‹ Contribution à l'étude et à l'interprétation des phénomènes cardio-vasculaires engendrés par l'effortChapitre 25 sur 43 · AR · texte numérisé non relu

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ton considèrent que tous les athlètes, surtout les champions, ont un gros cœur. Middleton a de plus constaté, sur deux groupes d’athlètes, avant tout entrainement au début d’une saison de football, que la matité cardiaque était élargie dès cette période chez 39 % et 62 % des jeunes sportifs de chacun de ces deux groupes. Sur 45 d’entre eux qui terminèrent la saison d'entraînement, 40 présentèrent une aire de matité accrue; la matité des 5 derniers, qui n'avait pas varié, n'’augmenta qu'après un mois de repos. Cet accroissement subsistait, dans presque tous les cas, 5 mois après la fin de la saison de football.

La radiologie a confirmé toutes ces données. Schieffer et Spier ont étudié le gros cœur des cyclistes; Lee, Dodd et

Young celui des rameurs, qui est plus gros que celui des sujets

non entraînés, mais dont la taille ne varie pas que l’aviron soit

pratiqué depuis 2 ans ou depuis 10 ans.

Dedichen a suivi près de 600 skieurs ou athlètes, et conclut que le sport n'a pas d'action sur le cœur des sujets qui ont commencé à le pratiquer après 20 ans; 14 % qui présentaient un gros cœur, étaient pour la plupart des laboureurs astreints dès l'enfance à des travaux qui, habituellement, développent le cœur. SE

Dibbfit, éffectivement, a pesé le cœur de 22 soldats et a noté que les travailleurs manuels avaient un cœur beaucoup plus lourd, l’hypertrophie portant sur toutes les parties du cœur; mais même ceux qui ne travaillaient manuellement que depuis le début de la guerre avaient un cœur plus lourd que celui des sédentaires.

Herxheimer a étudié radioscopiquement le cœur de 171 athlètes entraînés; les diamètres trouvés par lui sont sensiblement normaux, et seule la comparaison avec le diamètre thoracique a révélé .un volume un peu supérieur à la normale. Le ski, la course, la lutte, la nage, en ordre décroissant, hyper-

trophient le cœur; la boxe par contre semble le diminuer. La configuration générale de l'ombre cardiaque est très variable, cependant il semble que chez les boxeurs, et comparativement

aux gauches, les cavités droites soient surtout développées. Le

développement anormal du cœur gauche ne se trouve que chez les skieurs. Sans doute, pensons-nous, ces faits sont-ils dus à l'habitude qui s'impose au boxeur d’avoir le thorax sans cesse bloqué, prêt à l'effort et à la détente, tout en ne fournissant pas un travail musculaire considérable; alors qu’au contraire le skieur respire librement son cœur droit se vide facilement, mais le travail de ses muscles exige un débit considérable. Et le petit cœur du boxeur s'explique non seulement par l'absence d’un gros cœur gauche (seule hypertrophie qui augmente notablement l’ombre cardiaque à l'examen radioscopique frontal), mais aussi par l’habitude de s’immobiliser, en apnée, en position d'inspiration profonde (le cœur pivote, et son ombre diminue). f

L'observation de Potain et Vaquez sur le retour du cœur à ses dimensions primitives quand cesse l’entraînement, a été confirmé par Jundell. Cet auteur a examiné ro anciens athlètes de 25 à 48 ans, que leur situation avait éloignés de toute acti. vité physique depuis 10 ans : un seul avait encore un gros cœur, celui des autres était absolument normal.

Ainsi, il n'est pas douteux que le cœur des sportifs et de tous ceux qui fournissent un dur labeur physique, est gros, et lourd. Nous avons, à dessein, parlé jusqu'ici de « gros cœur », sans employer les termes d’ « hypertrophie de travail » ou d'« hypertrophie providentielle », (cette formule est de Beau.

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en 1856), que l’usage a consacrés. Nous l’avons fait pour deux

raisONS :

1° Vaquez n’admet pas qu'il s'agisse là d’hypertrophie, car ce mot, dit-il, « implique l’idée d’un excès de développement, alors que dans les cas précédents, l'augmentation de volume est exactement graduée sur le travail à fournir et, en d’autres

termes, physiologique ».

L'argument nous semble spécieux : il suppose que le cœur possède deux mécanismes différents pour accroître son volume et « s'adapter à un effort continu », selon que üet effort s’applique à suralimenter les muscles, ou à vaincre une résistance pathologique. Il suppose que l’hypertrophié des cardiopathies bien compensées n’est pas « exactement graduée sur le travail à fournir ». Bref, cet argument ferait croire qu'il ne s’agit pas dans les deux cas d’une même et salutaire et physiologique réaction de défense. Hypertrophie signifie seulement « augmentation de la nutrition », et si le mot a pris un sens péjoratif, c'est qu'on a confondu la façon dont l'organisme se défend avec la cause morbide contre laquelle il lutte. Non, le mot incriminé, traduit simplement la constatation d’un fait, et d’un fait évident. N'y trouvons pas autre chose que ce qu'il dit ! |

2° Nous parlerions donc sans aucun scrupule de « l’hypertrophie cardiaque » des athlètes (dans les termes où en parlaient Potain et Vaquez en 1895), s'il s'agissait d’hypertrophie pure, uniquement. Mais s'agit-il bien, comme le pensait Pierre Merklen, d’une augmentation de « capacité fonctionnelle » (c’est-à-dire d'aptitude fonctionnelle, de puissance contractile), sans augmentation de la « capacité vraie » (c’est-à-dire de la

‘contenance), — autrement dit, sans dilatation ?

Sans doute, une telle hypertrophie peut se constater au

repos, mais elle est une défense contre Ja dilatation dont tend

? . . . , à s'accompagner l'effort, et ne doit se maintenir qu autant que

. . . . . x CEA ?

la menace de dilatation persiste. Ce qui revient à dire qu une.

légère dilatation précède toujours l’hypertrophie, la sollicite... et marche de pair avec elle (si même elle ne continue pas à la précéder). Seulement, la dilatation est plus ou moins marquée : minime et virtuelle en certains cas, elle peut devenir franche-

ment prépondérante.

La radiologie ne laisse pas de doute à cet égard : presque

tous les auteurs l’ont admis, et certains clichés publiés mon-.

trent nettement les signes de cette association de la dilatation à

l'hypertrophie : « ombre globuleuse, avec exagération parallèle

des deux diamètres ». (Vaquez et Bordet.)

L'hypertrophie du cœur des athlètes, étant la règle, comporte ses exceptions; nous avons vu que certains auteurs et dans certains cas ne l'avaient pas trouvée : En outre, Cluzet en pro-

cédant aux examens que nous avons relatés, avait trouvé un

cœur de forme et de dimensions normales chez les athlètes qu'il -

examinait. Même, chez certains d’entre eux, il avait trouvé un « pelit cœur ». De plus, à l'examen radioscopique de l’athlète

complet Georges André, âgé de 35 ans, champion de France

pendant 15 ans dans des spécialités variées, modèle de force

harmonieuse et de santé, Lignac trouva un cœur absolument normal, plutôt petit, étant donné le gabarit du sujet. Un deuxième examen, pratiqué au lendemain d’une dure et fatigante partie de Rugby, révéla une minime diminution des diamètres. Sans attacher à ce dernier phénomène plus d'impor-

tance qu il ne faut, ni revenir sur les causes d'erreur qui l’ex-

pliquent peut-être, retenons ce fait qu'on peut être un ea cep-

lionnel champion, et posséder un cœur normal (x).

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