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Pabès et Talasescu raportent d’après leurs expériences en 1894 que le mélange de moelle filtrée sur papier Josep avec du sublimé à 1/1000 ou de l'acide phénique à 1/100 conserve sa virulence pendant plusieurs heures. Il la conserve encore après un Contact de quinze à trente minutes avec de l'acide phénique à 5/100.
En dehors des expériences de Calabrèseen 1896 qui portent sur ‘le virus des rues, il y a lieu d’être étonné que la plupart des auteurs que nous venons de citer, soient si sobres de détails et donnentsi peu de renseignements précis sur la facon dont ils ont opéré la méthode qu’ils ont suivie: Il est bon de signaler aussi, que ces auteurs se sont bornés à des essais d'atténuation de la substance rabique sans s’oc- Cuper le moins du monde de son pouvoir immunisant.
Bien autrement précisées et détaillées sont les expérien-
-ces que notre ami le docteur Veylon, exposait récemment dans sa thèse, Nous nous contenterons de donner ici une idée d’ensemble de ses conclusions, renvoyant à son opuscule pour les détails et conditions d’expériences.
Pour lui le sublimé, l'acide phénique, le phénosaly, mis en contact dans des proportions définies avec une émulsion ütrée de moelle rabique de virus fixe, sont susceptibles d’en faire disparaître la virulence dans un temps donné. Un certain nombre d’essences (Essence de Thym, de Cannelle, d'Eucalyptus) agissent de même,
Aucun antiseptique ne peut agir immédiatement. Il faut toujours pour que le virus soit modifié, une durée de contact assez considérable, qui dans ses expériences varie de cinq minutes à une heure selon la substance employée.
De plus ces cerveaux ainsi traités manifesteraient un certain effet vaccinal à l'égard de la trépanation avec 1e virus des rues. ;
D'autres auteurs ontfait des expériences de même genre,
Jo fooer
en essayant d'utiliser l’action de quelques sécrétions physiologiques sur les moelles rabiques.
En 1895 Wyrsikowsky démontrait après de nombreuses expériences, que le suc gastrique détruisait rapidement le virus de la rage des rues.
En 1892 Tizzoni et Centanniavaient publié en Allemagne des résultats étonnants sur le traitement, au moyen de moelles rabiques atténuées par l’action du suc gastrique artificiel. Ils avaient obtenu par une digestion de dix-neuf heures in vitro, une substance parfaitement inoffensive et vaccinale.
Les mêmes expériences reprises un peu plus tard par Babès et Talasescu venaient confirmer les résultats déjà obtenus. Ces auteurs en opérant in vitro, avec dusuc gastrique retiré de l’estomac d'unchien par une fistule, obtenaient des moelles non virulentes par une digestion de quatre heures et demies seulement. Le mélange de suc gastrique et de moelle était fait dans la proportion de 10/1.
Entre temps les expériences de Tizzoni et Centanni avaient suggéré à Nocard l'idée d'essayer la vaccination antirabique par le tube digestif. Du moment en effet que, ces auteurs avec du suc gastrique avaient transformé le virus rabique en vaccin, il était intéressant d’éssayer si l’ingestion de matière nerveuse rabique, ne serait pas capable de conférer un certain degré d'immunité. Nocard s'appuyant sur quelques expériences à affirmé que non. Talasescu et Babès au contraire en opérant sur un seul chien, auraient obtenu un résultat positif. [ls expliquent l'échec de Nocard par ce fait qu'il n'a pas maintenu assez longtemps l'alimentation rabique de ses animaux d'expérience. Quoiqu'il en soit la question est encore très obscure et mériterait une étude plus approfondie.
Plus tard les expériencee de Fraser (d'Edimbourg), de Wehrmann, de Phisalix et de Calmette sur l’action antito-
ATOS
xique de la bile vis à vis des divers. venins animaux, et surtout les résultats obtenus par R. Koch en faisant agir la bile normale sur la peste bovine, inspirérent à Franzius l'idée de rechercher si la bile n° aurait aucune action sur le virus rabique. Après avoir constaté que la bile d'animaux morts de rage n’était pas virulente, et que inoculée sous la peau elle ne conférait aucun état réfractaire à Ja rage, il expérimenta avec un mélange de bile rabique et de moelle rabique de virus fixe. Tous les animaux trépanés avec un mélange à parties égales de ces substances, survécurent.
Il coneluait que la bile rabique jouissait d’une propriété antitoxique vis à vis du virus rabique
En 1899 Vallée reprenant ces expériences est arrivé à des conclusions un peu différentes.
Pour lui la bile des lapins morts de rage ne renferme pas d’antitoxinerabique. Deplusellejoue à l'égard du virusrabique le rôle d’unantiseptique très actif, c'est-à-dire qu’elle fait disparaître rapidement sa virulence, c’est pourquoi l'inoculation d’un mélange de virus rabique, etde bile delapin rabique ne tue pasles animaux. De plus elle ne leur confére aucune immunité. Enfin la bile normale agirait comme la bile des lapins rabiques.
Au même moment paraissaient les résultats des expériences de Lebell qui contredisaient en partie les conclusions de Vallée pour se rattacher à celles de Franzius. ph
Enfin dans ces derniers temps paraissait un mémoire de - MM. Galavielle el Aoûst sur lemême sujet. Ces auteurs en expérimentant toujours sur du virus fixe, avec tantôt la bile normale, tantôt la bile rabique, sont arrivésaux conclusions suivantes : ’
4° La bile de lapin rabique paraît agir au même titre que la bile normale ;elle ne possède pas de propriété antirabique spécifique.
2 La bile de lapin, aussi bien normale que rabique manifeste une action antivirulente lorsqu'on la met en contact avec le virus.
3° Il suffit de quelques minutes de contact pour neutraliser le virus fixe. Un contact prolongé n’a pas une inflluence proportionnelle à sa durée.
4 Lesinjections de bile normale ou rabique ne paraissent pas avoir d'action préventive qu’ellessoient faites avant lP’inoculation du virus ou pendant l’incubaton. ;
On peut voir par le résumé deces diverses expériences que la question de l’action de la bile vis à vis du virus rabique tantin vitro que dans l'organisme, estrichede documents, et paraît Jugée.
On à fait aussi un certain nombre d'essais d'atténuation avec la lymphe. Babès et Cherchez ont introduit des fragments de moelles rabiques dans le sac lymphatique dorsal de la grenouille, et ont vu ces moelles S'atténuer ainsi, mais très lentement. Ce n’est guère qu'après un séjour de quinze Jours que cette atténuation commence à apparaitre, encore ne progresse-t-elle pas d’une façon régulière. Ces anteurs réussirent avec des moelles ainsi atténuées, à conférer limmunité à un certain nombre de chiens, vis-à-vis de la trépanation avec du virus de la rage des rues. :
En faisant agir ên vitro de la lymphe retirée du sac dorsal d'une grenouille saine, sur une émulsion de moelle rabique de virus fixe, mélangées à parties égales, ils obtinrent un meilleur résultat, car la virulence eut entièrement disparu en quelques heures. Malheureusement le compte-rendu de: leurs expériences ne signale aucun essai d'immunisation avec ces substances. |
Enfin nous signalerons les expériences de Babès et Cherchez, qui en faisant un mélange de moelle rabique et de sang de chien immunisé, voient ces substances perdre bientôt
toute virulence. IIS en concluent que le sang ou, les éléments figurés d'animaux immunisés contre la rage sont en état de tfansmetire une certaine immunité.
Plus tard Babès en collaboration avec Talaseseu démontre que c’est le serum du sang qui transmet plus efficacement cette immunité. Bientôt Tizzoni et Schiwarz faisant agir in vitro le serum de lapin vacciné sur le virus rabique, obtinrent des moelles, qui inoculées par trépanation à des lapins ne donnaient pas la rage. Les mêmes expériences faites avec du serum normal ne donnaient aucun résultrt. ;
Calabrèse avant repris la question ne fit que confirmer ces résultats. Mais ces derniers auteurs ne firent pas d’es- Sais d’immunisation avec ces substances.
Toutes ces diverses expériences sur latténuation des moelles par le sang ou le serum d’un animal immunisé, avaient été préparées par quelques essais de sérothérapie antirabique que nous allons rapidement exposer.
Babès et Lepp avaient tout d’abord démontré que des chiens recevant même après morsure, du sang d'animaux hypervaccinés pouvaient être réfractaires à la rage. D’autres expériences de Babès el ‘Cherchez reprises ensuite par Eremia et Talaseseu démontrèrent auss? que le sang du chien réfractaire à la rage, inoculé au lapin avant ou après l’infection avec le virus de la rage des rues, n’atténue pas sensiblement l’infection.
Chez.le chien au contraire, cette infection s’alténue, et le sang de l’animal ainsi traité, paraît acquérir des propriétés immunisantes, car sur # chiens inoculés par trépanation avec du virus rabique et traités avec du sang de cihen réfractaire, deux ont suécombé avec une prolongation notable de la période d'incubation, et les deux autres ont résisté. x
Ces expériences furent reprises plus tard au laboratoire