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de direction, il devient plus antéro-postérieur, d’où la diminution de l'ombre projetée. » En effet, « par l’orthodiagraphie, on n'évalue pas le volume réel du cœur, mais son aire de projection pour une direction donnéé. de son axe... En admettant que d’autres causes interviennent, elles sont masquées par ce phénomène qui domine la scène, » La diminution réelle de volume du cœur paraît donc illusoire à Bordet.
L'agrandissement de l’aire qui survient après les exercices violents et prolongés est-il, par contre, la traduction pure d’une dilatation des cavités cardiaques ? Bordet ne le pense pas : le coureur exténué est en état d’anhélation, et lorsqu'il suspend sa respiration, il le fait en expiration. Aussi, l’élargissement de l'ombre traduit-il en grande partie le relève ment et le refoulement en profondeur de la pointe et de l'axe du cœur. « Ce n’est qu'en procédant à un examen radioscopique un certain temps après l'effort, lorsque le rythme respiratoire est redevenu normal, que l’on peut seulement considérer l'agrandissement persistant des diamètres orthodiagraphiques comme correspondant à une dilatation réelle du cœur. » =.
Bordet insiste également sur l'attention qu'il convient d'apporter à l'examen radioscopique des battements du cœur. L'amplitude et la rapidité de ceux-ci changent toujours à l’occasion d'un effort. « Le rythme s'accélère, et les mouvements d'expansion diastolique s’accentuent. Moins la fré. quence est grande, plus les battements sont forts. On peut
arriver par un repérage minutieux à évaluer leurs oscilla-
tions et l’on constate qu'elles doublent facilement de valeur,
passant par exemple de 2 à 4 mm. Cet élargissement si minime
plots
en apparence de l'ombre diastolique, en projection plane,
implique un accroissement important de cubage de l'organe. »
Pour petite qu'elle soit, la dilatation du cœur n’en est pas
moins certaine. Mais elle est du même ordre de grandeur que
la marge d'erreur admise pour les observateurs les mieux exercés (3 mm. en moyenne). En outre, « le repérage de tous les points du profil cardiaque se fait, non pas pendant la diastole ou pendant la systole, mais plus près de la systole que de la diastole à cause de la plus grande densité de l’ombre systolique ». On comprend dès lors « qu'un radiogramme soit incapable de traduire des variations de volume qui ne AÉpasseel pas
les flottements inhérents à la technique ».
Ainsi, conclut Bordet, « La diminution de l'ombre du cœur après un effort intense, mais court, ne répond pas à une diminulion vraie de l'organe; loin de diminuer, les cavités cardiaques se dilatent, et leur accroissement se manifeste à l’écran par l’amplification des battements, c’est-à-dire par une réplétion diatoslique plus grande. »
- Quant à la dilatation systolique, elle n’est pas apprécia: ble. « Il semble que le cœur du sujet qui vient de courir chasse le sang qui le distend à chaque diastole par une contraction assez énergique pour ramener son volume à ses dimensions premières (1). »
Bordet oppose enfin à ces caractères de la dilatation physiologique, les signes inverses de la dilatation pathologique : augmentation diastolique peu marquée, mais augmentation
systolique importante et permanente.
(x) Rappelons que Meek et Eyser ont trouvé, par leurs radiographies rapides, non seulement une dilatation diastolique, mais une tétraction systolique, au cours même de l'effort.