RER
1920, le 17 % des © habitaient encore la couche de 80-60 m., de même que, le 1* décembre 1919, le 20 % peuplait également cette même zone, nous autorise à penser que la limite inférieure est encore passablement plus. bas. Cette limite atteint du reste 150 m. en décembre dans le lac des Quatre- Cantons, et le fond, c’est-à-dire 214 m., de janvier à mai.
Diaptomus laciniatus « et ©.
La répartition verticale de Diaptomus laciniatus est résumée dans le tableau n° 49.
Diaptomus laciniatus habite de préférence les couches profondes, ce qui ne l’empêche pas d’accomplir une très forte migration journalière, dont nous parlerons dans la suite. Cette espèce est toujours représentée par un nombre beaucoup plus petit d'individus que D. gracilis. Les sont souvent absents durant l’été ou fort peu représentés. La masse principale habite ordinairement la couche de 80 à 50 m., avec maximum de 80-60 m. En été, alors que la transparence est faible, D. laciniatus monte parfois dans les couches supérieures (en 1917 notamment). Nous avons constaté, le 3 mars 1920, un maximum de D. laciniatus de 10-0 m., qui ne peut s'expliquer que par une anomalie locale, car d’ordinaire cette zone est complètement vide de D. laciniatus. Lorsque, grâce à la faible transparence, cette espèce s'élève dans les couches supérieures, le maximum de profondeur disparaît et la répartition verticale est assez régulière dans toute la masse (23 août 1919, 8 juin 1920, etc.). La limite inférieure est voisine du fond. Nous avons rencontré D. laciniatus © de 145-120 m. le 7 juillet 1920. BurcKkHARDT a signalé le fait qu’en général les © habitent des couches plus profondes que les . Dans le lac des Quatre-Cantons, la limite inférieure de cette espèce s’abaisse à 150 m. en décembre pour les €; et à 160 m. pour les ©. En hiver (janvier jusqu’en mai), cette limite est proche du fond.
Cyclops strennuus.
Tableau No 50.
C. strennuus vit toute l’année dans les couches moyennes du lac. Son maximum se rencontre ordinairement de 50-30 m.
Cependant, lorsque l’éclairement est faible, il peut s’accumurler dans les couches supérieures (20-0 m.). C. strennuus est
représenté durant toute l'année aussi bien dans les couches superficielles que dans les couches proïondes, mais souvent en petit nombre. Lorsqu'en hiver les courants de convection ont égalisé la température, on observe une répartition verticale assez régulière dans toute la masse. Ainsi le 1° décembre 1919, le 17 septembre de la même année, ete. Dans le lee des Quatre-Cantons, C. strennuus habite ordinairement des couches plus hautes que dans le lac de Neuchâtel. BurceKx- HARDT indique que sa masse principale se rencontre de 10- 15 m., bien qu'il habite également les couches profondes. Dans le lac de Neuchâtel, C. strennuus a été signalé le 7 juillet 1920 dans toutes les pêches faites au-dessous de S0 m. (jusqu'à 145 m.). Sa limite inférieure est done voisine du fond.
Cyclops leuckarti.
Tableau Ne 51.
Cette espèce habite toujours les couches supérieures du lac. Son extension verticale est plus faible que celle de C. strennuus, puisqu'au-dessous de 20 m. il n'est pas rare de n'en plus rencontrer du tout. Le maximum se trouve donc toute l'année de 20-0 m. Cependant, le régime thermique spécial de l'hiver uniformise plus ou moins sa répartition verticale. C. leuckarti habite alors également les couches profondes (1 décembre 1919, 3 et 28 mars 1920). Cette espèce habite des couches plus profondes dans le lae de Neuchâtel que dans celui des Quatre-Cantons, où sa limite inférieure ne deseend pas au-dessous de 60 m.
Jeunes Cyclops.
Tableau Ne 22.
La répartition verticale des Jeunes Cyelops est nettement différente en hiver et en été.
Eté. — Les Jeunes Cyelops habitent exclusivement les couches supérieures du lac: leur maximum se trouve de 10 m. à la surface. La limite in'érieure est done fixée à 20 m.
Hiver. — Les couches profondes sont habitées. Le maximum peut se déplacer considérablement et atteindre la couehe de 80-60 m. (1° décembre 1919). Cependant, en règle générale, les couches superficielles contiennent davantage d'individus que les couches profondes.
ing.
Cette répartition est aussi celle du lac des Quatre-Cantons (BurckHARDT). Grâce à la plus grande profondeur de ce lac, les Jeunes Cyclops peuvent habiter, en hiver, jusqu’à 200 m. de profondeur !
Jeunes Diaptomus.
Tableau N° 53.
Le maximum des Jeunes Diaptomus habite ordinairement la couche de 20-10 m. Ce maximum n’est pas aussi marqué que pour les autres espèces. Les Jeunes Diaptomus sont toujours répartis assez régulièrement dans les diverses couches, comme l'indique le tableau n° 53. En hiver, la répartition verticale est uniforme, avec légère augmentation près de la surface ; la limite inférieure descend alors au-dessous de 80 m. (lac des Quatre-Cantons : 200 m.). Pendant les mois d'été, la limite inférieure se relève. Les Jeunes Diaptomus ne descendent pas au-dessous de 50 m. (parfois 60 m.). Notons qu'ils se rencontrent toute l’année dans le lac de Neuchâtel, avec maximum au printemps.
Naupiius.
Tableau No 54.
Le Nauplius est le compagnon le plus fidèle du planctologue. Il ne manque dans aucune pêche. Alors que beaucoup d'espèces n’apparaissent que temporairement, Nauplius est toujours présent et, à part quelques exceptions, en assez grand nombre. Sa répartition verticale est variable selon les saisons. En été, son maximum oscille entre 20-10 m. et 10-0 m. Sa limite inférieure ne s’abaisse pas au-dessous de 50 m. (Plus bas, on ne rencontre que quelques rares individus isolés. Exemple : 23 août 1919, 8 juin et 3 juillet 1920, etc.)
Par contre, en hiver (octobre à mars), il est réparti uniformément dans toute la masse. Son maximum superficiel disparaît alors et peut se retrouver dans la couche de 80-60 m. (1 décembre 1919 et 3 mars 1920) ou, plus haut, dans celle de 60-40 m. (2 novembre 1917). Les pêches des 17 septembre 1919, 1°" décembre 1919, 3 mars 1920 présentent une remarquable uniformité dans leur répartition verticale. En hiver, la limite inférieure de Nauplius s’abaisse donc et descend audessous de 80 m. (dans le lac des Quatre-Cantons, elle atteint 200 m.).
Bythotrephes longimanus.
Tableau No 55.
Bythotrephes longimanus est une espèce de profondeur. Il n’est jamais représenté par un grand nombre d'individus, aussi son maximum est-il parfois difficile à préciser. Lors de son plus grand développement, c’est-à-dire en été, Byth. longimanus présente un maximum superficiel (20-0 m.), lequel est dû aux jeunes individus qui n’habitent que les couches supérieures. Le reste de l’année, Byth. longimanus est réparti assez uniformément jusqu’à 80 m. de profondeur. Sa limite inférieure s’abaisse également en hiver. Le maximum s’observe fréquemment dans la couche de 40 à 20 m.
Leptodora hyalina.
Tableau No 50.
Comme Bythotrephes, Leptodora hyalina est toujours représentée par un petit nombre d'individus. Ce superbe cladocère n’habite jamais les couches profondes ; il ne descend pas au-dessous de 40 m. Son maximum se trouve entre 10 et 0 m., parfois entre 20 et 10 m. Lors de son plus grand développement, les jeunes de cette espèce habitent les couches voisines de la surface, de 5 à 0 m. Il n’est pas rare alors d’en recueillir 40 et même 60 en pêchant avec le filet NANSEN de 10 à O0 m. ou de 5 à 0 m. Cette répartition verticale est absolument identique à celle indiquée par BURCKHARDT pour le lac des Quatre-Cantons.
Sida limnetica.
Tableau N° 57.
Sida limnetica est une espèce de profondeur. Elle habite de préférence la zone de 80 à 50 m. Toutefois, lorsque le maximum de développement se produit, les jeunes se tiennent dans les couches moyennes et superficielles (2 novembre 1917). Sa limite inférieure semble descendre au-dessous de 100 m. (7 juillet 1920 : 62 % dans la couche de 100 à 80 m.).
Daphnia hyalina.
Tableau No 58.
Daphnia hyalina habite de préférence la couche de 60 à 40 m. Mais il n’est pas rare, pendant l’été surtout, alors que la transparence est faible, de rencontrer ce crustacé dans les couches plus élevées. Les jeunes Daphnies séjournent également dans les couches superficielles (20 à O0 m.). La distribution verticale de Daphnia est assez irrégulière, surtout lorsqu’il y a peu d'individus. C’est ainsi que l’on peut recueillir quelques Daphnia de 60 à 50 m., aucune de 50 à 30 m., quelques-unes de 30 à 20 m., et aucune de 20 m. à la surface (1 décembre 1919). Selon BurCKHARDT, il existe toujours près de la surface une zone variable (5 à 15 m.) complètement vide de Daphnia, due à l’éclairement trop violent. Quant à la limite inférieure, elle paraît s’abaisser en hiver pour remonter au printemps. Nous avons recueilli quelques individus le 7 juillet 1920 de 120 à 100 m., mais aucun dans les couches plus profondes.
Bosmina longirostris et coregoni.
Tableau No 59.
Ces deux espèces présentent leur maximum de développement pendant les mois de mai et juin. Les jeunes Bosmines abondent alors et sont exclusivement localisées dans les quelques mètres voisins de la surface. Au-dessous ne vivent que des adultes. Ainsi le 27 mai 1920, nous avons pêché 156 jeunes Bosmines de 5-0 m., 108 de 2,50 à 0 m. et 17 de 1 à 0 m. Le 11 juin, nous recueillions 26 jeunes Bosmines de 5 à 0 m.et 41 de 2",50 à O0 m. ! Pendant le reste de l’année, les Bosmines vivent dans les couches profondes jusqu’à 80 m. et sont réparties assez régulièrement (1 décembre 1919, 28 mars et 12 avril 1920, etc.). Lorsqu'il y a un maximum, celui-ci se trouve dans la zone de 30-20 m. La limite inférieure atteint 80 m. durant tous les mois où ces deux espèces sont représentées ; elles semblent donc vivre dans des couches plus profondes que dans le lac des Quatre-Cantons, où la limite inférieure ne dépasse pas 45 m. en été et 60 m. en hiver, d’après Burcx- HARDT.
en
Notholca longispina.
Tableau No 60.
Le maximum de Notholca longispina est localisé dans la couche de 20-0 m. Suivant les saisons, ou l’état d’éclairement, il oscille entre 20 et 10 m. et 10 et O0 m. En été, la limite inférieure peut être fixée à 30 m. Au-dessous ne se rencontrent que des individus isolés. Par contre, en hiver, Noth. longispina descend dans les couches profondes, et la répartition verticale s’égalise dans toute la masse (par exemple le 1 décembre 1919). Cette égalisation a été observée, chose curieuse, le 28 août 1919, et partiellement du moins le 13 août 1917. Nous pensons que ce phénomène doit être expliqué par la présence momentanée de courants locaux (reflux des eaux du lac de Bienne dans celles du lac de Neuchâtel par l'intermédiaire de la Thielle) ayant brassé les eaux à ces endroits, car ce phénomène est rare en été. La distribution verticale de Noth. longispina est semblable dans le lac des Quatre-Cantons (BurckHaArDT) et dans celui de Zurich (Loze- RON).
Anurea cochlearis.
Tableau N° 61.
Comme Noth. longispina, Anurea cochlearis est toujours concentré de 20-0 m., avec maximum variant de 20-10 m. à 10-0 m. Cette espèce, lors de son plus grand développement, est représentée par un nombre formidable d'individus (le 24 juin 1920 : 1296 individus de 10-0 m.! Ce chiffre doit être encore multiplié par 40 pour obtenir le nombre réel !). Sa limite inférieure peut également être fixée à 20 m. On rencontre occasionnellement quelques individus au-dessous. En hiver, la distribution verticale ne se régularise pas comme pour Noth. longispina. La limite inférieure descend de quelques mètres, mais la grosse masse reste toujours concentrée dans les couches supérieures. LozERoN signale cette espèce comme fréquente à 50 m. dans le lac de Zurich.
Polyarthra platyptera.
Tableau No 62.
La masse principale de Polyarthra platyptera habite tou-
jours les couches supérieures du lac (20-0 m.). Il est rare de rencontrer un nombre quelque peu grand d’individus au-des-
FN es
sous de 20 m. (28 juin et 3 juillet 1920). BURCKHARDT pense que cette concentration en surface est due au fait que les couches sont plus chaudes. Pol. platyptera fuirait, en hiver, les couches froides du fond pour les couches plus tempérées de la surface. Le facteur nourriture jouerait également un rôle dans cette répartition verticale. Pol. platyptera se nourrissant de phytoplancton, et celui-ci étant ordinairement concentré près de la surface, ceci expliquerait la répartition de Polyarthra. Dans le lac de Zurich, LozEeronN signale également cette espèce comme prédominante entre 5 et 20 m.
Triarthra longiseta.
Tableau No 63.
On ne recueille jamais dans une seule pêche un grand nombre de Triarthra longiseta. Cette espèce, même lors de son plus grand développement, est peu représentée dans le lac de Neuchâtel. Sa répartition verticale, telle qu’elle est indiquée dans le tableau ci-dessus, résulte de petits chiffres, auxquels il ne faut pas attribuer une trop grande importance. Tr. longiseta, cependant, habite plus volontiers les couches supérieures (30-0 m.) que les couches profondes. Sa répartition verticale ne varie pas au cours de l’année. Dans le lac des Quatre-Cantons, BURCKHARDT a observé deux maxima, l’un à environ 15 m. de profondeur, l’autre près du sol. Nous n’avons pas rencontré semblable répartition. Dans le lac de Zurich, elle est plus particulièrement concentrée aux profondeurs de 13 à 20 m. (LOzERON).
Remarque. — Comme on le voit par ce qui précède, la répartition verticale du plancton est non seulement différente pour chaque espèce particulière, mais encore variable suivant les saisons. Les deux régimes thermiques qui caractérisent l’été et l’hiver amènent des changements dans la répartition verticale du plancton. Les organismes pélagiques sont entrainés en automne par les courants de convection qui brassent toute la masse des eaux et qui déterminent la répartition verticale assez uniforme de l'hiver.
D'une façon générale, il y a davantage de plancton en été dans les couches supérieures (sauf dans les quelques mètres voisins de la surface) que dans les couches moyennes et pro-