‹ Contribution à l'Étude Étiologique du Rhumatisme Chronique Déformant (à forme polyarthiculaire)Chapitre 13 sur 81 · DNS · texte numérisé non relu

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dehors de toute infection et de toute dyscrasie préexistante, c'est làle vrai rhumatisme chronique progressif » et précisant leur pensée, les auteurs éliminent de ce cadre non seulement tous les rhumatismes chroniques consécutifs à des infections individuelles, mais mêrne ceux qui surviennent chez des sujets susceptibles d’une infection ou d’une intoxication ancestrale telle que le cancer ou la tuberculose, ce qui restreintencore singulièrement ce groupe.

Passons à l’étude des cas que nous ayons examinés. Sur nos 35 observations, nous en trouvons 12 où les malades accusent l’action du froid humide prolongé, soit près du tiers ; mais sur ces 12 il en est seulement 4 qui après examen de leurs antécédents el des affectionsconcomitantes pourraient relever de l’action exclusive du froid humide (Obs. XII, XV, XVI, XXXV). Encore convient-il de remarquer que le malade de l’observation XV accuse dans ses antécédents de nombreux écoulements uréthraux qui, s'ils n’ont pas accompagné le début des accidents, sont néanmoins à suspecter. En outre d’après Teissier et Roque, la forme de rhumatisme chronique dite primitive, ayant pour vcause le froid humide exclusivement, serait une trophonévrose à marche lente, progressive, sans fièvre, se terminant par la phtisie ou la néphrite chronique,s'accompagnant de troubles de la réflectivité et de troubles trophiques accentués, Or,les cas en question ne répondent pas entièrement à ce lype, ils présentent surtout entre eux d'assez

grandes dissemblances. Dans les observations XVI et XXXV on note un début brusque, pour les observations XIT et XV des réflexes normaux, une régression dans les symptômes pour ce dernier cas. Chacun de ces quatre types se rapprochent d’autres observations où nous avons pu mettre une autre cause en évidence ou bien où l’on ne relève aucun antécédent intéressant, pas même le froid ou l'humidité. Nous nous rangeons donc à l'opinion des auteurs qui pensent que le froid humide n’est pas suffisant porir engendrer à lui seul une forme spéciale de polyarthrite chronique déformante, et nous considérons ce facteur étiologique comme une cause simplement occasionpelle,très importante il est vrai, et qui peut être capable de favoriser les infections les plus diverses dans leur localisation sur les jointures. On peut aussi le soupçonner, mais cela sans preuves bactériologiques analomiques ou cliniques, de favoriser l’éclosion de

germes pathogènes spéciaux.

B. — Misère. — Faligues

Tous les auteurs ont insisté sur ce fait que le rhumatisme chronique déformant survenait surtout dans la classe pauvre, alors que la goutte était surtout une maladie de la classe aisée. Aussi Landrée Beauvais appelait-il le rnumatisme noueux la goutte du pauvre. Les observations les plus nombreuses ont été recueillies dans des asiles de vieillards, comme

la Salpêtrière, les Workhoüses de Londres. Nos observations ayant porté sur un milieu analogue ne peuvent que confirmer cette opinion. Il convient toutefois de remarquer que parmi les malades que nous avons observés, il en est peu qui fussent des miséreux au vrai sens du mot. S'ils n’appartiennent pas à la classe aisée, la plupart d’entre eux du moins furent pendant la plus grande partie de leur existence active à l’abri du besoin et ne vinrent échouer dans un hospice que par suite de leur impotence presque absolue. Pour beaucoup, les privations ne commencèrent qu'au moment où cette impotence fut assez grande pour les empêcher de gagner leur vie comme auparavant, sans leur permettre encore l’hospitalisation définitive. Il est certain alors qu’elles purent avoir une influence sur l’évolution de la maladie, de même que l'effet moral dont l’action déprimantea été signalée maintes fois.

De nombreux auteurs signalent l'influence des fatigues prolongées, des métiers pénibles.

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