MAR
seaux principaux et quatre ou cinq des artérioles allant à la paroi de l'estomac.
Ces deux derniers procédés doivent être terminés aussi par une gastro-entérostomie postérieure. On verra que leurs résultats sont superposables à ceux de l'opération standard. Comme cette dernière est la plus simple, c’est elle qu’il convient d'effectuer.
RE SU LR ATS
SOMERVELL expose ensuite les résultats de ces opérations et les compare à ceux des autres techniques opératoires. Nous allons voir que les chiffres des mesures de l’acidité gastrique sont éloquents. Ils sont rapportés dans le takleau ci-dessous où, pour chaque type d'opération pratiquée à une série de malades, figurent les moyennes des taux d’acidité totale. Ces chiffres sont ceux de l'acidité totale du suc à jeun et de l'acidité totale moyenne au cours du repas d’épreuve avec tubages fractionnés. Ces mesures ont été faites avant l'intervention, puis trois semaines après l’intervention et enfin à une date éloignée variant de six mois à six ans après. Ce troisième repas d’épreuve, longtemps après l'opération, ne put être pratiqué que dans 82 cas de ligatures artérielles, 8 cas de gastrectomie et 40 cas de gastroentérostomie seule; car la difficulté des transports pendant la guerre empêchait les malad®s de se rendre à leur convocation.
Analysons les résultats de ce tableau :
1°) La première série de cas concerne 82 malades traités par ligatures artérielles (L.A.) combinées à la gastro-entérostomie postérieure (G.E.P)).
Les chiffres montrent la chute remarquable de l'acidité gastrique et son maintien cinq ans après l'opération.
2°) La deuxième série concerne 14 cas d’ulcères traités par ligatures artérielles seules. L’acidité gastrique ici encore diminue notablement. Les bons résultats sont maintenus cinq ans après l'intervention et superposables à ceux de la première série.
Cela prouve, dit l’auteur, que la baisse du taux d'’acidité n'est pas due à la gastro-entérostomie, mais à la ligature des artères.
3°) Dans cette troisième série de malades, SOMERVELL
Nate
a pratiqué avec la G-.E.P. la ligature des quatre grosses artères seules sans leur veine. C’est un procédé plus délicat qui entraîne plus de manipulations de l'estomac que l'opération standard. Ses résultats ne sont pas meilleurs; la préférence du chirurgien doit donc aller à la technique la plus simple.
4) Cette série montre que si la gastrectomie abaisse considérablement le taux d'acidité du suc gastrique (surtout du suc à jeun), les jours qui suivent l'opération, il n’en est pas de même plusieurs années après. Ces bons résultats ne se maintiennent pas et l'acidité remonte à un niveau élevé.
5°) L'opération est ici une gastro-entérostomie postérieure seule dans 29 cas d’ulcère avec hyperacidité gastrique. Bien que les résultats soient ici satisfaisants, l’auteur déclare que la diminution d'acidité n’est plus constante un an à dix-huit mois après l’opération.
6°) Il s’agit encore de gastro-entérostomie postérieure seule, mais chez des malades ayant une acidité basse avant l'opération. Il est paradoxal de constater qu’elle s'élève après l'intervention. Ce fait serait dû à l'amélioration d’un état de gastrite qui diminuait la sécrétion avant l'opération. Cette explication serait aussi valable pour les cas de gastrectomie avec un taux d’acidité plus élevé longtemps après l'intervention que le taux de départ.
7° et 8°) Ces séries de malades montrent que l’âge ne modifie en rien les résultats de l'opération de ligatures artérielles complétée par la gastro-entérostomie. Les résultats sont exactement superposables chez 26 malades de moins de 30 ans et chez 22 malades de plus de 40 ans.
En conclusion de ses statistiques, SOMERVELL affirme qu’il n’eut qu’un seul décès post-opératoire et un seul ulcère peptique sur plus de 380 opérations de ligatures artérielles ; tandis que la gastrectomie, opération mutilatrice, comporte une mortalité opératoire de 4 p. 100 même entre les meilleures mains. « Le progrès de la chirurgie, écrit-il, consiste souvent dans le remplacement d’une grosse opération par une moindre, mais ce n’est seulement un réel progrès que si ses effets immédiats et lointains sont les mêmes. »
C'est bien le cas ici où la diminution d'acidité gastrique est plus marquée et se maintient davantage après les ligatures artérielles qu'après gastrectomie ou gastro-entérostomie seule. Cette opération représente donc pour lui et ses collaborateurs le traitement de choix des ulcères gastroduodénaux avec hyperacidité.
Te