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animaux fatigués, à côté d’altérations légères susceptibles en apparence de régresser, de la dégénérescence hyaline puis graisseuse de Ia fibre myocardique, avec vacuolisation des noyaux et infiltration de cellules embryonnaires. Mais Galli estime qu'il ne faut pas attacher trop d'importance aux expériences faites sur les animaux et, contrairement à Devoto qui admet aussi la réahité de la myocardite aiguë par surmenage, il croit que celui-ci ne peut réaliser que des troubles fonctionnels cardiaques. Toutefois, ces deux derniers auteurs n’ont
apporté aucune preuve anatomique à l’appui de leur opinion.
En fin de compte, Lian semble admettre l’existence de lésions du myocarde par surmenage intense, et, sinon d’asystolie, du moins de troubles durables chez des sujets sains
(dyspnée, palpitations, douleurs précordiales).
Vaquez hésite, doute ici de ces lésions anatomiques, et semble les admettre là; finalement, il rappelle que des lésions minimes ou nulles peuvent s'accompagner de signes d’insuffisance cardiaque avérée et inversement. S'agit-il alors de modifications histo-chimiques transitoires? Vaquez admet, en tout cas, que la dilatation aiguë par surmenage survient chez des individus en état de « méiopragie » cardiaque.
- Josué et Paillard croient, comme Peter, à une myocardite autotoxique. Castaigne et Esmein ont admis l'existence de myocardite, aiguë ou chronique, par surmenage; mais faut-il admettre qu’une myocardite latente préalable doit exister, agcravée seulement par le surmenage de la façon éclatante que l’on sait ? Heckel estime que, sauf lésion antérieure, les substances ponogènes touchent le cœur comme tout l’organisme, peut-être même plus facilement; mais qu'il s’agit là d'intoxication, d’inhibition transitoire, et non de lésion réelle
et définitive.
La meilleure façon de contrôler l'influence isolée de la fatigue musculaire intense est de chercher ce qu'on voit dans les milieux sportifs. À l'Université de Wisconsin, Bardeen a observé quatre cas de dilatation aiguë à la suite de courses prolongées; Shumacker et Middleton, à la même Université. ont vu trois cas de dilatation aiguë sur 200 athlètes, contre un cas sur 4.000 élèves non sportifs; ils concluent que les lésions du myocarde sont 60 fois plus fréquentes chez les athlètes. Il est en effet très possible que ces athlètes n’eussent jamais présenté de dilatation s'ils n'avaient pas fait de sport. Mais ici comme toujours, il s’agit de savoir si le sport crée, ou s’il révèle seulement une débilité cardiaque, attribuable à toute autre cause. Les observations publiées sont peu démons: tratives à cet égard. En outre, cette publication, faite quelques mois après celle de Barden, force à se demander s’il ne s’agil pas des mêmes cas ? Ces auteurs signalent aussi que des cœurs en apparence sains supportent mal l'effort, alors que d’autres cœurs, connus pour malades, le supportent bien; et ils estiment que « chasser un rhume en prenant de l'exercice
est une chose dangereuse ».
Torgersen cite, — et ceci corrobore cette dernière opinion, — le cas d’un jeune athlète de 0 ans qui voulut après un entraînement rapide, interrompu par une amygdalite, prendre part à un match d'aviron. Il présenta, après l'épreuve, des signes de collapsus cardiaque et pendant des années, il continua à souffrir de palpitations et d’essoufflement. Cet auteur cite un autre cas chez un rameur, et trois cas chez des skieurs, :
e de lésions cardiaques persistantes.
Quelques troubles du rythme (en dehors, évidemment, de
la tachycardie), ont été signalés. Shumacker et Middleton ont trouvé après des efforts prolongés de l’arythmie, due, pensentils, à une lésion de la conductibilité. Chez 20 coureurs, après un Marathon, White n'a pas trouvé d’alternance du pouls; mai il a noté chez l’un d’eux une extra-systole d’origine ventriculaire, et chez deux autres une arythmie sinusale pro noncée. D'autres auteurs, après la même épreuve, ont signalé l'accroissement de l’aire cardiaque, ainsi que nous l'avons déjà dit"
Nous avons compulsé avec soin la collection des Archives des Maladies du Cœur depuis 1913. Nous avons cité tous les faits que nous avons trouvés dans cette importante revue, el dans tous les travaux dont notre bibliographie fait mention : on voit qu'ils ne sont pas nombreux. ;
Bellin du Coteau, ancien champion de France d'athlétisme, n'a jamais vu en 25 ans de vie médico-sportive, un seul accident de défaillance cardiaque survenir sur aucun terrain de sport. Chailley-Bert, ainsi que Richard, en ont observé un seul-cas, — le même, — sans pouvoir affirmer que cette insuffisance aiguë ne s'expliquait pas aussi par des raisons étraneères à l'effort qui l'avait déclanchée. +
Heckel a examiné et interrogé de nombreux sportifs, amateurs ou professionnels, de qui l’on disait qu'ils venaient de « forcer leur cœur ». Il s'agissait chaque fois de ce que les sportifs appellent « défaillance », sans préjuger de sa nature, et qui n'est que le besoin integse d'oxygène, après un effort intense, accompli thorax bloqué; ou une lipothymie par fatigue générale, émotion, épuisement nerveux, avec grande pâleur du visage, mais aucune cyanose, un cœur rapide, mais sans excès, peu d’essoufflement, une TA basse, mais pour Mx et pour Mn; le tout cédant vite après l'ingestion de boisson ou de nourriture, et quelque repos. « Il suffit, dit Lian, de
ne en
se réporter aux incidents de la vie quotidienne, qui comportent des lipothymies, des syncopes chez des sujets exempts de toute lésion cardiaque », pour ne pas s’étonner de ces faits
Combien d’athlètes, dont on avait annoncé le « claquage cardiaque » — tel le prodigueux nageur Weissmüller, que nous avons vu aux derniers Jeux Olympiques — et qui continuent d'étonner le monde sportif par leurs prouesses. À moins d'admettre la proposition paradoxale de Shumacker et Middleton que des cœurs qu'ils considèrent comme fortement lésés peuvent pourtant « se montrer plus aptes à soutenir l’homme dans des épreuves ”athlétiques que ne le ferait un
cœur normal! ».
Notre expérience sportive personnelle — ne portant il est vrai que sur 12 années — nous a parfois montré des sportifs
surmenés, mais jamais de sportifs au cœur défaillant.
Tous les auteurs, cependant, sont d'accord pour signaler que si l'enfant et l’adulte offrent une grande résistance cardiovasculaire à la fatigue, l'âge de puberté mérite des ménagements spéciaux, et s'accompagne souvent, en dehors de tout surmenage, de troubles circulatoires transitoires, étiquetés «troubles de croissance ». Telle était dès 1895 l'opinion de Potain et Vaquez; Shumacker et Middleton, Boigey, Heckel, Richard y ont insisté depuis. L’accroissement du thorax plus rapide en hauteur qu'en largeur, la dyspepsie par abus de féculents, le surmenage intellectuel, le rachitisme, ont été invoqués; mais surtout le déséquilibre endocrinien qui peu: se prolonger au-delà de l’époque normale de la puberté. Chez
ces adolescents, ainsi que chez ceux dont le passé pathologique
a rendu le cœur fragilé et qui commencent à cet âge la pratique des sports, le sport ne crée pas une débilité cardiaque, il ne fait que la révéler.
LE « GROS CŒUR ;, DES ATHLÈTES, ET L'ACTION A DISTANCE DES EFFORTS. — Potain et Vaquez étudièrent en 1895, sur les soldats du fort de Nogent et de l'Ecole de la Faisanderie; l'influence de l'exercice sur le cœur. Ils trouvèrent à la percussion des sujets présentant une aire de matité anormalement développée, qu'ils ne purent expliquer qu’en « s'adressant à la pathologie » (paludisme, goître, dilatation gastrique). Aucun de ces sujets n'avait pourtant attiré l’attention sur l’état de son cœur, aucun n'avait eu ni palpitations, ni essoufflement. Au contraire, ceux qui avaient des palpitations, de la gêne pour marcher, ne présentaient pas un cœur de volume excessif, et, au repos, rien ne témoignait de la dilatation supposée pendant l'effort, Un gros cœur n'est donc pas la marque d’un cœur débile, et inversement. Bien au contraire. on sait depuis longtemps que le cœur, muscle creux de type spécial, mais muscle tout de même, grossit quand on le fait travailler plus activement, comme un simple biceps.
Corvisart disait déjà, il y a plus d’un siècle : « Le cœur, ainsi que tous les autres muscles du corps humain, est susceptible de prendre un accroissement plus marqué, une consistance plus solide, une force plus considérable, par la continuité et surtout par l’énérgie plus grande de son action. L'’exercice pour les muscles extérieurs, l'exercice et l’irritation pour le cœur sont les causes principales qui font de ces organes un centre de nutrition plus actif, et y fixent une quantité plus
grande dé substance nutritive. »
rage
L'anatomie comparée le laisse prévoir. Dans les recherches faites en 1884 à l’instigation de Bollinger, Bergmann nota que le cœur des animaux domestiques sédentaires (pore, vache), était relativement plus petit que celui des animaux de course. (cheval, chien, lièvre, cerf surtout). De même pour les oiseaux à vol rapide. De même pour les chevaux de course (le célèbre pur sang Eclipse avait un cœur de dimensions extraordinaires). Les loups ont un cœur plus dense, plus musclé et plus lourd (à peu près du tiers), que les chiens de même taille; et Lagrange a montré le contraste entre le gros cœur des chiens de meute, et celui des chiens d'appartement de la même race, étalé, mou.
Chez l’homme, Potain et Vaquez ont vérifié ce tés par la percussion de la matité cardiaque totale sur des soldats qui faisaient plus ou moins de gymnastique. L’aire ainsi délimitée était au-dessus de la moyenne, qui est de go cq chez les jeunes gens de 0 ans, et augmentait avec la durée de l'entraînement, et l'importance des exercices : 91 Cq chezles soldats légèrement entraînés du fort de Nogent, 98 chez les élèves de l'Ecole del la Faisanderie, pour atteindre ror chez les moniteurs de cette école, et même 127 chez deux anciens moniteurs très entraînés. Ces auteurs ont construit un diagramme où l’on voit la courbe des aires cardiaques s° élever en parabole, tandis qu'augmentent les mois de service. Le cœur revient progressivement à un volume normal, dès que l'entraînement est suspendu.
Henschen est arrivé aux mêmes conclusions par l’examen des skieurs. Les coureurs qui pratiquaient ce sport depuis de: longues années, particulièrement ceux qui remportaient les prix avaient des cœurs nettement plus volumineux.
Bardeen à trouvé un gros cœur chez 5 à ro. % des jeunes gens qui entrent à l'Université de Wisconsin, imputable aux sports athlétiques. À la même Université Shumacker et Middle-