CONCLUSIONS
Nous pouvons tirer de ce travail des conclusions de deux sortes; les unes se rapportent à la constitution des asphaltes et les autres à leur utilisation pour obtenir des lubrifiants.
Les résultats déjà anciens de REGNAULT, BOUSSINGAULT et EPELMEN sur la composition élémentaire ont été refaits et complétés. Des analyses nouvelles ont été faites sur les asphaltes de Chamalières, du Puy-Saint-Romain, du Gard. Le tableau ci-dessous résume les résultats obtenus :
C FL RSR STEINT RO Pont-du-Châäteaus neo 716 l'O DS AMEN 070 0.52 Puy-Saint-Romain.. .......... 72.4 9.55 10.8 3.03 4:29 ut Chamalières ................ DST 0.68 1.01 2.80 Gate ED RE AE LAN A RS FLT8: y EL0 02 2139 A0 DB TO Seysseline MR ee LE SUB ADSL TL N 0 ES Basténnes 44 0h. M 15:55 4065 8.4 0.55 8.85
L’oxygène a été obtenu par différence. Nous avons déterminé le soufre
qui avait souvent été omis dans les analyses anciennes. Seyssel est le moins sulfureux des asphaites français, les autres en contiennent une proportion très élevée. Nous avons montré sur l’asphalte de Pont-du-Château que la répartition du soufre n’était pas égale entre les différents constituants, maïs plus élevée dans les asphaltènes. Ceux-ci ayant le poids moléculaire le plus élevé, l'action polymérisante du soufre est ainsi mise en évidence. On la voit encore apparaître avec les échantillons du Gard; en effet, l’asphalte dés géodes a 3,45 % de soufre et contient 14,33 % d'’asphaltènes, alors que l’asphalte du calcaire a 11,35 % de soufre avec une teneur en asphaltènes de 30,2 %.
Done est pondéralement en quantité rte mais de la molécule d’asphalte il y a souvent autant d’atomes dosse que de soufre. Ceci se remarque dans les échantillons du Gard, de Seyssel, de Bastennes; dans ceux du Puy-Saint-Romain et de Chamalières il y en a un peu moins. L’asphalte de Pont-du-Château se distingue par une teneur en oxygène presque nulle. On ne peut songer à établir une formule pour des corps aussi complexes, mais les atomes des éléments peuvent être mis en évidence et nous renseigner sur le caractère moyen de ensemble.
FAMILLE DE GARBURES D” PP correspondant d'après -
Pont-du-Château 780 Co LHL+S,, + NS + Où Cn In LS Cn En 9% Déyssele ne he 590 Cu + 3 E Song + Nous + Oiess On Hon 4% Cn Ho Bastennes . ..., 926 Cu EH ESPN OC Co Gard rss ces 980 C5 + H, + S, + NE + (OR Ca Ho — à Cr H an — 9]
Tous les asphaltes se présentent comme des produits fortement non saturés et cycliques. Cependant celui du Gard se distingue nettement des autres-par son caractère plus saturé, Ceci explique l'index de viscosité plus élevé des huiles obtenues. Il y a un caractère de ressemblance entre les trois autres asphaltes, cependant si les huiles de Seyssel et de Bastennes ont an index négatif très bas, celles obtenues avec l’asphalte de Cœur ont un index supérieur et égal à zéro, ce qui n’est pas en rapport avec le degré de non saturation.
Le classement ci-dessus n’est donc qu’approximatif à cause de l'incertitude qui demeure sur la quantité du soufre et de l’oxygène entrés dans les cycles. I est certain qu’une partie de Poxygène est fixée dans les acides asphaltogéniques et que de l'hydrogène sulfuré et des mercaptans se dégagent facilement au chauffage, alors que le reste du soufre demeure solidement fixé
sat DE à :
250 "a D - È 4 L'> se -" © = as Say” Que Abe F 8 È = Du (Co) 7 ee C
Temperature
pression atmospherique"*.
ce} HAINE 30 nor s0 0 60 70, 80 90 100% Volume drstille Fig. 6.
dans les huiles. Ce qu’il faut noter, c’est le caractère cyclique très prononcé des asphaltes, On ne peut cependant penser que seules les huiles brutes naphténiques ont donné des asphaltes et qu’il ne resterait pas traces des huiles paraffiniques. Cette eyclisation est probablement due à l’action des énormes pressions exercées sur les hydrocarbures dans le gisement. Elle
ferait aussi disparaître les fractions légères par une sorte de rs tion.
La composition élémentaire ne nous permet pas de nous faire une idée nette de la composition des asphaltes. La constitution peut nous éclairer sur les rendements en huile, d’après les constituants huileux. Mais il faudrait pouvoir déterminer de quelles familles de carbures ils dérivent. On se heurte ici aux mêmes difficultés que l’on rencontre dans 1a connaissance des fractions lourdes du pétrole.
Les poids moléculaires sont du même ordre de grandeur que ceux des fractions huïleuses du pétrole de même volatilité. Les asphaltes apparaissent ainsi comme un concentrat d'huile brute.
Ce qu’il convient surtout de noter dans les asphaltes français, c’est leur caractère cyclique, très fortement marqué. Observons d’ailleurs que lon peut faire la même remarque au sujet de la plupart des asphaltes dans le monde. Ceci soulève évidemment le problème de leur origine. Il apparaît ainsi que surtout les huiles brutes naphténiques ont pu contribuer à leur formation.
Nous avons montré que les meilleurs rendements en lubrifiants sont obtenus par distillation des roches asphaltiques, avec injection de vapeur surchauffée, La technique est simple et facile à mettre en œuvre. Des résultats aussi bons peuvent être obtenus en remplaçant la vapeur d’eau par des gaz inertes chauds. Les gaz de gazogène après combustion peuvent remplir cet office. Ils sont peu coûteux. Avec les sables imprégnés, des difficultés sont à prévoir, mais il est possible que 1a technique de la distillation souterraine soit applicable.
La figure 6 donne les courbes de distillation des diverses huiles brutes. On voit qu’elles sont toutes de volatilité analogue: très peu de fractions passent au-dessous dé 250° ; la quantité de gasoil varie de 15 % (Bastennes) à 37 % (Gard). Les proportions d’hüiles lubrifiantes sont élevées et voisines de 50 %: Cœur 43, Gard 48, Seyssel 53 et Bastennes 58.
Voici un tableau des qualités des huiles obtenues par injection de vapeur.
Qualités des huiles obteneus.