‹ Contribution à l'Étude Étiologique du Rhumatisme Chronique Déformant (à forme polyarthiculaire)Chapitre 62 sur 81 · OBSERVATION XXVII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXVII

Rhumatisme chronique déformant. — Péricardite

Le nommé L... Arthème, employé de chemin de fer, âgé de soixante-six ans, est entré le 12 septembre 1903 à l’hospice de Brévannes, pavillon Vulpian, lit ne 154.

Ant. pers. — Pas de maladies antérieures.

Histoire de la maladie. — Début à cinquante-six ans, par douleurs éclatant brusquement, sans fièvre. Les déformations surviennent très insidieusement sans grandes douleurs.— 23 septembre 1903. Frissons, claquement de dents.

— 26 septembre 4903. Température 39°2, Douleur pon-

gitive de la région précordiale. Tachycardie. Frottement râpeux mésosystolique. Un peu d’albumine, pas de sucre, indican en abondance. On diagnostique une péricardite. Rien aux poumons. — 27 septembre 1903. Pouls vibrant ; forte impulsion suivie de défaillance, 108 pulsations à la minute. Pointe en dedans du mamelon dans le cinquième espace intercostal. Léger souffle présystolique avec maximum au bord droit du sternum. Thrill au-dessus de la pointe du cœur. Matité précordiale abaïssée qui empiète un peu sur l’espace de Traube. Disparition de la douleur. — x octobre 1903. Cœur, bruits normaux très bien frappés, ni souffle m1 thrill. | Examen — Mains, assez peu déformées surtout à droite. Pouce, extension de la deuxième phalange sur la première et flexion de la première phalange sur le métacarpien dont la tête fait saillie. Index, flexion de tous les segments. Des deux côtés, déjettement cubital. Pieds Hallux valgus. Saillie de la tête du premier métatarsien qui est surmonté d’un durillon. Les autres orteils sont déformés. Les tibio-tarsiennes sont très déformées; le malade prétend y avoir eu des entorses. Saillies osseuses surtout dedans. Grandes articulations indemnes. Réflexes exagérés. A l’auscultation du cœur, dédoublement du deuxième bruit; choc accentué et étalé de la pointe. Tem-

pérature moyenne : 3702.

OBSERVATION XXVIIT

Polyarthrite déformante. — Début brusque après une

fausse-couche. — Poussées aiguës.

La nommée B... Jeanne, femme J..., âgée de trente-sept ans, épicière, entrée le 40 mai 1902, pavillon Cruvei- Ihier, lit n° 74. à

Ant. hér. — Mère morte en couches. Père mort d’accident. Une fille morte à vingt-huit mois, méningite.

Ant. pers. — Scarlatine à cinq ans. Rougeole dans l'enfance. Réglée à onze ans, bien réglée; un peu abondamment. À treize ans, chorée traitée par électricité et douches. À vingt-cinq ans, fausse-couche de cinq mois.

Histoire de la maladie. — Quelques mois après, début de l'affection d’une façon brusque; frissons, fièvre, douleurs dans presque toutes les articulations qui sont sensibles à la palpation et gonflées, surtout celles des genoux; sueurs abondantes. Au bout d’un mois et demi de période aiguë, les douleurs s’apaisent peu à peu. Quatre mois après, rechute lébrile ; entre à l’Hôtel-Dieu, enveloppements salicylés. Ces pansements sont laissés en place plusieurs semaines. Quand on les retire, les pieds et les mains sont déformés. Pendant deux ans, elle reste à l’'Hôtel-Dieu, les déformations et les raideurs augmentent ; les jambes et les cuisses s’immobilisent en flexion. Depuis

son entrée à Brévannes, les déformations se sont accen-

Me tuées peu à peu, surtout les raideurs des grandes articulations. |

30 novembre 1906. — Grand frisson durant quatre heures, céphalée, nausées. Température: 398. Douleurs à la jambe droite qui présente des travées rougeâtres ; le lendemain, plaques rouges douloureuses à la pression. Température : 38 degrés. Le troisième jour, rougeur plus marquée, la gouttière que l’on a appliquée est mal supportée, la région externe du pied est tuméfiée et envahie par la rougeur ; pas de ganglions poplités et illaques ; pansements humides. Le quatrième jour, température à 37 degrés ; la rougeur disparait peu à peu. La malade a tendance aux accès fébriles avec frissons, elle en à eu plusieurs pendant son séjour à Brévannes, notamment en avril 1907, où sa température a atteint 3902.

Examen. — Main gauche. Pouce ankylosé sans déformations, type de flexion aux quatre doigts. Main droite, Auriculaire et annulaire, une phalange en flexion, les deux autres en extension. Médius déformé enZ. Index, première et deuxième phalanges en extension, troisième en flexion. Ostéophytes’ au niveau des articulations phalangiennes. Poignets non déformés, mais ankylose en flexion légère. Coudes ankylosés ; flexion et extension limitées. Épaules immobilisées, seule une légère élévation est possible, Genoux ankylosés et non déformés sensiblement.

Pieds, déformations des orteils, surtout des gros orteils, flexion de la première phalange et extension de la deuxième. Ongles incarnés et épaissis ; région du cou-depied gonflée, pieds déviés en varus equin. Ichtyose des

membres inférieurs. Colonne vertébrale, cyphose et

scoliose à convexité droite ; mouvements de la tête entièrement libres. Mouvements d'ouverture de la mâchoire limités, douleur à la pression des articulations. D'une façon générale, les articulations prises sont douloureuses au toucher, des exacerbations sont fréquentes, elles s'accentuent et se répètent pendant les grandes chaleurs. Bruits du cœur assourdis ; rien aux poumons ni aux

autres organes. Tension artérielle : 11 1/2.

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