CHAPITRE PREMIER
TECHNIQUE D'EXPÉRIMENT ATION
Ayant donc dans la recherche de la réflectivité organo-végétative un excellent test d'efficacité de la vagotonine nous avons procédé de la façon suivante :
Pour éliminer toute cause d’erreur, nous avions fait, la veille, une série de tests. Deux injections d’histamine aux deux bras devaient faire preuve de la même sensibilité. Nous ne tiendrons pas compte des cas douteux.
Afin d’éviter tout accident chez les vagotoniques, nous faisions deux jours avant l’expérimentation une injection d’un tiers d’ampoule de vagotonine.
Dans aucun cas, il n’existait une hypersensibilité cutanée vis-à-vis de la vagotonine, et une injection intradermique de cette hormone comparée à une injection intradermique d’eau distillée ne s’en distinguait
PE
… Jar
que par la durée prolongée de la triple réaction, extrêmement faible d’ailleurs, que provoquait l'hormone vagale.
Pour apprécier la différence de l’étendue des réactions, un crayon dermographique nous avait rendu de grands services. L’appréciation de la différence de l’intensité n’est pas toujours facile, mais dans la majorité des cas très bien réalisable. Quant au facteur durée, qui dépassait parfois 24 heures, nous nous sommes contentés, en général, de surveiller la réaction au delà de trois quarts d’heure.
Les malades à jeun depuis la veille au soir se sont prêtés le matin à nos expériences. La réflectivité organo-végétative fut explorée selon les indications mentionnées ci-dessus.
Dès leur arrivée, nous leur faisions une injection d’un tiers de centimètre cube d’une solution de chlorhydrate d’histamine à 1/10000° de milligramme (°) dans le bras droit, par voie strictement intradermique.
Il fallait éliminer tous les cas où, par la lésion superficielle, un reflux d’histamine avait eu lieu. L’étendue de la plaque de « peau d’orange », soulevée par l’infiltration intradermique, peut servir comme test de l’application à la même hauteur des couches épidermiques de la solution aux points symétriques des deux bras. Toutes les injections douteuses furent
répétées le lendemain.
(*) Nous remercions ici la maison Hoffmann La Roche qui a bien voulu mettre à notre disposition les quantités d’histamine nécessaire à notre expérimentation.
Après avoir noté l’étendue, l'intensité et la durée des constituants de la réaction, ce qui était de l’ordre d’une demi-heure en général, nous avons procédé à la recherche de la réflectivité organo-végétative.
Cette recherche fut suivie par une injection intrafessière profonde de 2 ec. de vagotonine (*) à 10 milligrammes/cc.
Dans plusieurs cas, en effet, où la disparition de la réaction ne fut pas encore complète, nous avons vu un léger réveil de la réaction, et surtout une prolongation de la durée de l’érythème.
Dans certains cas un deuxième tracé fut pris un quart d'heure après l’injection de la vagotonine.
Dans tous les cas, un tracé fut enregistré au moins une heure après l'injection intrafessière pour nous permettre d'apprécier l’intervention de la vagotonine.
Comme la stase, provoquée par la compression de la manchette, influençait les réactions parfois, nous avions appliqué la manchette, la première fois, au bras gauche, la deuxième fois, au bras droit. C’est aïnsi qu'entre le moment de la compression et de la réaction cutanée il y avait toujours un intervalle d’au moins une heure.
Après l'injection de la vagotonine, immédiatement après le deuxième tracé, nous avions fait une deuxième injection d’histamine, la même solution d'il y a une heure. La même technique décrite pour le bras
(**) Nous remercions également les Laboratoires Byla de leur obligeance d’avoir bien voulu nous fournir les quantités de vagotonine nécessaires à notre expérimentation.
droit fut appliquée au point symétrique du bras gauche.
L’étendue, l’intensité et la durée de la réaction furent notées et comparées à la réaction d’une heure avant.