‹ Contribution à l'étude et à l'interprétation des phénomènes cardio-vasculaires engendrés par l'effortChapitre 27 sur 43 · TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE

Les constatations que nous avons faites jusqu ici n'ont, à notre sens, d'autre intérêt que la signification qu’on leur attribue. Si nous avons cherché à démêler l’écheveau de phénomènes imbriqués et solidaires, c'est avec l'espoir d'y trouver le fil conducteur, et de comprendre. L'esprit n’est satisfait qu'autant qu'il peut répondre aux éternelles ques-

tions : pourquoi ? comment ? Efforçons-nous d’y parvenir.

Nous nous sommes attachés à mettre en relief, dès le début de cette étude, que la circulation dans le travail musculaire était dominée par une question de débit. Quel est, du reste,

le rôle du cœur, sinon d'entretenir, en toutes circonstances, l'écoulement sanguin qu'exigent les besoins des réseaux capillaires des différents organes ?

Le cœur est une pompe foulante (et légèrement aspirante, peut-être). On peut supposer (fig. 8) une pompe (C) refoulant son contenu dans un réservoir (A) qui figure l'aorte, et dont là capacité peut s’accroître au moyen d'un piston qui comprime un ressort. Ainsi, comme pour l'aorte, les pressions intérieures augmentent plus vite que les volumes. Enfin, un

tuyau rigide bifurqué terminé par deux robinets (R et R')

plus ou moins ouverts représente les vaisseaux et les résis: tances variables. :

Supposons la pompe actionnée avec une force constante (que l’on pourrait représenter par des poids) à raison de 1 coup toutes les 4 secondes. Les deux robinets sont à demi fermés. ‘

Le même débit par minute sera maintenu si l’on ouvre tout grand un des robinets tandis qu'on ferme l’autre; si la pompe bat toutes les deux secondes, mais avec une course moitié moindre de son piston; ou si l’un des robinets étant tout À fait fermé et l’autre à demi ouvert, on augmente la

force de chaque coup de pompe (ce ne sont là que des exem-

ples).

Le débit par minute sera accru, si la pompe bat plus vite, ou si elle chasse avec plus de force un contenu plus grand: enfin, si on diminue les résistances en ouvrant Îles robinets tout grands.

Mais en tous ces cas, ce qui varie surtout c'est le rendement (qu'il s'agisse de-maintenir ou d'accroître le débit); en effet, pour un travail moteur égal, le travail résistant varie : l’on sait que dans un tube, la résistance augmente avec le carré de la vitesse du liquide qui le traverse, et varie en sens inverse du calibre. En outre, le piston du réservoir (A) éco nomise le travail de la pompe, en emmagasinant une certaine quantité de liquide sous pression qu'il restitue à son temps par la suite (donc avec un meilleur rendement que n’aurait fait la pompe seule). Or, cette aide est d'autant moindre que la pompe bat plus vite, À n’ayant pas le temps de se vider, sauf si le contenu de À est grand et la force emmagasinée par le ressort considérable; et dans ce dernier cas; le ressort exige une pression de G considérable pour n’emmagasiner qu’une

très faible quantité supplémentaire de liquide.

IN; qu:

On conçoit que le cœur utilise ces différents modes d'’accroître et de maintenir son débit et qu'il les utilise, autant qu'il peut, avec le meilleur rendement et le plus d'économie. | Mais avant d’aller plus loin, il convient de rappeler quelques

lois physiologiques.

5 il QUELQUES LOIS DE LA CIRCULATION DU SANG.

Condenser en quelques formules les grandes règles de l'harmonieux fonctionnement normal du cœur et des vaisseaux n'est pas chose facile. Quel nouveau Marey refera l’analyse de cet admirable mécanisme précis et souple ? En nous aidant des lumineuses démonstrations de Starling, nous avons essayé de rassembler quelques grandes lois, les unes anciennement connues ‘ou évidentes, les autres plus souvent

ignorées.

1° Loi de solidarité, — a) Toutes les parties de l'organisme sont à tout moment solidaires. (« Tous pour un, un pour tous. »)

b) Toutes ont besoin de l'irrigation sanguine, en proportion de leur activité, et. peuvent restreindre temporairement leurs besoins sanguins et leur activité, au bénéfice des autres.

c) Mais cette restriction n'est que temporaire, l’activité des uns étant nécessaire à tous.

d) Le cœur et les Centres nerveux, dont l’activité est permanente, ont des besoins sanguins permanents ét proportion-

nels à leur activité (1).

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