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VARIATIONS DE TA PENDANT L’EXERCICE. — Ia mesure de TA pendant le travail musculaire présente, certes, quelques difficultés techniques. Celles-ci ne sont pourtant pas
insurmontables; il s’en faut; et nous avons été fort supris de la rareté des documents, à cet égard.
La très importante observation de Chauveau et Lortet, que nous avons déjà citée, est la première en date. Rappelons que ces’auteurs ont observé sur le cheval, pendant la mastication, la diminution puis, très rapidement, l'élévation de la TA carotidienne, ces variations portant surtout sur Mx et PV. La vitesse du sang croissait, elle, de façon continue (ainsi que P), cette accélération n'étant pas seulement locale, mais se répercutant à tout l'organisme. |
Masing, lui, faisait exécuter des mouvements de la jambe, tandis qu'il mesurait TA au bras. Il constata une élévation très nette de Mx, l’abaissement très rapide après la cessation, avec retour progressif à la normale, Mn variant un peu. Il remarqua que chez les individus âgés ou fatigués, cette hypertension avait peine à se maintenir, et que Mx commençait à baisser avant la fin de l’exercice.
Chailley-Bert et Langlois ont utilisé, en 1921 au labora: toire de Physiologie appliquée à l'Education Physique, un dispositif incomparablement meilleur. À l’aide &’une capsule oscillographique de Pachon-Boulitte, ils ont obtenu un tracé ininterrompu de TA pendant le travail. Il suffit de mesurer Mx et Mn au repos; puis, à l’aide de l’oscillation-étalon ainsi obtenue, de chercher à chaque moment, pour quelle contrepression dans le brassard on la retrouve, ce qui évite bien des tâtnnements. Il faut observer Mx et Mn en des expériences
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distinctes aussi semblables que possibles; puis on réunit les”
deux courbes sur un même graphique.
Pendant des efforts statiques prolongés jusqu'à la fatigue (tels que le port de 5 kgr. à bras tendu ou la pression d'un dynanomètre), le blocage thoracique du début de l’effort élève légèrement Mx (qui passe, par exemple, de 15 à 16), ce léger ressaut disparaît presque aussitôt, puis au bout de quelques
secondes Mx recommence à s'élever (pouvant atteindre 25 à
3o cm. Hg si l'effort est violent), puis se maintient en plateau, variant peu jusqu'à la fin. En somme, l'ascension de Mzx est continue, mais irrégulière, elle peut même être plus rapide pendant la deuxième moitié de l'exercice que pendant la première. Enfin, la variation brusque du début peut être non plus positive, mais négative.
La courbe de Mn est analogue, mais en général moins élevée.
Au moment où l'effort cesse, Mx retombe brusquement au voisinage de son niveau initial, puis remonte au niveau qu'elle vient de quitter, tout ceci en l’espace de quelques secondes: Mx baisse ensuite progressivement jusqu’au chiffre primitif. ee
Pour Mn, la chute brusque, à l'arrêt, est encore plus considérable: Mn se maintient quelques secondes nettement audessous de son chiffre initial. Puis elle se relève, retombe encore, oscille ainsi plusieurs fois et retombe finalement et ne remontera à son chiffre initial que bien après Mx.
Ainsi, PV, qui s'est accrue pendant l'effort, s'accroît encore immédiatement après, puis revient peu à peu à la normale.
P de son côté, s'accroît dès le début de l'effort, atteint son maximum dans les 30 premières secondes, et s’y maintient ensuite avec de faibles variations. À l'arrêt, P décroit rapide-
ment mais si sa chute est d'abord moins intense que celle de
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TA, il regagne par contre plus rapidement son chiffre initial. La courbe que nous reproduisons (fig. 1) a été obtenue pendant un effort dynamique consistant en flexions répétées
sur les jambes; on y observe également ce que nous venons
d'exposer.
Grâce au tapis roulant de Langlois, Chailley-Bert a égale. ment noté les variations de TA pendant la marche : la mise en train fait passer Mx de 15 à 19 (par exemple), puis celle-ci retombe à 17 au bout de 5 à ro minutes, et s’y maintient jusqu à la descente qui suit l'arrêt; à ce moment, elle se main-
tient souvent à 1 ou 2 cm. au-dessous de Mx initiale, pendant
1/4 d'heure, 1/2 heure et même plus. Plus la pente est forte,
plus la marche est rapide, et plus Mx s'élève. L’ apparition de la fatigue coïncide avec une légère élévation: de Mx. Mn suit une courbe identique, mais à l'arrêt ne s’abaisse pas audessous de. son chiffre initial, si bien que PV diminue. Malgré tous leurs efforts, ces auteurs n'ont Lit prendre de
tracés satisfaisants pendant la course.
C'est dans le même laboratoire, avec M. Chailley-Bert, et selon une technique voisine, que nous avons expérimenté nous-mêmes. Nous avons utilisé le cycle ergométrique de Langlois; le brassard de l’oscillographe étant fixé au bras gauche qui restait inerte et ballant, nous avons enregistré la courbe des oscillations de nos sujets, en selle et au repos, puis au cours du pédalage, sans interrompre celui-ci. Nous avons reporté ces courbes sur un graphique; il suffit de réunir entre elles les valeurs différentes de Mx et Mn pour en suivre les variations. Cette méthode présente l'avantage de laisser apparaître les divers aspects des tracés suivant les critères adoptés pour déterminer Mx et Mn. On pourra se convaincre par l’examen des. figures 2 et 3 que ces critères sont sans influence sur l’aspect
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général de la courbe. Si en ce qui concerne Mn nous avons adopté, autant que possible le critère de Gallavardin, de préférence aux critères de Pachon, le primitif ou le récent, c'est surtout à cause de sa position intermédiaire entre ceux-ci.
Nous avons également pris quelques tracés au Laboratoire de Physiologie du Travail des Arts et Métiers. Nous utilisions le cycle Amar et l’oscillographe muni du séparateur automatique de Faillie. Ce dernier instrument, extrêmement ingénieux, ne permet malheureusement pas encore, en sa réalisation actuelle, l'inscription rapide de TA, et nous avons renoncé, à regret et faute de temps, à l'utiliser au cours de l’effort.
Voici ce qui nous avons enregistré :
1° Le type respiratoire a toujours une action sur TA, mais celle-ci est complexe, variable selon les individus et selon
l'amplitude et la fréquence des mouvements respiratoires.
>° Mx monte notablement dès le début du travail, puis, l'intensité de celui-ci ne variant pas, Mx se stabilise en « pla-
teau de travail » (suivant l'expression de Pachon).
3° Mn varie diversement, augmentant ou diminuant au début de l'exercice, puis se stabilisant. Il semble que son ascension soit d'autant plus nette que l’effort considéré est plus pénible pour l'individu considéré (comme: si les résistances périphériques croissaient avec l'intensité relative de l'effort).
4° Il arrive donc toujours un moment, au cours d’un effort assez prolongé, où PV augmente. à
5° P s'accélère rapidement et en quelques minutes (plus vite que TA), il atteint un chiffre autour duquel il se maintient en plateau. S'il varie alors, c’est faiblement, et rarement dans le même sens que PV (comme si, le régime stable du
cœur une fois établi, celui-ci ne le modifiait que par l’un
Fig. 1.
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