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Avant de quitter l'étude de l’influence immédiate de l'effort sur le volume du cœur, signalons les recherches expérimentales et quelque peu barbares de Knud Secker. Il fait travailler des animaux durant un temps variable, parfois jusqu'à l’anéantissement, puis il examine «in situ » leur cœur plus ou moins longtemps après le travail. Il a constaté ainsi des modifications à peine sensibles, souvent nulles et parfois contradictoires dans les efforts progressifs; une dilatation temporaire dans les efforts épuisants; enfin, une hypertrophie de travail temporaire également, disparaissant au bout de quelques jours. Nous n’aurons plus, de la sorte, à exposer plus loin ces expériences, s’il nous advient de les évoquer à nou-
veau.
L'importance du jeu du diaphragme, dans les modifications de l'aspect du cœur, ainsi que dans le syndrome d'effort, mérite quelques précisions spéciales, que nous empruntons à l'étude récente et très complète de R. Trèves sur le rôle de ce muscle de la respiration (fig. 7).
La facilité avec laquelle on a pu méconnaître l’état d’inspiration profonde, où s’immobilise après l’effort le sujet qu’on examine en apnée, s'explique par le faible rôle que-joue le diaphragme dans cet état respiratoire (presque tout entier sous la dépendance de l’ampliation thoracique). Le diaphragme est même souvent plus élevé en inspiration forcée qu’en inspiration tranquille et les modifications considérables de l'aspect du cœur, étalé ou diminué et globuleux selon les cas, semblent liées aux tractions subies par le sac péricardique et
aux mouvements des parois thoraciques plus qu'à ceux du
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diaphragme. En expiration forcée, par contre, le diaphragme joue un rôle important, quoique purement passif. Le rôle actif de sa contraction paraît limité à l'inspiration tranquille ordinaire. Quant à la forme de l’ombre du cœur aux variations d’axe qui la modifient selon le temps respiratoire, et à leur signification réelle, Trèves aboutit aux mêmes conclusions que Bordet.
Une autre confirmation du point de vue de ce dernier est encore fournie par ce fait que, après un travail musculaire, les positions d'inspiration et d'expiration normale se rapprochent constamment des positions d'inspiration et d'expira-,
tion forcée.
Trèves rappelle l’influence favorable de linspiration sur la circulation du cœur droit et du poumon, défavorable pour le cœur gauche et l'aorte; et l'influence contraire de l’expiration. Il se demande si la respiration forcée ne peut entraî ner des dilatations légères des cavités droites et gauches, alter. nativement.
Dans le même ordre d'idée, on peut se demander quelle est l’action sur le volume du cœur de la surpression qu'il subit pendant l'effort, et qui peut atteindre 15 em. Hg, avonsnous dit. Logiquement, il devrait comme fait l'aorte selon Marey — se vider un peu et se rétracter. Mais ces modifications sont encore d’un ordre de grandeur semblable à celui de l’erreur admise en ces sortes de mesures. Et fussent-elles visibles que la nutation de l’axe du cœur les masquerait simultanément (1).
(x) Des diagrammes tracés à notre intention par M. Trèves pendant un « syndrôme d'effort » réalisé sous l'écran, il semble résulter que
l'ombre cardiaque se superpose alors à peu près (plutôt réduite) à l'ombre observée pendant l'inspiration forcée. \
Les variations électriques engendrées par la contraction
cardiaque ont été utilisées également par quelques auteurs.
Gasser et Meek (1914) ont ainsi montré que la diastole se raccourcissait dès la deuxième contraction cardiaque après le début de l'effort, et pouvait diminuer de la sorte de 25 % avant
que le sang des muscles en travail ait pu atteindre le cœur.
Voici quel était le sens des conclusions de Pende en 1917 : Les modifications de l’électrocardiogramme consécutives à un travail modéré ne sont pas constantes chez tous les sujets. Eu règle générale, ces modifications ne correspondent pas à celles que l’on a attribué à l’excitation des sympathiques; il en est au moins ainsi quand la fréquence cardiaque n’est pas fortement augmentée par le travail c’est-à-dire quand ce travail n’est pas prolongé et épuisant. Dans ces conditions il n'existe pas de rapport entre le degré de l'accélération cardiaque et les modifications des oscillations électriques. Il n’y a pas de rapport entre le raccourcissement de la systole et l’élévation de l’onde T. Chez les sujets sains, la durée de la systole diminue dans l’activité musculaire; en règle générale, il existe un rapport entre l'accélération et le raccourcissement systolique- Au contraire, un tel rapport ne peut se démontrer pour le temps de conduction atrio-ventriculaire qui, par le travail, diminue ou reste constant. Ce temps de conduction s’allonge souvent au contraire chez les sujets faibles (chez lesquels P et T'augmenteraient également).
Cluzet, de son côté, écrivait en 1919 : « En comparant les. électrocardiogrammes obtenus avant l'effort avec ceux obtenus après, on constate sur ces derniers deux modifications bien caractéristiques : 1° un rapprochement des groupes d’ondula-
ds 2 thdé
ee
tions principales, correspondant à une fréquence deux à trois fois plus grande des révolutions cardiaques; 2° une augmen-
tation d'amplitude des ondulations secondaires du tracé. »
« À propos des ondulations principales, il y a lieu d’observer que les ondulations ventriculaires gardent la hauteur . qu'elles ont avant l'effort (hauteur d’ailleurs très variable selon les sujets), l’ondulation auriculaire, lorsqu'elle se distingue nettement occupe par rapport aux ventriculaires une situa-
tion normale. »
« L'augmentation d'amplitude des oscillations secondaires qui donne aux tracés obtenus après l’effort un aspect « tremblé » très caractéristique, pouvait être due soit à la fibrillation de l'oreillette, soit à une augmentation des variations électriques des muscles des membres supérieurs, interposés dans la dérivation « main droite, main gauche ». Or, après avoir fait exécuter les exercices ordinaires, nous avons fait accomplir divers exercices (sautillèments sur place, mouvements du cycliste), le sujet étant couché sur le dos, auxquels ne participaient pas les muscles des membres supérieurs. Les tracés obtenus alors ont des ondulations secondaires beaucoup moins accusées, et l’ondulation auriculaire apparaît à peu près cons-
tamment à sa place normale. »
Avant d'abandonner l’électrocardiogramme, signalons ici que dès 1916, Vaquez et Bordet ont conelu que les caractéristiques des électrocardiogrammes ne pouvaient suffire à carac-
tériser l’hypertrophie de l’un ou l’autre des ventricules.
La question de la durée relative de la diastole et de la systolé selon le rythme du cœur avait déjà intéressé Tigerstedt (1907) qui, expérimentalement, avait vu que la diastole variait surtout : La systole passait de 38/100 à 19/100 de seconde
PSE
quand P passe de 32 à 124 (en d'autres termes, le rapport
diastole
passe alors de 4 à 1,5. Bower (1903) et Buchanan systole :
(1910) avaient aussi devancé l’électrocardiogramme, et montré que dès la deuxième contraction, le cœur s'accélère par rac: courcissement de la diastole et ce fait apparaît nettement sur un vieux tracé de Chauveau reproduit par Marey. Il apparaît bien ainsi que le cœur multiplie la fréquence des systoles, au détriment de son temps de repos tout d’abord, puis également
en se contractant plus rapidement.
L’auscuitation du cœur après un effort n'est pas chose facile : les mouvements respiratoires répétés, la fréquence de P constituent par eux-mêmes une difficulté à vaincre; ils sont aussi — écueil plus grave — une source féconde de souffles extracardiaques, Avant d'analyser les bruits divers et nuancés qu'ont entendus de nombreux auteurs, il fallait faire cette réserve primordiale, et insister sur son importance souvent
méconnue.
. Les bruits normaux se rapprochent et se modifient quand l'exercice se prolonge : le premier bruit devient intense et prolongé; le deuxième retentissant et bref, dit Boigey. Pour Rehfisch, c'est au foyer aortique que ce deuxième bruit est plus accentué; à quoi Hirschfeld répond que c’est souvent le deuxième bruit pulmonaire qui s'accentue le plus nettement après un effort modéré, traduisant l'hypertension de la petite
circulation. Le petit silence diminue, mais le grand surtout et.
d'abord.
Les bruits surajoutés les plus variés ont été notés, sans
compter les souffles extra-cardiaques parmi lesquels nous ranserons les modifications de tonalité et les « murmures » imprécis de nombreux auteurs étrangers. Boigey signale un roulement diastolique, traduction d’un « spasme du myocarde », signe avant-coureur du surmenage et dont l’apparition serait presque la règle; mais signe transitoire auquel succèdent les grands souffles tricuspidiéns qui traduisent la dilatation du ventricule. Goodall a pu produire par l'exercice violent chez des sujets sains, non seulement un souffle’tricuspidien, mais un redoublement passager du deuxième bruit pulmonaire, et un souffle systolique pulmonaire. Kramer, enfin a vu plusieurs soldats chez lesquels s'établit à la suite de fatigue, le tableau clinique de l'insuffisance mitrale qui
disparut par le repos.
Tels sont les bruits anormaux qui ont été entendus après des efforts intenses, et par d’autres auteurs encore. La plupart de ces bruits ont été attribués à des insuffisances ou à des rétrécissements orificiels fonctionnels. À plus forte raison, tous ces mêmes bruits, entendus de façon durable chez des Spor-
tifs, ont-ils été attribués à l’abus des sports.
« LE CŒUR FORCÉ ». — Ainsi sommes-nous amenés à parler de cette question capitale, et combien débattue, de l'influence sur le cœur du surmenage physique : l'insuffisance aiguë du cœur est-elle possible sous la seule influence d’une « débauche d’effqrts » ? Comme le remarque Lian, la littérature médicale est à ce sujet aussi abondante que contradictoire. Il s’agit du reste surtout d'opinions personnelles et d'interpré-
tations, bien plus que de faits précis et probants, dans un sens