‹ Contribution à l'étude expérimentale du pneumothorax: par plaies pénétrantes de poitrineChapitre 16 sur 18 · EXPÉRIENCE XVII · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCE XVII

28 novembre. — Nous avons voulu répéter l’expérience précédente sur un chien ayant reçu préala-

blement pendant trois jours plusieurs injections intrapleurales, pour voir si l’on n’obtiendrait pas une diminution d'intensité dans les accidents du pneumothorax ouvert.

Il s’agit d'un chien de taille moyenne. Le 28, nous lui faisons dans le huitième espaceintercostal droit une incision de 0,05 sur la ligne du membre supérieur. La canule qui nous a servi dans nos premières expériences est aussitôt introduite lentement et dans une direction oblique. Quand le doigt a la sensation de la cavité pleurale, la seringue est adaptée et on injecte 50 centimètres cubes d’air stérilisé. La canule est retirée et la plaie, de nouveau lavée au sublimé, l’orifice en est fermé par des sutures métalliques. L'animal ne paraît nullement gêné. Le ?9 au matin, nous le retrouvons très gai et nous répétons la même opération. Rien à noter encore. Le soir, nous doublons la quantité d’air et nous injectons 100 centimètres cubes. A la fin de l’opération, le chien, dont la plèvre contenait déja 200 centimètres cubes, a un peu de dyspnée. Le côté droit paraît plus bombé que le gauche ; tympanisme marqué.

Le 30 au matin, l'animal ne paraît se ressentir de rien et nous pouvons injecter 150 centimètres cubes d’air avant de provoquer la dÿspnée, mais quand lopération est répétée le soir, nous sommes obligé de nous arrêter à 100 centimètres cubes, la dyspnée assez forte et les intermittences cardiaques nous faisaient craindre une syncope. Tympanisme du thorax excessivement marqué.

Tous ces symptômes disparaissent pourtant la nuit

De et le 1* décembre au matin, le tympanisme et la forme globuleuse de la portion droite du thorax témoignent seuls de ces 450 centimètres cubes d'air. Nous poussons encore doucement et avec précaution 150 centimètres cubes. La dyspnée devient alors très forte. Le cœur a des intermittences et ses pulsations sont extrèmement faibles. Quand on ramène le chien dans sa loge, il paraît abattu. Sa prostration n'avait pas tout à fait disparu le soir. Trouvant, en ce moment, que la quantité d'air qu'il contenait dans sa plèvre était suffisante, nous nous décidons à faire un pneumothorax ouvert.

L'animal, mis sur la table d'opération, reçoit 5 centigrammes de morphine ; on l’endort au chloroforme. Nous plaçons dans son artère crurale droite un sphigmoscope relié à un tambour imscripteur. Un pneumographe est mis sur les côtes, et enfin une canule est placée dans la trachée pour faire au moment voulu la respiration artificielle.

Une coagulation rapide a interrompu encore le tracé de la pression veineuse.

Nous ouvrons alors la cavité thoracique sur une étendue de 10 centimètres, dans un espace intercostal et nous maintenons l'ouverture béante. Le rythme respiratoire d’abord accéléré se ralentit de plus en plus. Pendant quelques minutes, on voit encore des mouvements respiratoires isolés, pendant que le pouls continue à battre. Tout d'un coup, il s'arrête à son tour, et la respiration artificielle faite trop tard n’amène plus aucun résultat ; nous avions maintenu trop longtemps l’état syncopal, espérant que l’animal allait revenir de lui-même,

PTT 2 RS de

L'examen du tracé a montré des phénomènes identiques aux cas précédents, mais suivant de moins près l'ouverture. Avant l'ouverture pleurale, la fréquence de la respiration est de 15 à la minute et le pouls de 42. Après, les résultats sont les suivants : pendant les deux premières minutes la respiration est petite et très accélérée, puis se montrent les respirations profondes. L’amplitude respiratoire, qui était au début de 3 millimètres, devient à ce moment de 1 centimètre. Mais les pauses respiratoires n’apparaissent que vers la fin de la troisième minute. Les intervalles sont d’abord de 5 millimètres, puis ! centimètre, et, vers le commencement de la quatrième minute, de ? centimètres. Alors, commence la période d’apnée, pendant laquelle se voient de très rares inspirations, puis plus rien.

Le pouls, pendant la première phase d'accélération, monte à 66 par minute. À noter seulement que la pression baisse pendant les vingt premières secondes pour remonter après. Au bout de 2? minutes, le pouls reprend sa vitesse initiale pendant 40 secondes, puis tout à coup nouvelle période d'accélération, pendant laquelle on compte jusqu’à 150 pulsations à la minute. Mais cela ne dure que 15 secondes, au bout desquelles la pression diminue et les oscillations se font rares pour ne compter plus après 4 minutes et demie qu'une pulsation toutes les 5 secondes. Le ralentissement s’accentue toujours jusqu’au commencement de la huitième minute où cœur et poumons ne donnent plus qu'une ligne droite. Nous avons vu que la respiration artificielle n’a pas donné de résultats.

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ExPERIENCE X VIII.

Ici, nous nous sommes proposé de chercher l’influence du pneumogastrique sur les phénomènes indiqués, et en particulier sur le cœur, et en second lieu, de vérifier si les grands mouvements respiratoires sont efficaces ou non sur la ventilation pulmonaire.

Nous étions frappé, en effet, de voir la mort se produire malgré les grandes oscillations thoraciques, nous voulions déterminer si l'animal meurt par réflexe ou par asphyxie.

8 décembre. — Chien très vigoureux. Nous lui injectons 6 centigrammes de morphine, et nous l’endormons au chloroforme. Deux tambours inscripteurs sont mis en communication, l’un avec un pneumographe placé sur la poitrine de l'animal, l’autre avec une sonde placée dans la trachée. Un sphygmoscope de Marey transmet la pulsation de l'artère crurale gauche à un troisième tambour inscripteur.

Tous ces tambours inscrivent leurs oscillations sur l'appareil à longues feuilles de M. Chauveau.

On prend d’abord les tracés normaux, et on ouvre brusquement la poitrine. Après quelques alternatives d'ouverture et de fermeture, les deux pneumogastriques sont coupés, le droit d'abord, puis le gauche. Enfin, on laisse le sujet succomber à une syncope comme dans les cas précédents.

L'examen des tracés montre des phénomènes identiques aux cas précédents avant la section des

+ De preumogastriques, et des phénomènes spéciaux après. Mais chose curieuse, le tracé de la pression intratrachéale, toujours uniforme, montre que pendant les grands mouvements respiratoires qui ont lieu dans le pneumothorax ouvert et malgré leur profondeur, la ventilation du poumon est nulle. Dès la fermeture de la plèvre, les oscillations sont en rapport avec les mouvements respiratoires. ;

La section du pneumogastrique droit amène de suite une accélération du pouls, qui de 60 pulsations à la minute passe de suite à 110. La pression en même temps s’abaisse légèrement. A l’ouverture de la plèvre, les phénomènes ordinaires se produisent avec un retard. La pression de l'artère baisse plus lentement et les pulsations, tout en diminuant d’amplitude, conservent néanmoins leur fréquence pendant plus d’une minute. Perceptibles encore quelque temps, elles ne cessent que vers la fin de la deuxième minute. La respiration artificielle lui rend de suite sa rapidité et son amplitude première.

La respiration présente bien de suite des arrêts de 8 millimètres, puis de 10, mais ceux-ci siègent pendant l'expiration. Après les lignes expiratoires qui les représentent, la courbe s'élève encore un peu avant de redescendre en inspiration. La période d’apnée n'arrive que vers la fin de la troisième minute. La respiration reprend plus vite aussi son type normal à l'occlusion pleurale. De plus, pendant toute la durée du pneumothorax ouvert, de minces crochets dans la courbe intratrachéale montrent, qu'à certaines inspi rations, il se fait de légères modifications de pression dans la trachée.

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