‹ Contribution à l'Étude Expérimentale de l'Opération de Dévascularisation gastriqueChapitre 18 sur 32 · III. — AUTRES STATISTIQUES OPERATOIRES · texte numérisé non relu

III. — AUTRES STATISTIQUES OPERATOIRES

Nous avons vu que cette opération n’a été vraiment individualisée qu'en 1936 par Wilson HEY et par SOMERVELL.

Avant 1936, FAUCHER, MOULONGUET, RAMOND, HOR- TOLOMEI et surtout CHATON n'ont pratiqué des ligatures (de plus souvent limitées au pédicule coronaire) que dans des cas isolés, mais cependant avec de bons résultats.

Mt.

CHATON réalisa cett: intervention en l’associant à la gastro-entérostomie chez neuf malades porteurs d’ulcère gastrique ou duodénal radiologiquement confirmé. Sept furent complètement guéris.

Après 1936 et à la suite des articles de W. HEY et de SOMERVELIL, c’est d’abord Harry FREEMANN, de Londres, qui se déclare enchanté de ses bons résultats et fait l'éloge de cette chirurgie conservatrice, sans publier de statistique précise.

Puis, Guarry WOOD rend compte en 1947 de 42 cas d’ulcus opérés ainsi avec des résultats parfaits.

E. MAC LELLAN, de Londres encore, publie enfin récemment (février 1951) une statistique portant sur 101 opérations. La mortalité est nulle. Il n'eut qu’un seul cas d’ulcus peptique.

On a fait cependant diverses critiques à cette opération :

Tout d’abord le risque de provoquer une nécrose gastrique, localisée ou généralisée, par ischemie. Cela se produit après ligatures de tous les pédicules vasculaires périgasiriques; mais nous verrons qu'une dévascularisation subtotale, ménageant en particulier la région pylorique, est compatible expérimentalement avec la survie et n’entraîne aucune modification anatomique ni histologique grave de l’estomac. De plus, les chirurgiens qui pratiquent cette opération chez l'homme n’ont jamais noté de tels accidents. H. FREE- MANN a montré que l'aspect de la muqueuse gastrique demeure normal à la gastroscogie après l'intervention.

On a aussi reproché à ces ligatures d'interrompre l’innervation sympathique périartérielle. Outre qu’il soit vraisemblable que les filets sympathiques régénèrent par la suite, on peut rétorquer à cette critique que certains auteurs ont, au contraire, obtenu par sympathectomie la guérison d’ulcères gastro-duodénaux (FROEHLICH) [19], (H. PICARD et A. HEFFEZ) [42].

On 2, enfin, reproché à cette opération d’avoir été effectuée surtout sur des Hindous. Mais aussi bien à Londres qu’en Amérique, FREEMANN, MAC LELLAN et Gu. WOOD ont montré que les estomacs des blancs supportent aussi bien une dévascularisation partielle.

En conclusion, malgré ces critiques, les auteurs qui préconisent l'opération de dévascularisation gastrique obtiennent dans plus de 90 p. 100 des cas une forte diminution de

Lies

la chlorhydrie gastrique. Elle se maintient depuis les quelques années qu'ils la pratiquent et semble être définitive.

Les résultats de SOMERVELL en particulier sont de beaucoup supérieurs à toutes les statistiques publiées à ce jour en ce qui concerne le traitement chirurgical de l’ulcère gastro-duodénal.

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