L'EXCRÉTION
Reste maintenant à élucider la facon dont les granulations lipoïdes et les grains séreux passent de l’intérieur de la cellule glandulaire dans la lumière de l’acinus.
Il est possible que par un processus analogue à celui dont sont le siège la plupart des épithéliums sécrétants, la sécrétion séreuse franchisse l’ectoplasme bordant l’extrémité apicale de la cellule. Mais ici encore nous ne pouvons apporter que des résultats négatifs. Nous n’avons pas vu de grains franchir la barrière ectoplasmique pour arriver dans la lumière de l’acinus. L'observation ne montre rien qui soit en rapport avec la sécrétion des lipoïdes ; or ces corps existent dans le liquide prostatique très riche en graisses phosphorées. Comment donc arrivent-ils à en faire partie ?
Quand on considère une prostate coupée transversalement, on est frappé par la puissante épaisseur de la couche musculaire qui enserre de toutes parts les acini. La contraction brutale de cette sangle ne peut manquer, nous semble-t-il, de faire éclater les cellules turgescentes, surchargées de granulations. Aussi à notre avis, est-ce à la suite de cette destruction cellulaire que les phosphatides font irruption, avec le cytoplasme comprimé, dans la
lumière des culs de sac sécréteurs. Leur transport est
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complété ultérieurement par la desquamation de la cellule traumatisée. De cette desquamation cellulaire, nous connaissons deux preuves: la présence normale de cellules dans leliquide prostatique et la formation des sympexions.
Contrairement donc à l'opinion généralement admise qui veut que les lécithines du liquide prostatique soient le résultat d’une sécrétion régulière des cellules glandulaires, nous croyons que ces corps proviennent de cellules surchargées de phosphatides et desquamées dans la lumière. La sécrétion prostatique aurait donc un élément essentiel : les granulations séreuses. Les corps lipoïdes ne seraient que les témoins des processus de destructions cellulaires provoqués peut-être par la brutalité des contractions
musculaires.