumeur n'apparaît que pendant l'enfance ou l’adolescence, alors que les organes génitaux sont normalement constitués, il y a hirsutisme, comme a dit M. Apert, ou virilisme surrénal, suivant l'heureuse expression de M. Gallais. On voit en effet apparaître, chez la jeune fille, les caractèr?s sexuels secondaires du type masculin.

La maladie évolue en deux phases.

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La première période est caractérisée par une hypersthénie générale. La jeune fille acquiert soudain une vigueur exceptionnelle. En même temps, ses règles cessent ou tout au moins deviennent rares ef très peu abondantes. Le tissu adipeux se développe de façon anormale, souvent considérable. ïi envahit le thorax, l'abdomen et la racine des membres. Le système pileux prend une très grande extension à la face et sur le corps. Il a une coloration foncée et se dispose suivant le type masculin. Des phénomènes nerveux et mentaux bizarres s'installent souvent ; l'instinct sexuel dévie et le caractère devient violent. Quelquefois, il y a une pigmentation partielle au niveau des téguments, visible surtout au niveau du front. des aisselles, à la face dorsale des avantbras et des mains.

Au bout d’un temps variable, la maladié évolue vers la seconde période qui est caractérisée par de l’asthénie. La jeune fille perd ses forces, se plaint fréquemment de douleurs thoraciques et ne tarde pas à maigrir ; cet amaigrissement est d’ailleurs bien souvent peu marqué. Des vergetures se dessinent sur l'abdomen, sur les faces antérieures et internes des cuisses, au niveau des aisselles et quelquefois sur 12s seins. On peut observer une abolition des réflexes rotuliens et achilléens.

À cette période peut apparaître une tumeur 9dominale ou lombaire,‘ qui se généralise rréquemment.

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L'examen du sang révèle de l’anémie et de la eu cocytose.'

Les phénomènes nerveux et mentaux du début se modifient : la malade se déprime et elle est souvent dominée par l’idée de suicide.

Elle meurt dans la cachexie néoplasique, à moins qu'une infection intercurrente ou une violente crise de dyspnée, ce qui est fréquent, ne meitent brusquement fin à ses jours. |

Quand la tumeur surrénale apparaît plus tardivement, au delà de la vingtième année, les symptômes sont moins nets.

M. Gallais en a décrit deux variétés : la forme menstruelle et La forme obstétricale..

Nous ne nous arrêterons pas à cette dernière qui traite des relations entre les lésions corticales et es grossesses ectopiques. Ele ne comprend que deux observations, qui ne présentent point de rapports intéressants avec notre cas d’obésité. et

La forme menstruelle est étudiée d’après quelques observations de femmes âgées de vingt à cinquante-trois ans. Des troubles variés sont ainsi décrits : règles anormales, rares et peu abondantes, adiposité qui peut atteindre des dimensions considérables, pigmentation cutanée dans quelques cas.

De toutes ces observations, ne peut-on rapprecher celle de notre malade? Sans aucun doute, elle présente la plupart des symptômes décrits dans € virilisme surrénal.

On a particulièrement insisté, dans cette forme.

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