‹ Contribution à l'étude et à l'interprétation des phénomènes cardio-vasculaires engendrés par l'effortChapitre 13 sur 43 · CHAPITRE Il · texte numérisé non relu

CHAPITRE Il

La tension artérielle et le pouls

La sensation du cœur qui bat fort et vite après un exercice

violent, comme il bat surtout fort après une émotion, les

« palpitations d'effort » — pour les appeler par leur nom — sont un fait bien connu. Aussi, l’idée devait nécessairement venir d’apprécier d’une façon plus précise les rapports avec l’effort de la fréquence et de l’énergie des contractions car-

diaques : la mesure de P et de TA s’ofirait à cet effet. Quel. .

ques observateurs ont étudié isolément les variations de P; la plupart ont étudié simultanément P et TA, et ce sont leur travaux que nous exposerons en premier lieu, nous attachant

tout d’abord à y mettre en relief ce qui concerne TA.

L'EFFORT ET LA TA. = C’est une notion banale en

pathologie que celle de l’hypertension instantanée qui accom-

pagne l'effort : ainsi l’invoque-t-on souvent comme cause occasionnelle d’hémorragie cérébrale. fe

Cependant, Marey écrit en 1881, « la gymnastique et l’effort sont deux moyens infaillibles de faire baisser temporairement la TA ».

Potin, lui, soutient l'opinion contraire : « un travail musculaire notable, écrit-il en 1902, élève toujours: la pression, pourvu qu'il soit modéré et peu prolongé ». Par contre si « l'exercice élève la pression », dit-il encore « la fatigue l’a-

NA

rte si dèmbn tir res Sora ht Fe

a hit mrrix 3 le nel ed ind dr SL à Vide

De dédie ds) td dont

ag 1

dite és MO

die a à

dé it dé nd

ie

baisse. l’effet d’un exercice violent est an abaissement immédiat de la TA, suivi d’un relèvement plus ou moins prompt

ou tardif, suivant le degré de résistance du sujet ». Cette pre-

mière distinction qu'apporte Potain, qui introduit,dans ces

phénomènes la notion subjective de fatigue et de violence de l'effort, fait mieux ressortir les divergences étonnantes entre des observateurs également éminents.

Depuis lors, les observations contradictoires se sont succédé. Et l’on a beau être pénétré de cette idée que la TA a une valeur strictement individuelle, qu’elle est une résultante de facteurs nombreux et variables, qu'elle est pour chacun de nous en perpétuelle transformation, ce beau désordre ne satisfait pas l'esprit. S.

D'après Gallavardin, Jean Heiïtz, de Meyer, etc., il semble qu'on puisse résumer ainsi l'opinion contemporaine :

— Un exercice léger, ne modifie pas sensiblement Mx, mais l’abaisse plutôt. É SE LE

— Un exercice notable, mais encore modéré, élève toujours Mr, et d'autant plus que le travail est plus intense : cette ascension pouvant atteindre jusqu'à D et 10 cm. Hg.

— Un exercice exténuant abaisse Mx.

— Quant à Mn, elle varie peu dans tous les cas, les variations portant donc sur PV principalement.

— Enfin P s'accélère d’abord comme Mx, puis s'accroît brusquement quand Mx s’abaisse.

Il faut y ajouter ce correctif important : ces trois phrases, selon l’exercice et selon l'individu, se succèdent plus vite si l'individu est moins résistant ou moins entraîné; au contraire elles ne dépassent pas la première ou la deuxième, si l'exercice considéré fatigue peu l'individu considéré, tout ici étant relatif et justifiant pleinement cette phrase de Potain : «Il n'y a pas de rapport nécessaire et constant entre l'exercice

si oh

musculaire et une modification déterminée de la pression. Cette modification peut être nulle; elle peut se produire dans un sens ou dans le sens contraire, suivant les sujets, suivant

le degré de fatigue que l'exercice détermine. »

Ce point de vue laisse, néanmoins, des divergences suhbsister. Par exemple, Mx s'élève-t-elle d’une façon continue, ou bien monte-t-elle brusquement pour se maintenir ensuite en plateau, ou même pour décroître progressivement ? et l'apparition de la fatigue coïncide-t-elle avec un accroissement, ou bien avec une chute de Mx.? Si bien qüe, malgré tout, l'on garde l'impression, devant ces phénomènes discordants et compliqués qu'il doit exister en cette question une “cause

d'erreur initiale : Voici où nous pensons qu'elle réside. .

La plupart des auteurs ont étudié les variations de TA après l'effort; puis ils ont interrompu un exercice en cours, el mesuré ainsi à plusieurs reprises TA au cours de l’exercice. Mais ils n’ont pas assez pris garde que, pendant la mesure, le sujet était au repos. Et, soit que les observateurs aient induit des valeurs ainsi trouvées aux valeurs supposées pendant

l'effort; soit que ceux qui ont lu (trop vite) et commenté leurs

travaux se soient laissé tromper par les mots, nul d’entre

eux n'a tenu compte des modifications instantanées, mais

variables, qui peuvent accompagner l'arrêt de l'exercice.

En sorte que nous étudierons d’abord les variations de TA qui accompagnent l'effort, enregistrées sans interruption et véritablement pendant celui-ci: Ainsi munis, nous comprendrons mieux la signification des valeurs observées dans l’intervalle ou à la cessation d’un travail physique, c’est-à-dire les variations de TA après l'interruption d’un effort plus ou

moins prolongé, plus ou moins fatigant,

kde

ne

Page 1