‹ Contribution à l'Étude Étiologique du Rhumatisme Chronique Déformant (à forme polyarthiculaire)Chapitre 12 sur 81 · CHAPITRE IT · texte numérisé non relu

CHAPITRE IT

CAUSES OCCASIONNELLES A. — Froid. — Humidité

Tous les auteurs anciens ou modernes qui ont écrit sur le rhumatisme chronique déformant en particulier Charcot, Trastour, Besnier, Garrod, Teissier et Roques accordent une grande importance à l’action du froid et de l’humidité.C’est d’ailleurs surtout et à juste titre ce dernier facteur qui a été incriminé. En effet, le rnumatisme noueux,s’il estinconnu dans les zones intertropicales, ne l’est pas moins dans les régions circumpolaires, alors qu’il est relativement fréquent dans les pays à chaleur humide, tels que Naples et la Tunisie. C’est sur l'influence du /roid humide qu'insistent la plupart des auteurs ; Beau considérait même cette influence comme constante et Besnier déclare se ranger à cet avis. Cette opinion nous semble manifestement exagérée et nous ne croyons pas qu’elle ait encore des partisans.

Cette influence du froid humide se fait sentir surtout à la faveur du séjour dans les habitations humides.

Les maisons neuves, trop hâtivement habitées avant

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d'être suffisamment asséchées, peuvent exercér une influence el ce n'est pas sans raison que l'on croit communément qu’il peut être dangereux d’essuyer les plâtres. Mais ce que les auteurs divers ont mis en lumière, ce que l’on retrouve surtout dans les antécédents des malades, c'est le séjour dans les vieilles maisons, bâties sur un sol humide, au bord d’une rivière, par exemple, ou encore adossées d’un côté au sol et peu accessibles à la lumière. C'est encore le séjour et surtout le séjour nocturne dans un rez-dechaussée sans cave sous-jacente dont souvent les murs suintent l’humidité,ce qui n'empêche pas d'y adosser le lit dans la plupart des cas. Dans certains cas, les murs se couvrent de moisissures, taches blanches rosées où verdâtres. C’est la lèpre des maisons déjà connue et redoutée depuis longtemps à tel point que Moïse, dans le Levitique, ordonne la destruction des habitations qui en sont infestées. |

C’est à ces moisissures que Guéneau de Mussy a tenté d’attribuer la production du rhumatisme déformant ; théorie reprise et défendue par Potain. Ce seraient des cryptogames spéciaux ou tout autre agent pathogène vivant dans ces moisissures qui seraient la cause de la maladie. Rien jusqu'ici n’a permis d'affirmer la véracité de cette théorie qui reste une simple hypothèse.

L'influence du froid humide peut encore se faire sentir du fait de la profession, des occupations et de la manièré de vivre des sujets. C’est ainsi,comme l’a remarqué Niemeyer, que le rhumatisme chronique

déformant s’observe souvent chez les laveuses, les blanchisseuses ; c'est la maladie des égouttiers, des débardeurs.Elle menace aussi les chasseurs à l'affût, les chasseurs au marais,les pêcheurs.Les nuits passées dehors, couché sur la terre humide, ont aussi une influence et nombreux sont les soldats qui, ayant fait la campagne de 1870,furent atteints ensuite de rhumatisme chronique.

L'influence du froid humide est donc considérable ; peut-elle suflire, à elle seule, à créer une polyarthrite déformante ? En admettant qu’elle puisse prendre naissance par les moisissures, la question est évidemment résolue, mais ce n’est là qu’une hypothèse, autrement cette influence du froid humide ne nous apparaît que comme une cause occasionnelle conditionnant soit une infection, soit une modification humorale ou toxique. |

De nombreux auteurs lui assurent toutefois une influence propondérante qui peut être exclusive. Teissier et Roques en font même la cause unique du véritable rhumatisme chronique déformant, qu'ils prennent comme type tout en le reconnaissant, non seulement moins fréquent que les rhumatismes infectieux et dyscrasiques qui forment leurs deux autres groupes, mais même relativement rare.

Le rhumatisme par froidhumide constitue pour eux une trophonévrose «assurée par l'influence exclusive du froid humide, que nous croyons à lui seul capable de créer le rhumatisme chronique progressif chez l’adulte le plus sain,le plus vigoureux, en

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