‹ Contribution à l'Étude expérimentale de la Vaccination Antirabique: Essai d'ImmunisationChapitre 7 sur 47 · LATE M · texte numérisé non relu

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pendant plusieurs mois pourvu qu'aucun microbe étranger ne se développât dans la substance.

Ces résultats obtenus par Pasteur en exposant ses moelles à l’air sec, furent le point de départ d’une série de recherches ayant pour but d’élucider quel est, dans Ja technique Pastorienne, le rôle des divers facteurs qui entrent en jeu. l

Ainsi Helmann après quelques expériences faites au laboratoire de Saint Pétersbourg nouvellement créé, écrivait en 1886 à Pasteur, que des lapins inoculés par trépanation avec du virus séché à 39° pendant vingt-quatre heures, étaient très bien portants plusieurs mois après l'opération. Il en concluait que les moelles conservées à 35° dans Pair sec perdent toute virulence en vingt-quatre heures.

Il avait même essayé expérimentalement de tirer parti de ces moelles non virulentes. Ce sont ces substances qu’il substitue aux premières inoculations dela série Pastorienne dans la vaccination de quelques chiens. Ces animaux inoculés ensuite par trépanation avec du virus des rues résistent. Cette tentative de vaccination partielle par des moelles non virulentes, la première en date a bien peu d’importance, car il est impossible de faire la part de l'effet vaccinal des moelles desséchées et de la série qui suit. L'auteur n’en tire d’ailleurs aucune conclusion.

Par conséquent la chaleur semblait avoir une action trés ‘appréciable sur la marche progressive de latténuation de la virulence des moelles.

Bruschettini (Giorno international delle sc. Medische douxième année (1890) démontre que dans l’Hydrogène, dans l’Azote, dans le vide le virus rabique conserve son pouvoir pathogène pendant un temps relativement long. Dans l'acide carbonique ce virus est détruit au bout de treize jours. Cette contradiction avec les expériences analogues de

PT raenes

Pasteur s'explique sans doute par ce fait, que ce dernier opérait sur des moelles desséchées, autre sur desémulsions dans un liquide.

Enfin il remarqua que dans l’hydrogène le virus rabique conserve sa virulence mème à 35° pendant cinq jours. Par conséquent, il semble d'après ses expériences que l'oxygène wait pas une action bien marquée dans l'atténuation des moelles. Pour lui le principal rôle revient à la chaleur et il admet en plus que l'extinction du pouvoir pathogène n’est pas dû à l'atténuation, mais à la destruction du virus.

Pour avoir une idée exacte du rôle des divers agents agissant sur les moelles, il faut nous reporter au mémoire de Viala.

En opérant dans le vide à une température oscillant entre — 4 et + # Viala a observé que les moelles rabiques conservent leur virulence pendant plus de cinq mois.

A 2% la virulence disparait du vingt-huitième au trentehuitième jour. ù

À 35° la virulence disparait du vingtième au vingtdeuxième jour.

Dans l'acide carbonique et à la pression athmosphérique la perte de virulence varie également avec la température.

Entre — 4 et + # les moelles sont encore virulentes après cinq Mois:

A 923 la durée maxima de la virulence est de'‘trente- SiX JOUrS.

À 35° elle est seulement de dix-neuf à vingt-trois jours.

Dans l'hydrogène à 23° elles sont virulentes après trentehuit jours. |

Pour se rendre compte du rôle de la dessiccation sur la perte de virulence il place une série de moelles humides dans le vide et constate que la durée de conservation de la virulence est bien moins longue. Dans le vide sec les moel-

Enr pbs

les se dessèchent très vite et perdent très rapidement leur virulence. Ainsien opérant entre — 4 et + 4surdes moelles humides, il constate que la virulence se conserve cinq mois, tandis que dans le vide sec elle a disparu après dix-huit jours.

À 23° dans l'humidité elle se conserve trente-trois jours, dans le vide sec huit jours seulement.

À 35° dans l'humidité chaque moelle conserve sa virulence vingt-deux jours, dans le vide sec MAÉ -huit heures seulement.

Enfin en conservant des moelles dans de Fair confiné sans potasse à la température de 2%, il a constaté une conservation de virulence pendant neuf jours.

Il a obtenu le même résultat en opérant avec de l'air constamment renouvelé sans potasse.

- La même expérience tentée avec de l'air renouvelé en présence de la potasse a donné une disparition de la virulence en Six Jours.

Par conséquent ces divers résultats montrent clairement que dans la méthode Pastorienne la chaleur n’est pas sans action sur l’atténuation des moelles ; que l'oxygène a cependant une action beauconp plus marquée, mais que le rôle le plus importantdans ce phénomène revient à la dessiccation, c’est-à-dire à la perte de l'humidité des moélles par évapo- FAHON. 3".

Mais avant que parut le mémoire de Viala de nombreux auteurs s'étaient occupés de la question, et leurs résultats parfois ne concordaient pas avec ces derniers, ou bien faisaient intervenir d’autres agents dans l’atténuation des moelles.

Ainsi Celli avait démontré que la lumière intervenait pour une part: les moelles conservées dans l’osbcurité s’atténuaient moins vite que, celle conservées en pleine lumière.

Mais la plupart des conclusions de ces auteurs ne s’appli-

HUHA GARE

quent pas rigoureusement à l'atténuation des moelles employées pour le traitement antirabique.

Nous avons déjà vu que Bruschettini n ’opérait pas Sur :

des moelles conservées dans l'air sec, mais sur des émulsions de moelles.

Zagari a opéré comparativement {tantôt sur des moelles conservées dans l'air sec ou humide, dans le vide pneumatique, dans l'acide carbonique, tantôt sur des moelles immergées dans l'eau stérilisée, ou dans un bouillon mélangé de glycerine à parties égales.

Après avoir constaté, toutes choses égales d’ailleurs, que l'atténuation se faisait beaucoup plus vite à 35°, c’est à cette température qu'il a fait les divers essais. a il remarque qu'à cette température les moelles humides perdent leur virulence apr ès cinquante-six heures dans l'air, et la conser-

vent après cent vingt-une heures dans le vide, après cent

soixante-huit heures dans l'acide carbonique. Les moelles sèches perdent leur virulence après soixante-six heures dans l'air, etla conservent après cent seize heures dans le vide. nes

Les résultats des expériences faites avec des moelles conservées dans l’eau oule bouillon, s'accordent avec ces derniers, pour montrer que l'air a un rôle important dans l'atténuation. Mais cet auteur, ne mentionne aucun essai d'immunisation avec les substances ainsi atténuèes.

Bon nombre d'autres auteurs ont plus spécialement envisagé l'action de Ja chaleur sur la substance rabique.

Diverses expériences faites à linstitut antirabique de Bukarest (Archives de Virchow 1887) montrent que la substance virulente exposée longtemps à la température de 75° centigrade ne donne pas la rage. Quelques essais de vaccination avec des moelles ainsi desséchées ne donnent que des résultats négatifs.

RD) le À

MAO L \ Babès constate en outre qu'une température de 63 à 70,

tue le virus rabique, et que l'inoculation de dix grammes de moelle chauffée à 70°, ne rend pas les lapins réfractaires à la trépanation avec le virus des rues. Plus tard en collaboration avec Lepp, il trouve que la moelle chauffée à 80° au bain-marie et qui n’est plus virulente peut donner l'immunité.

Mais ses expériences manquent de précision scientifique, Car il ne dit pas toujours comment il a chauffé, ni combien de temps a duré laction de la chaleur. Cependant ces faits méritaient d’être cités, car ils ontété le point de départ des expériences de Puscariu et Vesesco faites à Pinstitut de Jassy.

Ces auteurs acceptant les conclasions de Proptopopof dans son mémoire « sur la cause de l’atténuation du virus rabique », utilisent directement l'effet de la chaleur et non de l’air sec.

Il ressort en effet des expériences de ce dernier auteur, que la moelle de lapin rabique s’affaiblit aussi vite, quand elle est exposée à la chaleur dans du bouillon glycériné, que lorsqu'on la conserve à la même température par la méthode Pasteur, c’est-à-dire, suspendue dans un flacon dont l’air est desséché par une couche de potasse caustique. C’est donc la chaleur et non l’action de l'air sec, qui amène -l'atténuation du virus rabique contenu dans les moelles.

Puscariu et Vesesco commencent par vérifier sur une grande échelle le cas d’immunisation signalé par Babès, et voici leur manuel opératoire : un cerveau de lapin mort de rage est trituré dans un mortier avec 100 cc. d’eaustérilisée ; l'émulsion filtrée avec un lingestérilisé est maintenue quinze minutes au bain-marie à 808.

Ils trouvent en opérant ainsi que lesémulsions chauffées à 80° sont impuissantes à vacciner sürementleschiens contre la rage. Mais comme leur bon effet n’est pas douteux, il

SET op ees

les emploient comme adjuvants dela méthode Pastorienneen les substituant au bouillon, comme véhicule d'émulsion des moelles.

Sur près de cinq cent malades traités d’après Cette méthode dans l’espace de cinq années, ils n’ont eu qu'une seule mort à déplorer, encore était-ce un Cas de morsures graves faites par un loup.

Ces heureux résultats poussent ces auteurs, à étudier les propriétés virulentes d’une série d’émulsions chauffées à diverses températures. Avec plusieurs sériés d'émulsions, préparées comme précédemment, et chautfées dix minutes à des températures variables pour chacune d'elle, ils trouvent que le virus est tué entre 50 et 60°, et que sa destructionestprécédée d’une atténuation sensible. Cette atténuation par la, chaleur leur paraît même plus sûre et plus régulière que l’atténuation par la déssiccation.

Après ces essais d'atténuation, ils passent aux essais de vaccination et arrivent à conclure qu'il est possible de préserver de la rage des chiens infectés par le virus des rues, en leur injectantdes émulsions chauffées d’une moelle rabique,

Nous venons de voir dans un rapide exposé combien

nombreux sont les essais d'atténuation par les agents physiques. Nous allons maintenant nous rendre compte que les agents chimiques n'ont pas tenté un aussi grand nombre d'auteurs. \

Cependant dés 1887 Celli a étudié le degré de résistance du virusrabique vis à vis de certains agents chimiques. Il dit avoir détruit la virulence des moelles avec du sublimé avec du permanganale de polasse, mais le détail de ses expériences manque de précision et de netteté. Les expériences de Blasi et Russo-Travali en 1839 sur Pacide phénique sont passibles des mêmes reproches.

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