‹ Contribution à l'étude du virilisme surrénalChapitre 13 sur 19 · RAR · texte numérisé non relu

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sur l'adiposité, les troubles menstruels et lhyperirichose. L'adiposité tient la première place dans l'histoire clinique de notre malade. Les troubles menstrueis ét l'hyÿpertrichose n'ont pas manqué.

L'obésité fut le premier signe observé ; c'est elle qui attira l'attention des personnes qui vivaient auprès de la malade et qui détermina celle-ci à entrer à l'hôpital.

Elle présente la plupart des caractères décrits dans les autres observations : c’est une obésité notable, plus marquée au niveau de l'abdomen, du thorax du cou, qui a toutefois respecté les seins ; mais elle n'a point gagné l'extrémité des membres et s’est accompagnée de vergetures nombreuses et considérables ; celles-ci tiennent une place importante dans quelques observations. Dans celle de MM. Launois, Pinard et Gallais, que ce dernier a très longuement développée dans sa thèse, elles étaient énormes, s'étendant comme de larges sillons rougeûtres sur les mamelles, la région axillaire, les aines et la région lombo-sacrée.

Les troubles menstruels ont tenu une place importante dans la vie de notre malade. Les règles, qu n'apparurent qu'à l’âge de quinze ans, furent toujours peu abondantes et, à la suite d’un accouchement qui marqua le début de l'obésité, elles ne revinrent plus. Cette insuffisance menstruelle s'étend donc sur toute la vie de cette femme, depuis son adolescence. Aussi, pourrait-on penser qu’elle n’a point de rapport avec une tumeur qui était maligne

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el qui, sans doute, ne prit naissance que dans les derniers mois de la vie, Mais on remarquera que l'insuffisance ovarienne a fort bien pu s'accroitre sous l'influence de la tumeur, puisque les règles ne sont plus jamais revenues pendant la période d'obésité.

L'hypertrichose est le troisième signe important. On sait qu’elle se développe, au niveau de la face et du corps, suivant le type masculin et qu’elle apparaît dès le début de la maladie.

Chez notre malade, l’hypertrichose fut moins étendue : elle n’intéressa que les joues et la lèvre supérieure ; elle ne se manifesta pas au niveau du corps, où il y eut seulement une légère augmentation des poils du pubis.

D'autre part, elle fut tardive et n’apparut mime que dans les dernières semaines, longtemps après Fobésité et les troubles menstruels. Dans les premiers temps, il y eut même, pendant un mois, une abondante chuté de cheveux, portant sur toute ‘a peau qui recouvre le crâne et sans qu'il y eût ile zone élective. |

Cette particularité n’est pourtant point uniqie dans l’histoire des tumeurs corticales. Dans une observation déjà citée, M. Gallais a signalé que, sept mois avant sa mort, une jeune fille atteinte d'un hvpernéphrome qui avait remplacé la capsule surrénale gauche, « subit une véritable dépilation difforme à laquelle fait bientôt suite une hypertrichose notable à marche régulièrement progressive ».

Si l'hypertrichose n’était ni très abondante, ni

rhème précoce dans notre observation, elle existait cependant et présentait bien une disposition semblable à celle que l’on observe chez l’homme.

En dehors de ces trois grands symptômes : obésité, aménorrhée et hypertrichose, on doit encore signaler quelques autres particularités que présentait notre malade et que l’on retrouve dans d’autres observalions.

M. Gallais a noté l'abolition des réflexes rotuliens et achilléens, en l'absence de toute syphilis nerveuse et en particulier de tabès. Chez notre malade, les reflexes rotuliens élaient supprimés et les réflexes achilléens étaient faibles. Si aucune explication de ce symptôme ne peut être donnée, il mérite cependant d’être signalé, à cause de sa fréquence.

La leucocytose et l'anémie sont fréquentes chez les sujets atteints de tumeur surrénale ; c’est d’ailleurs un signe habituel dans les cancers. Il ne manque point dans notre observation.

Par contre, quelques signes que l’on trouve dans. plusieurs cas de tumeurs surrénales ne furent pas constatés chez notre malade.

On ne s’étonnera point sans doute que la fumeur trouvée à l’autopsie n'ait pas été perçue chez elle au cours d'un examen clinique : comme il arrive le plus souvent, la paroi abdominale était tellement épaissie et infiltrée de graisse que la palpation profonde ne permettait de sentir aucun organe.

On n’a point observé non plus de pigmentations localisées ; mais c’est-un symptôme qui, sans être rare, est loin d’être constant.

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On voit que notre malade présentait la plupart des signes habituellement observés chez les femmes alteintes de tumeur surrénale.

Nous allons étudier’/maintenant l’évolution de la maladie et ses complications.

= Les tumeurs surrénales ne présentent pas toutes la même'gravité. Il en est qui sont bénignes et d’autres malignes.

Aussi, leur évolution est loin de se faire toujours dans le même sens, même quand les symptômes se ressemblent à la période d'état.

Les cancers ne tardant pas à amener la mort, on comprend que l'obésité de notre malade ait eu une évolution si rapide.

C'est la conséquence des nombreuses métastases qu'avait entraînées la tumeur.

Les métastases des cancers corticaux sont, en effet, extrêmement fréquentes. MM. Hartmann et Lecène avaient beaucoup insisté sur ce point et avaient montré que le foie et le poumon sont souvent atteints. Les auteurs lyonnais ont donné aussi «e nombreux exemples de ce mode de propagation des tumeurs surrénales et ils ont montré que l'atteinte des os n’est pas rare.

Notre malade présentait des métastases au niveau du foie. Mais il n’en était résulté aucun signe clinique particulier.

I n’en était point de même des noyaux cancéreut du poumon qui déterminèrent un épanchement hémorragique de la plèvre droite, qui était la plus

PRIOR nette de toutes les manifestations cancéreuses constatées. |

La formule leucocytaire de l’épanchement, il est vrai, n'avait rien révélé de bien précis : ni grandes cellules cancéreuses, ni placards endothéliaux ; ia présence de polynucléaires et de quelques cellules du type moyen mononucléaire n'avait pas grande signification.

Mais les doutes qui pouvaient subsister à l’exa-' men clinique tombèrent devant les constatations d’autopsie.

D'ailleurs, les signes fonctionnels, la dyspnée qui était si vive, la cyanose du visage doivent être expliqués sans doute par la présence de l'épanchement pleural et des métastases pulmonaires. Il en est de même de l'élévation thermique que présenta constamment la malade.

C'est l'atteinte respiratoire qui semble directement responsable de sa mort. Les signes fonctionnels s'étaient considérablement accrus pendant ses derniers jours et elle est morte à la suite de violentes crises de dyspnée.

On remarquera que ces symptômes sont assez communément observés chez les sujets atteints de tumeur de la surrénale.

La douleur s'associe souvent à la dyspnée et les malades se plaignent de points de côté très violents. Tous ces signes réalisent le tableau clinique des cancers du poumon.

On peut croire à la tuberculose pulmonaire, n-

tamment à la granulie, comme dans le cas publié par MM. Mouisset et Chalier. À Lyon, MM. Gravier et Bernheim ont publié Fobservation d’un malade qui présentait les signes des tumeurs du médiastin. 1 y avait, il est vrai, concomitance d’une syphilis pulmohaire, mais, à l’autopsie, on trouva une masse médiastinale volumineuse provenant d’un cancer bilatéral des surrénales, qui s'était développé aux dépens des éléments sympathiques de la zone médullaire.

Quand on songe à la fréquence des métastases pulmonaires, au coufs des cancers de la surrénaie, on n'est pas surpris que la mort soit si souvent précédée de symptômes respiratoires très graves.

Les troubles cérébraux signalés dans l'observation, l’agitation et le délire, ne dépendent-ils point de métastases intra-craniennes ? On peut observer, à dire vrai, des symptômes analogues au cours des obésités banales. La malade de M. Grenet en a présenté de semblables.

Mais la présence de noyaux cancéreux au niveau des centres cérébraux peut amener aussi des désosdres très graves. Non seulement l'agitation et le délire se voient bien souvent, mais on observe même des troubles mentaux.

Une malade de M. Arthur N. Davis fut admise dans un asile pour des troubles mentaux - elle était atteinte d’agitation intellectuelle, de manie, d'amnésie et présenta quatre accès épileptiques ; à Fautopsie, on remärqua un fragment osseux pointu du

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