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C. Vitesses de relevée des filets

L’un des facteurs principaux dans la pêche du plancton est la vitesse de relevée du filet. En effet, comme nous allons le voir, la quantité de plancton récoltée est en rapport direct avec la rapidité avec laquelle on remonte le filet. [l est nécessaire, au début des observations, de choisir une vitesse uniforme (50 cm. par seconde) et de s’y tenir. L’habitude aidant, on arrive bientôt à effectuer toutes ses pêches avec une grande régularité de vitesse. Ceci a une grande importance, car deux pêches faites avec deux vitesses différentes ne donneraient pas des résultats comparables entre eux. Les tableaux n° 10 et 11 sont relatifs à des pêches effectuées avec des variations de vitesse.

On constate qu'à mesure que la vitesse augmente, le

volume récolté augmente aussi. L’accroissement est régulier et porte sur toutes les espèces, et non pas seulement sur une ou deux espèces.

7 novembre 1919.

Vitesse par seconde Volume

1. 15—0 m. F. 20 7min 1, gcm 1/3 Ocm3,35 DORE » » 4 min. Gcm 1/, Ocm3 4 3. 19—0 » » MAG rseC ON AIRES Ocm$ 475 4... 15—0 » » 68 sec. 23cm 1, Ocm$ 55 9. 15—0 » » 43sec 1/2 3) CM. Ocm3,65 6. 15—0 » » 34 sec. 44 cm. Ocms 7 7. 15—0 » D D4sec 2}, 62cm 1/2 Ocm3 9 Bu SE) » » 17sec if. 88 cm. 1: cm° de ) » » 13 sec. 1n,15 1cms 1 AO 0 > » AOsec }, 4,36 1ems 95

Ici aussi, l’augmentation de volume est très régulière. Le tableau n° 11 indique le nombre d'individus de chaque espèce dans les différentes pêches.

Enfin, nous reproduisons dans le tableau n° 12 les chiffres relatifs à des pêches effectuées de 50-0 m. et de 70-0 m. avec des vitesses très différentes. Les résultats sont semblables aux précédents.

L’on peut exprimer ainsi le rapport existant entre le volume et la vitesse :

La quantité de plancton recueillie est directement proportionnelle à la vitesse de relevée du filet, ou :

L'augmentation de la vitesse de relevée du filet correspond à une augmentation du volume du plancton récolté.

L'augmentation constatée se produirait-elle encore avec des vitesses supérieures à celles réalisées dans nos expériences ? Il est possible que l’on puisse recueillir davantage de plancton, mais il ne faut pas perdre de vue qu’il existe une limite, celle où la quantité totale du plancton serait recueillie. Nous ne savons pas exactement quelle est cette quantité, qui ne pourrait s’évaluer qu’au moyen d’un appareil ramenant à la surface un volume donné d’eau (50 1. p. ex.), lequel serait soigneusement filtré. Cet appareil, du reste, serait fort encombrant et difficile à manier. Toutefois, nous estimons n'être pas loin de la quantité totale du plancton avec nos vitesses maxima de relevée du filet. Pour des raisons d'ordre pratique, nous avons adopté pour toutes nos pêches une vitesse uniforme de relevée du filet. Cette vitesse est de

HS AA

50 cm. par seconde. (On conçoit que sans appareils ad hoc il serait difficile de relever, par exemple, un filet NANSEN à 80 ou 100 m. de profondeur avec une vitesse de 1 m. ou 1",20 par seconde !)

La planche n° II reproduit deux graphiques exprimant le rapport entre le volume et la vitesse de relevée. Les courbes paraissent tendre vers une limite, qui est celle où la quantité totale de plancton présente dans le volume d’eau filtrée serait recueillie.

D. Fixation et dénombrement du matériel.

Nous avons procédé d’une manière uniforme pour toutes nos pêches. Le filet étant relevé, nous ouvrons le robinet qui le termine à sa partie inférieure et recueillons le plancton dans un flacon d’une contenance de 350 cm*. Nous avons soin de laver chaque fois soigneusement le filet en le plongeant à deux reprises dans l’eau (l'ouverture supérieure restant audessus de la surface) et de recueillir le plancton qui s’est encore amassé dans l’entonnoir. Aussitôt après, nous fixons notre pêche au moyen du formol à 40 % (une petite dose suffit). La conservation se fait fort bien et l’on peut garder ainsi le matériel fixé pendant plusieurs années sans qu'il se détériore. (Certains tubes contenant du plancton de 1900 étaient aussi bien conservés, en 1920, que du plancton récolté cette même année.)

Après avoir ainsi fait une série de pêches, nous apportions les flacons au laboratoire. Le contenu total de chaque flacon est alors versé dans un long tube de 4 cm. de diamètre, rétréci à sa partie inférieure et relié lui-même par le bas à un tube plus petit, gradué en dixièmes de cm’. Le plancton se dépose peu à peu au fond du tube gradué, et il ne reste plus qu’à lire la quantité recueillie. Ici encore, nous avons procédé systématiquement, car le volume tassé au fond du tube varie suivant le temps laissé au plancton pour se déposer. Nous notions deux fois le volume, une première fois après vingt-quatre heures (puis nous renversions plusieurs fois le tube gradué afin de provoquer une seconde sédimentation, le tube supérieur étant enlevé) et une seconde fois vingt-quatre heures après l’opération précédente. C’est cette dernière évaluation qui nous a toujours fourni nos chiffres.

Le tableau ci-dessous montrera qu’il est nécessaire d’opérer systématiquement. Nous avons fait sédimenter une série

de pêche. Toutes les vingt-quatre heures (pendant une semaine), le plancton déposé était évalué volumétriquement, puis rebrassé afin de provoquer une nouvelle sédimentation. On constate que les chiffres varient d’une opération à l’autre.

98 mars 1920.

AO OUT NCe gme 7. Ame j. one 7. one 7me j.

mn. cm° cm* cm* cm* cm cm cm* A0) () 1,4 LS UOT SES MD LS 1,5 1,5 20 — 10 2 DES NOLS 2,6 2,9 2,29 0 30200 Pere 2 1951 4,9 1: 4,85 18 102808 40 APTE OLIS LS CU ASE PE D0 — 40 il 12 1215 PRE il 1 4] CU SU MED 20 Et 0.8. 10.8. (ei -015 AU 80-260 4 44 . 1 1.05 095 1 0,95

La seule manière d’étudier le plancton et d'obtenir des résultats comparables entre eux, est celle du dénombrement. Chaque pêche a fait l’objet d’un dénombrement particulier. A cet effet, tout le plancton d’une pêche est versé dans un récipient de forme sphérique. Nous ajoutons un mélange d’eau et de glycérine, de manière à ce que le contenu du récipient atteigne 40 cm’, puis le tout est secoué durant deux minutes, de manière à obtenir un mélange aussi uniforme que possible. Nous plongeons alors très rapidement dans ce mélange une pipette cylindrique HENSEN d’une contenance de 1 em’. Le contenu de la pipette est alors déposé sur la plaque à dénombrer, et le tout placé sur une étuve chauffée à 80° C. Après quelques minutes, l’eau s’est suffisamment évaporée pour que le plancton reste attaché à la plaque. Il ne reste plus qu’à compter.

Le mélange Eau + Glycérine a cet avantage d'empêcher une dessiccation complète du plancton, la glycérine ne s’évaporant pas (la proportion du mélange est d'environ une partie de glycérine pour quatre parties d’eau). La plaque à compter (HENSEN) est divisée en 40 X 20 — 800 carrés de 1 ‘/, mm. de côté. Nous faisons défiler la plaque entière sous l’objectif et notons chaque individu de chaque espèce par un trait sur une feuille de papier. Tous les individus des genres Bythotrephes et Leptodora présents dans chaque pêche étudiée ont été comptées à l’œil nu, avant d’effectuer la dilution Plancton + Eau + Glycérine. Le nombre réel d'individus des autres espèces présentes dans la pêche étudiée s’obtient en multi.

pliant par 40 le total d'individus dénombrés sur la plaque à compter. Enfin, tous nos tableaux indiquent le nombre de milliers d'individus sous 1 m° de surface, à la profondeur où la pêche a été effectuée. Rappelons encore qu’en relevant de 1 m. le F. 12 ou le F. 20, on filtre une quantité d’eau de 49 1. soit 490 I. pour 10 m. de relevée. Avec le filet Nansen, on filtre 102 1. par mètre, soit 1020 1. pour 10 m. Il est dès lors facile de calculer le nombre total d'individus présents dans n'importe quel volume d’eau.

Valeur de la méthode. — La méthode utilisée présentet-elle une rigueur suffisante, et n’est-on pas exposé à obtenir des résultats fantaisistes ? Il peut sembler au premier abord que la méthode consistant à mélanger le plancton avec de l’eau et de la glycérine dans un récipient et d’en prélever le ‘/, doive réserver des surprises, le contenu de chaque pipette devant, semble-t-il, différer chaque fois. Mais tel n’est pas le cas, ainsi que le prouve le tableau n° 13. Le mélange obtenu par brassage du plancton est très uniforme au bout de 2 minutes, et la pipette ramène une proportion relativement très exacte d'individus de chaque espèce.

La différence en % d’une épreuve à l’autre est toujours faible. Comme on le voit, la méthode est excellente, tant au point de vue qualitatif qu’au point de vue quantitatif, lorsque le nombre d'individus n’est pas trop minime.

La plaque comptée, le reste du mélange est filtré au papier Joseph et recueilli dans un tube. Il ne peut plus alors servir qu'à des recherches qualitatives, car, dans la filtration, une partie des individus (surtout des Rotateurs) reste attachée au papier-filtre.

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