‹ Contribution à l'étude du Zooplancton du lac de NeuchâtelChapitre 21 sur 62 · METRE · texte numérisé non relu

METRE

fondes. En hiver, la répartition verticale varie peu de la surface jusqu’à 80 m. de profondeur.

Toutefois, le maximum superficiel subsiste toute l’année.

Phytoplancton.

Nous n’avons étudié la répartition verticale du Phytoplancton que d’une manière fragmentaire. Quelques pêches (exécutées à des époques où la thermique du lac était très différente) ne laissent subsister aucun doute sur la répartition verticale du phytoplancton et nous permettent d'adopter les conclusions de Lozeron. Cet auteur, dont les études ont porté plus spécialement sur le phytoplancton du lac de Zurich, arrive aux conclusions suivantes :

«1. Ce sont les courants de convection qui jouent le principal rôle dans la répartition verticale du phytoplancton.

2. La stratification de l’eau amène la stratification du plancton ; elle se traduit :

a) Par la répartition inégale du plancton aux différentes profondeurs ; au fond, peu ; près de la surface, beaucoup.

b) Stratification des différents organismes à des profondeurs différentes.

3. La circulation de l’eau amène la répartition verticale égale sur toute la couche en circulation. Elle se traduit par :

a) Quantités de plancton égales aux différentes profondeurs de la couche en circulation.

b) Mélange des organismes du fond avec ceux de la surface.

4. Cette loi est modifiée lorsqu'il y a mort rapide des organismes et que la pluie des morts est très forte. Il peut y avoir alors stratification égale, et même il peut se trouver plus de . plancton au fond qu’à la surface, malgré la stratification thermique. »

Voici, brièvement résumées, nos observations sur la répartition verticale du phytoplancton dans le lac de Neuchâtel, au printemps et en été 1920 :

28 mars 1920. — Après quelques semaines de beau temps, les températures sont les suivantes : Surface : 81}, C.; 5 m.: 8°; 10 m.: 6°}, ; 50 m.: 5°1/,. Comme on le voit, la

Stratification n’est qu'ébauchée. La répartition verticale du plancton est uniforme, avec léger maximum près de la surface, correspondant à l’augmentation de température. Les volumes sont les suivants (les chiffres représentent les volumes du Zooplancton + Phytoplancton, mais ce dernier est prédominant): 80-60 m. : 1°%°,8 ; 60-50 : 0°°,85 ; 50-40 : 1 cm: ; 40-30 1/cm°; 30-207. 0%°8" 20-10,: 122,2: 10-0 : 1°%°,7.

12 avril 1920. — Deux semaines de mauvais temps ont fait disparaître le commencement de stratification observé le 28 mars. Les températures sont les suivantes : Surface : 7° !}, ; CA EM Ton 00 5m. 26211 80m 60H 60 m. : 6°. Les volumes sont : 80-60 m. : 1°",1 ; 60-50 : 0°"*,65; 90240%0028%740:30 7 0%,85::30-20 ; 1% 6120-10 10° 8: 10-0 : 22, Le Phytoplancton est encore réparti uniformément, sauf léger maximum en surface.

7 mai 1920. — La stratification est bien établie. Nous n'avons malheureusement pas de chiffres de température pour ce jour-là, mais les mesures faites un peu plus tard indiquent une stratification bien marquée. Tout le plancton est concentré dans les couches superficielles (10-0 m.). Chose curieuse, la vie pélagique semble absente au-dessous de 25 m. !

12 mai 1920. — Stratification caractéristique, coïncidant avec le grand développement annuel du phytoplancton. Celuici est concentré surtout dans les 5 m. voisins de la surface. Les espèces ordinaires du phytoplancton sont localisées de 5 à 2 m. De 2 m. à la surface, presque exclusivement des Dinobryon, avec Rotateurs et jeunes Bosmina (voir tableau n° 37). Faut-il voir dans cette concentration extraordinaire du phytoplancton tout près de la surface l’explication de la présence dans ces couches superficielles d'espèces habitant ordinairement les couches profondes, telles que ©. strennuus, Sida, Daphnia ? Le phytoplancton très abondant jouerait-il le rôle d’un écran, à la faveur duquel les espèces précitées pourraient s'élever jusque près de la surface sans être trop incommodées? ou bien ces espèces trouvèrent-elles dans les couches superficielles des conditions de nutrition plus favorables qu’en profondeur ? Nous soulevons le problème, sans le résoudre définitivement. Nous avons toujours été frappé, durant cette époque, de la présence de ces espèces profondes en surface, et notamment de C. strennuus.

27 mai 1920. — A partir de ce moment, et bien que le phytoplancton soit toujours concentré dans les couches superfi-

LP OÉUT E

cielles, nous assisterons à son déplacement dans des couches un peu plus profondes. Le 27 mai, le maximum se trouve entre 15 et 10 m. ; les couches superficielles sont moins peuplées de phytoplancton que précédemment.

8 juin 1920. — Le moment du grand développement du plancton végétal est passé. Cependant, le maximum peüt encore être précisé ; il se trouve entre 20 et 10 m. Au-dessous, nous ne constatons pas de phytopliancton (celui-ci est donc stratifié). À signaler encore la présence dans les couches superficielles des espèces de profondeur : D. laciniatus, Daphnia, Sida, etc.

A cette date, les volumes aux différentes profondeurs sont les suivants :

m. cm* m. cm* m. cm* 8026020 0,5 10-2307 085 1\OUZOUSMPS GLS SENS ts o—0: 1,1 DO DIEUS DDASS") DO OEREUE

Le maximum de 20 à 10 m. est nettement indiqué.

Nous n’avons pas poursuivi ultérieurement cette étude de la répartition du phytoplancton. Du reste, celui-ci diminue rapidement, et son maximum devient difficile à préciser si l’on n’étudie point chaque espèce en particulier. Ce que nous avons observé suffit du reste à établir la manière d’être du phytoplancton vis-à-vis des deux régimes thermiques si différents de l’hiver et de l’été. Disons encore quelques mots au sujet de la pêche effectuée le 6 juillet 1920. Nous nous sommes rendu ce jour-là à la sortie de la Thielle du lac de Neuchâtel et avons pêché à la sortie même de cette rivière, puis à 50 m. à l’intérieur, et enfin sous le pont de Thielle, c’est-à-dire à environ 800 m. en aval. Nous nous proposions d'examiner si le voisinage du fond (situé à 2 ou 3 m. de la surface) avait une influence sur le volume du plancton récolté. Pour cela, nous avons pêché par exemple à 4 m. de profondeur au large, puis à 4 m. en un endroit où le fond était à cette distance de la surface ; nous répétions les mêmes pêches pour des profondeurs différentes. Voici les résultats obtenus :

m. cm mn. cm 2,20 fond. (à 200 m. de la sortie de la Thielle, dir. Neuchâtel) : 0,3. 2,20 (au large): 0,53 3,10 » (à 500 m. ) » ) MN RE (0) » : 0,4 D D CU LUN ) ) ) AUOT » : ư0:6 12 » (vis-à-vis de Monruz) 12278419 RO

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