‹ Contribution à l'étude et à l'interprétation des phénomènes cardio-vasculaires engendrés par l'effortChapitre 7 sur 43 · LES · texte numérisé non relu

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même 10 fois plus grande que celle qui lui suffit au repos : au cœur incombe cette tâche accrue. Il faut de plus, si l'effort se prolonge, renouveler rapidement les réserves et évacuer les déchets : c’est essentiellement le rôle des poumons mais aussi celui des reins, du foie, de la peau, bref, de tout l’organisme, sans omettre le système nerveux qui commande et qui coor-

donne.

Le cœur et les poumons supportent donc la plus grande part de cette suractivité générale; ils sont en effet sollicités primitivement et directement : Pour que les phénomènes chimiques d’oxydation intra-organiques puissent libérer l'énergie nécessaire à la contraction musculaire, le système « cardiopulmonaire » doit lui-même fournir d’abord un surcroît de travail.

Secondairement, l’activité accrue de chaque organe le sollicite encore. Mais c’est le cœur surtout qui est mis à l’épreuve, puisque partout les besoins de sang se font plus pressants: puisque la respiration en particulier ne s’accélère utilement que si le débit sanguin s'accélère d'autant dans la petite circulation; puisque enfin, si la ventilation pulmonaire devient insuffisante, le cœur doit suppléer à cette défaillance et compenser le défaut d’oxygène par un débit plus abondant.

Il est donc naturel que le travail musculaire retentisse sur la circulation avec une rapidité et une intensité particulières. Mais les raisons que nous avons dites ne sont pas les seules. Aux causes précédentes, fonctionnelles et chimiques, s'ajoutent

des causes mécaniques. Nous les analyserons plus loin. Indi-

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quons pourtant déjà le rôle de la compression thoracique réalisée dans le phénomène de l'effort.

Lagrange a décrit sous ce nom une synergie des muscles expirateurs qui entrent en contraction involontairement et parfois inconsciemment pour s'associer au travail volontaire d'autres muscles plus éloignés. Ainsi, le portefaix qui veut soulever un fardeau le saisit, puis s’immobilise un instant; il fait une large inspiration, ferme sa glotte, bloque son thorax : l'air inspiré étant mis sous pression par la contraction des muscles abdominaux et le refoulement du diaphragme. Alors

seulement il effectue son effort. 7

Ce blocage thoracique est, en effet, nécessaire tant à la précision qu'à la vigueur du geste auquel il donne un point d’appui solide.

Aussi le phénomène de l'effort est-il d'observation banale; la défécation, l'accouchement, le tir notamment s'en accompagnent nécessairement, Mais un tel arrêt de la respiration ne peut être que transitoire; dès que l'effort se prolonge, le besoin d'air devient impérieux; une certaine rigidité ne peut alors être conservée et une ventilation efficace assurée qu'autant qu'une cadence S’établit entre la respiration et les gestes : le

blocage de la glotte rythme les phases principales de l’effort.

Puisque, ainsi, tout effort tend plus ou moins à s'accompagner du phénomène physiologique précis que Lagrange à décrit, nous gardons au mot effort son sens le plus large : « La contraction simultanée de plusieurs muscles, afin de vaincre une résistance ». Et si nous parlons parfois, non d’un effort, mais d’un exercice physique ou d'un travail musculaire, qu'on n'y voie pas autre chose que des nuances, de très lécères différences du point de vue sous lequel nous considérons

un même acte.

ue

Classification des efforts.

une hiérarchie des efforts, ni dès équivalences : « L'’effort mus-

culaire, si bien dosé soit-il, ne peut avoir la prétention d’ être égal. » (Lian.) L'intensité d’effort nécessaire pour accomplir un même exercice varie grandement selon le développement musculaire, le poids, le degré d'entraînement du sujet. « Le débile qui casse une noix, dit Bellin du Coteau, réalise le type de l'effort au complet », ni plus ni moins que l’athlète qui lance le poids. Et tous ces facteurs qui interviennent dans le même sens que « l'épreuve d'effort », s’il s’agit d'apprécier l'aptitude actuelle du sujet, sont autant de difficultés nouvelles s’il s’agit d'enregistrer le sens et la période des modifications circulatoires et de les interpréter.

Quoi qu'il en soit, voici, en guise de repères, comment on peut classer, selon Bellin du Coteau, les différents efforts dont

nous aurons à à connaître.

1° EFFORTS RELATIFS, — « Relatifs » par rapport aux sui. vants. (Relatif ne signifie pas restreint.) C’est dans ceux-ci que l'entraînement fait merveille.

Type : course de 1.500 mètres (en 5 à 6 minutes).

Respiration automatiquement réglée dès le départ, selon un rythme approprié.

À ce type appartiennent la course (depuis le 100 mètres au

pas gymnastique jusqu'aux 3.000 et 5.000 mètres), la partie de tennis, la leçon de culture physique, la bicyclette en terrain plat, et la plupart des efforts relatifs de la vie (montée de six étages en prenant son temps). |

Nous ne prétendons établir ni

Tr =

2° ErFORTS INTENSES.

Type d course de vitesse de 100 mètres (11 à 1 secondes).

«Avant le départ, l'homme se ventile lar gement, faisant: le plein d'oxygène. Cette précaution est d'autant mieux indiquée que l° inspiration forcée, bloquée, réalise à la fois le maximum d’ ‘emmagasinement . l’optimum mécanique. » (Bellin du Coteau. )

Tant que. dure l'effort, le sujet exécute une « plongée chimique ». |

C'est le phénomène de l'effort tout pur, auquel se rattachent tous les efforts intenses et brefs, tous les exercices de détente (sauts, lancers, lever de poids, ascension d’un étage d’escalier « quatre à quatre »). |

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