‹ Contribution A L'Étude histo-physiologique de L'Épithelium prostatiqueChapitre 5 sur 13 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

LA CELLULE SÉCRÉTANTE

La trame conjonctivo-élastique fondamentale de la prostate circonscrit en certains points des glandes acino-tubuleuses tapissées par un épithélium dont l'étude a fait l’objet de nombreux travaux antérieurs. Certains acini possèdent une lumière large, d’autres sont virtuels.

Dès l’abord nous voudrions répondre à une question qui semble diviser les auteurs. Existe-t-il une membrane basale servant de substratum aux cellules glandulaires ? Ayant recherché ce point de détail sur une série de coupes colorées au picroponceau, nous avons pu voir très nettement une mince lame rouge, absolument dépourvue de noyaux, reliant entre elles toutes les extrémités cellulaires ; et cela dans tous les cas où l’épithélium déhiscent était séparé du stroma. Cette lame, dépourvue de toute structure, étroitement accolée aux cellules, nous semble bien être une membrane anhyste.

L'épithélium prostatique est constitué par deux couches de cellules nettement distinctes par leurs formes et par leur situation.

La bordure sécrétante est composée par une couche continue de cellules étroites et hautes, quoique de tailles différentes ; certains éléments, plus courts, paraissent être

étouffés entre les extrémités bourrées de granulations de

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leurs voisines, alors qu’eux-mêmes ne prennent aucune part apparente à la sécrétion. Ce sont là des éléments jeunes, dont la structure est analogue à celle des cellules plus âgées qu'ils sont destinés à remplacer.

Intercalées entre la bordure sécrétante et le stroma, quelques cellules, aplaties dans le sens perpendiculaire à l’axe des cellules épithéliales et comme écrasées contre le stroma, forment une rangée discontinue constituant la deuxième couche.

Nous allons étudier successivement chacun de ces éléments, en les envisageant simplement au point de vue statique, en dehors de tout phénomène sécrétoire apparent, sur des coupes colorées à l'hématéine-éosine ou à

l’hématoxyline ferrique.

A) Cellules sécrétantes.

Alignées en palissade, nettement séparées les unes des autres, de forme à peu près cylindrique, les cellules sécrétantes forment sur tout le pourtour de l’acinus une rangée ininterrompue. En certains endroits le stroma s'enfonce en pointe dans la lumière acineuse ce qui donne au contour acineux un aspect sinusoïdal. I] nous a paru qu’au sommet de ces plis l’épithélium était plus haut et les cellules plus larges qu'au niveau des autres parties.

Le Noyau assez volumineux, limité par une membrane nucléaire intensément colorée par l'hématoxyline ferrique, est situé en général au niveau du point de jonction du tiers moyen et du tiers inférieur de la hauteur de la cellule. Dans certains cas cependant, nous l'avons vu appliqué contre l'extrémité inférieure, sans laisser subsister aucun

intervalle protoplasmique appréciable.

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Les nucléoles fortement colorés en noir apparaissent nettement au sein d'un réseau chromatique assez uniforme quoique moins visible. Çà et là quelques très petits grains de chromatine.

Ordinairement ovale et allongé dans le sens dé l'axe cellulaire, le noyau présente cependant des déformations. Son contour, souvent réniforme, apparaît dans d’autres cas sinueux sur tout son pourtour; ces modifications, rencontrées aussi bien dans des cellules turgescentes que dans des éléments au repos, ne nous paraissent pas être en rapport avec la sécrétion. En revanche, le volume du noyau au stade de repos cellulaire semble moins considérable que durant la période d'activité glandulaire.

Le Protoplasma présente deux zones, séparées l’une de l'autre par le noyau.

La portion basale possède une structure compacte au sein de laquelle les méthodes mitochondriales décèlent le peloton chondriomitique que nous étudierons ultérieurement. La zone distale paraît finement réticulée et semée de très petites granulations disposées sans ordre apparent, ne ressemblant en rien aux grosses granulations que l’on rencontre dans les cellules turgescentes du stade préexcrétoire. Il semble, dans un certain nombre de cas, que le réticulum protoplasmique ne se prolonge pas jusqu'à la bordure distale, mais en reste séparé par une mince bande de protoplasma compact. Cette particularité a déjà été signalée par certains auteurs qui semblent considérer cette disposition comme constante (Dominici). Nos constatations ne nous amènent pas à des conclusions aussi

absolues.

ISURE

B) Cellules basales.

Les cellules basales constituent une couche discontinue d'éléments aplatis entre la couche épithéliale et le stroma. Leur noyau d'aspect fusiforme et étiré dans le même sens perpendiculaire à la hauteur de l'épitheliun sécrétant montre dans son intérieur un nucléole, en général bien visible après coloration par l’hématoxyline ferrique. La chromatine paraît le plus souvent sous forme de grains minuscules difficilement décelables ; dans quelques cas il nous a été possible de voir un filament plus ou moins flexueux ; cette dernière disposition paraît être l'exception et d’une facon générale on ne percoit dans le noyau qu'un semis de granules extrèmement ténus, disséminés irrégulièrement.

Le protoplasma des cellules basales est réduit à une mince bordure péri-nucléaire, s’étirant en fuseau aux ex-

trémités de la cellule.

C) Cellules des Acini à la lumière virtuelle.

La disposition générale des éléments constitutifs est, à peu de chose près, semblable à celle des cellules de l’épithélium sécrétant : noyau basal à membrane nucléaire nette avec nucléoles et chromatine filamenteuse ; protoplasme sus-nucléaire réticulé ; protoplasme infra-nucléaire compact. Seule la forme des cellules est modifiée, elle est dans ce cas presque cubique. Cette modification tient sans doute à l’adossement des extrémités libres des rangées cellulaires opposées, accolées du fait de la virtualité de l’acinus.

Ici encore quelques rares cellules basales possédent des caractères analogues à ceux des cellules du mème type, | situées dans l’acinus sécrétant.

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